Une vaste enquête d’opinion e bousculer certaines idées reçues sur l’état d’esprit des Français. Intitulée "Fierté française – Au-delà du mythe d’un pays fragmenté", l’étude menée par le think tank "Destin Commun" met en lumière un sentiment largement partagé : l’attachement à l’identité nationale demeure fort, bien au-delà des clivages politiques ou générationnels. Contrairement à une vision souvent polarisée du débat public, la nationalité apparaît comme le premier marqueur identitaire des Français, toutes tranches d’âge confondues. Près de 78 % des personnes interrogées, soit près de huit Français sur dix, affirment être fiers d’être Français. Un chiffre stable, qui traverse les générations et s’observe dans l’ensemble des électorats.
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Qu’est-ce qui rend les Français fiers ?
L’étude s’éloigne volontairement du seul prisme politique pour explorer les racines plus sensibles de cette fierté : souvenirs personnels, pratiques culturelles, rapport à la mémoire collective, valeurs communes ou encore projection vers l’avenir. Et les premiers motifs de fierté sont sans équivoque. Le patrimoine, la culture et l’art de vivre arrivent largement en tête. 93 % des sondés se disent fiers des paysages et du patrimoine naturel, 92 % de la gastronomie et du patrimoine historique. La langue française, les arts et les traditions régionales suscitent également un attachement massif, avec 87 % de réponses positives.
À ces éléments s’ajoutent des piliers plus contemporains : les innovations scientifiques (80 %), l’État social (76 %) et les libertés individuelles (75 %) demeurent des sources de fierté importantes pour une large majorité de Français. En revanche, certains symboles historiques semblent aujourd’hui plus fragilisés. L’école républicaine, le poids international de la France, la démocratie ou encore la justice ne rassemblent plus qu’environ un Français sur deux. Des institutions toujours valorisées, mais marquées par un sentiment diffus de déclassement ou de gâchis.
Matthieu Delormeau, "Fier d’être français", mais critique envers les dirigeants
Ce décalage entre fierté nationale et défiance politique a trouvé un écho très concret sur le plateau de Tout beau tout n9uf, ce mardi 20 janvier 2026. Matthieu Delormeau y a exprimé une position nuancée, en phase avec les enseignements de l’enquête. "J’ai une tristesse de voir ce qu’est devenu ce pays et de voir comment on est géré par des peintres. C’est le plus beau pays du monde et c’est vrai que je suis triste et j’ai honte de la manière dont on est géré. Je suis très fier d’être français, mais quand je vois la politique en France, j’ai honte du rayonnement qu’on donne à l’étranger, il est minable. J’en ai honte aujourd’hui", a-t-il déclaré sans détour. Relancé par Cyril Hanouna qui lui a demandé "Vous avez honte de nos dirigeants ?", le chroniqueur a assumé pleinement sa réponse : "Véritablement, oui. Vraiment".
"Quand je vois effectivement, oui, le pouvoir d’achat, quand je vois la sécurité, quand je vois l’immigration, même des mots qu’on peut sortir maintenant, qui sont peut-être du racisme ou quoi, mais la politique d’immigration, la politique de sécurité…", a-t-il poursuivi, avant d’évoquer un sentiment d’insécurité croissant : "C’est fascinant de voir que n’importe quelle personne qui a un petit peu d’argent, vous, moi, aujourd’hui, on a un agent de sécurité à côté de nous pour marcher dans Paris comme dans Bogota il y a dix ans". Très critique sur les choix économiques et sociaux, il a conclu sur ce qu’il perçoit comme une rupture entre discours et réalité : "De voir toutes les aides qu’on donne aux gens qui ne travaillent pas, ce qu’on ne donne pas aux gens qui travaillent… Et ce qui me rend fou, c’est le déni".