Invitée dans C à Vous ce jeudi 3 novembre, Anne Sinclair a revu les images de son interview de Marcel Jullian du 30 décembre 1975 – l’année internationale de la femme. À cette époque, il est le premier président de la chaîne télévisée Antenne 2 (devenue France 2 en 1992). La journaliste lui a alors demandé : "Vous êtes entouré de dix-huit hommes, et il y a une seule femme. C’est une proportion qui vous paraît juste ?".
"Non. Parce que c’était pas prévu du tout qu’il y ait une femme. Je me demande encore si… On a beau fermer les portes, on a beau essayer de travailler sérieusement, il y a toujours un accident. Dès qu’on parle à une femme, elle vous reproche de travailler avec un harem autour de vous", avait répondu avec second degré celui qui avait également connu un immense succès au cinéma en co-scénarisant les comédies cultes de Gérard Oury Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Cerveau et La Folie des grandeurs.
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Lorsqu’Anne Sinclair lui a demandé s’il écoutait les femmes quand elles parlaient, le PDG d’Antenne 2 avait répondu : "Je ne veux pas être méchant, mais c’est quand même plus agréable à regarder qu’à écouter". Sur le plateau de France 5, la journaliste n’a pas caché sa consternation en réécoutant ces propos, bien qu’ils aient été tenus dans une émission placée sous le signe du second degré : "N’importe quoi… Il avait le sens de l’humour et de la provocation donc il en a rajouté, mais objectivement c’était ça ! C’était une émission que Pivot (Bernard, ndlr) m’avait proposée, j’étais toute jeune reporter-journaliste, et il m’avait demandé de faire des interviews de grands misogynes". Il s’agissait d’une spéciale de la célèbre émission Apostrophes dont le thème provocateur était "Encore un jour, et l’année de la femme – ouf – c’est fini !", se souvient Anne Sinclair.
"Il y avait Hergé, il y avait Jacques Martin, il y avait un certain nombre de grands misogynes", a-t-elle expliqué. Cinq ans plus tard, elle se rappelle de la réaction aberrante du politicien Alexandre Sanguinetti lorsque Marguerite Yourcenar était la première femme élue académicienne en 1980. "Quand même, une femme à l’Académie française, c’est vraiment insupportable ! De toute façon, elle est trop moche !", avait lancé Alexandre Sanguinetti à Anne Sinclair. "Comment on peut dire une chose pareille ? Mais… ! C’était fou !", a raconté l’invitée d’ Anne-Elisabeth Lemoine.
Hugo Mallais