"Ne vous faites pas avoir par la propagande du Kremlin", alerte C à Vous. Non, les corps des civils à Boutcha n’ont pas été disposés là après le départ des soldats russes. C’est ce qu’a prétendu l’ambassadeur russe auprès de l’ONU : "Je comprends que cela puisse être dur de voir tous ces corps et d’entendre ces témoignages, mais c’est-ce qu’ils veulent vous montrer. Vous ne pouvez pas ignorer les incohérences flagrantes de la vision que vous proposent les médias occidentaux. Le fait que ces cadavres n’étaient pas là juste après le départ des troupes russes a été confirmé par plusieurs vidéos".
Mais The New York Times a prouvé le contraire en publiant les images satellite des rues de Boutcha datant de trois semaines et donc bien avant le départ des russes, où l’on aperçoit les mêmes corps aux mêmes endroits, que l’on peut facilement comparer aux vidéos filmées sur place. À la rédaction de C à Vous, Matthieu Belliard a vérifié ces images : "On constate que lorsque les russes tenaient encore la ville de Boutcha, il y avait déjà ces corps en pleine rue. On a pu le vérifier sur plusieurs centaines de mètres ainsi".
C à Vous a également interrogé les Ukrainiens qui tentent de fuir en prenant le train à Kramatorsk, où une école et un bus – rempli de réfugiés selon un témoin – ont été visé par les bombes. "Les dernières rumeurs provenant de source officielle, c’est que la Russie déplace son armée vers l’Est, et que nous serons encerclés. Cela pourrait être un deuxième Marioupol, ici", a notamment confié une jeune fille. Malheureusement, la circulation des trains ont été interrompus ce mardi à Kramatorsk. "Après les bombardements, les voies ferrées devaient être inspectées", a rapporté Matthieu Belliard.
Hugo Mallais