Jeudi 29 février, France 2 cassait sa programmation pour diffuser un numéro spécial d’Envoyé spécial consacré à Gérard Miller. Élise Lucet revenait sur la tourmente judiciaire entourant le médiatique psychanalyste. Depuis un mois, plusieurs femmes accusent l’ex chroniqueur de Laurent Ruquier de viols ou d’agressions sexuelles. L’une d’elle, Charlotte, était mineure au moment des faits qu’elle dénonce, il y a un peu plus de 20 ans. Le magazine de France 2 l’a accompagnée au commissariat, elle est la première victime présumée à porter plainte et les faits qu’elle dit avoir vécu ne seraient pas prescrits. Romane était, quant à elle, étudiante et aurait été agressée après avoir obtenu un entretien avec le célèbre chroniqueur.
Grâce à de nombreux recoupements, 80 témoignages de collaborateurs, le journal intime d’une plaignante, des images inédites de dessins restituant les faits présumés, Envoyé spécial a enquêté sur ce qui pourrait s’apparenter à un mode opératoire récurrent. La rencontre, entre Gérard Miller et certaines victimes présumées, se serait produite sur le plateau de l’émission On a tout essayé, diffusée au début des années 2000. Certains décrivent un "homme qui faisait son marché, à la recherche de très jeunes filles parfois mineures".
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Juste avant la diffusion de ce reportage, Elise Lucet était conviée jeudi 29 février soir de Anne-Elisabeth Lemoine dans C à vous. En évoquant cette enquête, la journaliste a tenu à faire une mise au point. "Je tiens à répondre à toutes ces personnes qui me disent : ‘Vous faites un tribunal médiatique’. Je ne pense pas du tout. On donne la parole à des femmes et c’est très important de le faire sur des faits qui se sont déroulés sur 30 ans. C’est le rôle des médias de donner la parole à ces femmes et au contradictoire. On a sollicité Gérard Miller qui a refusé de nous répondre autrement que par mail et on a reproduit ces propos où il réfute toutes ces accusations", a-t-elle clarifié dans un premier temps.
Et la journaliste de 60 ans d’ajouter : "C’est important d’envoyer ce signal qu’on peut s’attaquer à des gens très connus. Si des femmes trouvent que leur chef de service, un type dans le bureau, se comporte mal par rapport à elle, peut-être que ces reportages vont donner à ces femmes le courage de parler, de se regrouper, et de voir quand quelle ne sont pas seules, médiatiquement et judiciairement parlant, ça peut porter ses fruits et peut-être plus rapidement."