« La mixité scolaire est bonne non seulement pour les enfants venant de milieux défavorisés mais aussi pour les autres »
Pap Ndiaye, ministre de l’éducation, veut lever les craintes des parents sur la mixité scolaire et en faire une priorité de son ministère. pic.twitter.com/Y9Rxfu0RdY
— Quotidien (@Qofficiel) November 9, 2022
Le 17 octobre 2022, pour la première fois et suite à une décision judiciaire, le ministère de l’éducation nationale a publié les IPS (Indices de Position Sociale) de chaque école et collège publics et privés sous contrat. Sans surprise, plus l’indice est élevé, plus l’établissement accueille un public scolaire favorisé.
Si l’on regarde les 300 collèges du pays qui ont l’IPS le plus élevé, pas un seul établissement public ! Les écoles ayant un IPS sous la barre de 90 (c’est-à-dire accueillant la population la moins favorisée) sont à 97 % publiques.
Une situation que le ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse tend bien inverser. Invité ce soir dans Quotidien sur TMC, il explique comment il souhaite contrer la crainte des parents d’élèves : “ça demande de la conviction et de la pédagogie. Mais il faut le faire car on s’aperçoit que la mixité elle est bonne non seulement pour les enfants venant de milieux défavorisés mais aussi pour les autres”.
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Il ajoute : “les études sont très très intéressantes de ce point de vue là donc il faut donner un élan à cela et en même temps s’adapter aux réalités locales”.
Le journaliste de l’émission lui fait remarquer que la fuite des élèves favorisés dans le privé entretient la reproduction sociale. Il lui demande alors comment il compte lutter contre ce phénomène. Pap Ndiaye explique : “le privé c’est environ 20% de l’ensemble des élèves scolarisés. Donc le public reste quand même très majoritaire. Y compris là où l’enseignement privé est bien développé”. Il ajoute : “Il faut que l’enseignement privé prenne sa part dans les initiatives et dans ce que nous allons faire en matière de mixité scolaire”.
Il précise avoir déjà “engagé des échanges avec des responsables de l’enseignement privé”.
Bien conscient du fait que les élèves favorisés fuient vers le privé, il est prêt à “agir maintenant”. Il conclut sur le fait “qu’il est temps d’agir et de faire de la mixité scolaire une priorité de ce ministère”.
Mélissa Tellaa