Salah Abdeslam est enfin sorti du silence. Pour la première fois depuis l’ouverture du procès sur les attentats du 13 Novembre, le seul membre encore en vie des commandos, est revenu mercredi 13 avril sur les circonstances de sa soirée. Après six ans de silence et sept mois de débats, il a livré un premier récit détaillé de ce jour funeste qui a vu une série de fusillades et d’attaques-suicides islamistes perpétrées dans la soirée à Paris. Salah Abdeslam a notamment révélé sa mission ce soir-là : une attaque-suicide dans un bar du 18e arrondissement de Paris, à laquelle il a renoncé à la dernière minute, par "humanité" selon ses propres termes.
Ce jeudi 14 avril, Maître Sylvie Topaloff, avocate des parties civile dans le procès des attentats du 13 Novembre, était l’invitée de Anne-Elisabeth Lemoine dans "C à vous". Elle est revenue sur les propos de Salah Abdeslam, qui par le passé, avait refusé de répondre aux questions, invoquant son droit à se taire. "Ce procès dure depuis sept mois, l’examen des faits se termine demain soir, et c’est hier qu’il décide de nous donner une version cohérente. Quand on connaît le dossier, il y a quelques petites choses qui clochent mais on ne peut plus le vérifier maintenant. On ne peut plus confronter aux dires d’autres accusés, on ne peut plus enquêter sur ce fameux café", a commenté l’avocate.
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Et d’ajouter : "Tout d’un coup, il nous explique qu’il avait une mission qui était de faire sauter sa ceinture dans ce café du 18e qui est à un angle, et qu’il a renoncé ‘par humanité’. C’est un mot qui fait mal aux victimes quand même. La vérité, c’est que la ceinture a une cordelette cassée, elle est défectueuse. Est-ce qu’il a essayé de la faire fonctionner et qu’elle ne marchait pas? Est-ce qu’il a renoncé parce que tout d’un coup, le visage de l’autre l’interpelle et qu’il ne peut passer à l’acte comme ça? Ou est-ce qu’il a peur de mourir? De toute façon, ça ne change pas grand-chose au fait qu’il ait adhéré… Il dit pour sa part ‘vous ne pouvez pas me refuser de prendre acte de mon renoncement’", a relaté Maître Sylvie Topaloff.
L.T