Mireille Dumas, réalisatrice du documentaire "Brigitte Bardot, l’insoumise" et Yves Bigot, journaliste et biographe de l’actrice étaient les invités ce mercredi 7 janvier d’Anne-Elisabeth Lemoine sur le plateau de C à vous. Alors que ce sont tenues ce jour les obsèques de Brigitte Bardot à La Madrague, ce jour, ils étaient venus échanger autour de la figure de celle qui a lutté jusqu’au bout en faveur de la cause animale. Après avoir évoqué le côté paradoxal de la figure de l’actrice vu comme une féministe alors qu’elle refusait d’être qualifiée par un tel terme, Louis Amar, chroniqueur de l’émission de France 5, a introduit les liens entre l’épouse de Bernard d’Ormale et le Rassemblent national.
À lire également
Brigitte Bardot, en lutte contre l’OAS ?
"Vous vous rappelez, c’est depuis la fin des années 50 que Brigitte Bardot affichait ouvertement sa sympathie pour l’extrême droite", a commencé Anne-Elisabeth Lemoine. "Regardez cette photo, c’est sa première rencontre avec Jean-Marie Le Pen. C’est lui que vous allez voir au centre de l’image. Il est encore député à ce moment-là et il accompagne Brigitte Bardot, enfin Brigitte Bardot l’accompagne, au chevet de soldats français blessés en Algérie. L’homme à droite avec la cigarette s’appelle Pierre Lagaillarde, un militant nationaliste qui co-fondera l’OAS [Organisation de l’armée secrète, une organisation clandestine et violente, issue des milieux d’extrême droite, qui s’opposait à toute discussion avec le FLN et recourait, pour cela, à des actions criminelles et à des attentats, ndlr] quelques années plus tard", a repris Louis Amar.
Face à cette introduction, Mireille Dumas et Yves Bigot ont tenu à réagir rapidement, de quoi lancer un petit accrochage entre eux et le journaliste de C à vous. "On voudrait tous les deux dire quelque chose", a commencé Mireille Dumas avant qu’Yves Bigot ne prenne ainsi le relais : "Je souhaite intervenir parce que c’est elle qui a eu le plus grand courage pour lutter contre l’OAS. Elle a refusé d’être raquettée. Elle a fait, je crois que c’est dans L’Express, une tribune pour expliquer ça", a indiqué Yves Bigot. Et le journaliste de rebondir avec froideur : "Bien sûr, il n’est pas question de dire qu’elle était soutienne de l’OAS. Ce n’est pas ce que j’ai dit !".
Une tentative de racket de l’actrice
Pour rappel, en novembre 1961, Brigitte Bardot avait reçu une lettre de l’OAS lui réclamant 50 000 francs afin d’aider l’organisation dans son combat. "Il nous faut le soutien de tous les Français. En conséquence, l’OAS a décidé, vu votre situation : actrice, fille de Louis Bardot, administrateur de société, de vous imposer pour la somme de 50 000 francs. Des instructions vous seront données ultérieurement quant au mode de versement de cette somme. L’inexécution de cet ordre amène l’entrée en action des sections spéciales de l’OAS", lui avait écrit l’organisation. Brigitte Bardot avait rapidement décidé de répondre en refusant la racket.
"Je suis persuadée que les auteurs et inspirateurs de ce genre de lettres seront rapidement mis hors d’état de nuire s’ils se heurtent partout à un refus net et public de la part des gens qu’ils cherchent à terroriser. En tout cas, moi, je ne marche pas parce que je n’ai pas envie de vivre dans un pays nazi", avait-elle répondu dans une lettre ouverte adressée à L’Express avant de porter plainte pour chantage contre l’OAS via ses avocats de l’époque, Robert Badinter et Jean-Pierre Le Mée.
Brigitte Bardot, fervente supportrice de Marine Le Pen
Au sujet de la photo présentée par les chroniqueurs de C à vous, Yves Bigot a précisé qu’elle "a beaucoup expliqué que cette rencontre était totalement fortuite. Donc ça n’est pas du tout le début d’une sympathie, puisqu’à l’époque, elle défendait les Rosenberg, donc des Américains qui étaient accusés d’espionnage au profit de l’Union soviétique et qui étaient promis à la chaise électrique. Ils y sont passés, d’ailleurs. Et à l’époque, elle était de toutes les manifestations de gauche avec Roger Vadim, son premier mari".
"À la fin des années 90, Bardot soutient publiquement les maires FN tout juste élus à Vitrolles et à Toulon. Et une dizaine d’années plus tard, vous l’avez rappelé, voilà ce qu’elle dit à propos de Marine Le Pen dans Paris match : ‘Je souhaite qu’elle sauve la France. Elle est la Jeanne d’Arc du XXIe siècle’. Marine Le Pen qui, on l’a vu, était présente aux obsèques tout à l’heure mais n’a pas répondu aux médias", a rappelé Louis Amar avant de rajouter : "Brigitte Bardot qui a aussi par ailleurs été condamnée à 5 reprises pour incitation à la haine raciale depuis 1997. En 2021, elle a également dû payer une amende de 20 000 euros après avoir dit des habitants de La Réunion qu’ils avaient, je cite, ‘gardé leurs gênes de sauvage’".