Bertrand Latour effondré après la mort de Didier Roustan : « On ne le reverra plus » (VIDEO)

Publié le 12 septembre 2024 à 5:24
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Dans "L'équipe de Greg" ce mercredi 11 septembre 2024, Grégory Ascher et ses chroniqueurs ont, sous le choc, rendu hommage à leur collègue et modèle sur La chaîne L'Équipe.

Ce mercredi 11 septembre, le journaliste sportif Didier Roustan est décédé à l’âge de 66 ans d’un cancer du foie foudroyant. Le journal L’Équipe lui a rendu hommage en dévoilant la Une du numéro de ce jeudi, illustrée d’un portrait de Didier Roustan, et de l’accroche "Notre président éternel". Dans l’émission L’équipe du soir, une minute d’applaudissements a été effectuée en l’honneur du journaliste parti trop tôt. Juste avant, L’Équipe de Greg a elle aussi consacré toute son émission à celui qui a inspiré toutes les personnes présentes sur le plateau.

L’Équipe de Greg prend la forme d’une messe à la mémoire de Didier Roustan

Grégory Ascher a ouvert le programme avec un monologue de cinq minutes retraçant son immense carrière : "Bienvenue dans cette très dure Équipe de Greg. (…) Je dois vous l’avouer, il est rare de commencer une émission en se disant qu’on aurait aimé ne pas la faire, qu’elle n’existe jamais, (…) qu’on va être malheureux en préparant cette émission. Mais c’est le cas ce soir. On ne s’interdira pas les sourires ou les larmes, mais ensemble, on sera là pour saluer la mémoire de celui qui nous a quitté de manière si abrupte, si injuste, si triste, si dégueulasse, ce matin. (…) On a tous perdu une inspiration, un journaliste respecté, un collègue, un ami, un repère depuis de si longues années. Didier Roustan nous a accompagné pendant cinq décennies, en homme libre, toujours. Il était une figure, une voix, un courant de pensée et un rebelle, un vrai. (…) Je me souviens que je ne loupais aucun Téléfoot le dimanche matin. Il fallait que je vois du foot, il fallait que je vois Didier, parce qu’à l’époque, le foot, c’était Didier. Sans le savoir, tu as changé ma vie. (…) Tu avait le don d’être toujours en avance sur son temps. Tu savais fédérer, entraîner et captiver. La télé, c’est pas sérieux, le foot c’est pas sérieux. Tout cela est dérisoire, un jeu, et tu le savais pertinemment, toi qui aimais casser les codes. Les moins de 40 ans ont perdu un président à vie de L’équipe du soir, les plus de 40 ans ont perdu un compagnon de route, une madeleine de Proust, un totem. J’espère de tout mon coeur que ton âme viendra hanter ce foutu plateau. On a besoin de toi. Ce n’est pas un collègue comme un autre que nous avons perdu".

Bertrand Latour effondré sur le plateau de La chaîne L’Équipe

Le chroniqueur Bertrand Latour a lui aussi, très difficilement, rendu hommage à Bertrand Latour. Pris de grands sanglots depuis le début de l’émission, le journaliste n’est pas parvenu à les arrêter, mais a toutefois trouvé la force de parler alors que les larmes inondaient son visage : "Il m’a fait chier cent fois, Didier. Je suis fier d’avoir travaillé avec lui. On a forcément appris des choses. Je pense que des journalistes comme lui, avec sa dimension, il n’y en aura plus. Plus jamais. (…) Il y a des choses qu’il a vécues que j’aurais aimé vivre : la proximité avec les athlètes, la liberté qu’il s’est donnée… Il a dit ‘merde’ à plein de gens, il a changé plein de fois de chaînes. Il ne s’est jamais menti, il n’y avait pas de faux-semblant, avec lui. Je pense que c’est quelque chose qu’il faut avoir en tête. Il peut être fier d’avoir réussi ça, d’avoir touché toutes les générations. Moi, j’ai pas connu l’époque de Téléfoot, c’était pas le mec de L’équipe du soir avec qui j’allais boire des verres après, mais… Il restera, on s’en souviendra toute notre vie. Quand on le rencontre un jour, on s’en souvient. C’est une immense peine de se dire qu’on le reverra plus. (…) Ce qu’il a fait en dehors, ce syndicat qu’il a créé. Il a été, là aussi, précurseur, quand on voit toutes les problématiques dont on parle, les mecs qui jouent trop. Il a voulu prendre la défense des joueurs, et pas avec n’importe qui : avec Éric Cantona, Maradona… Il n’a pas pu aller au bout de ce combat-là mais il a éveillé les consciences. J’espère qu’un jour, ça avancera et qu’on lui rendra grâce. J’ai revu depuis ce matin ses documentaires et cette manière très singulière qu’il avait de parler de foot et de le raconter. Voilà, il y a vraiment beaucoup, beaucoup de peine. C’est très difficile".

Par
Hugo Mallais