Alain Bernard partage de rares confidences sur le drame Dropped : « Il y a eu un vrai manquement entre les deux pilotes » (VIDÉO)

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:34
En 2015, le tournage de l'émission Dropped vire au drame. Un accident impliquant deux hélicoptères a entraîné la mort de 10 personnes, dont la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat. Neuf ans après, Alain Bernard, qui était présent au casting du programme de TF1, s'est confié avec émotion sur la tragédie.

C’est un drame qui fêtera tristement son dixième anniversaire le 9 mars prochain. En 2015, en Argentine, alors que le tournage de l’émission Dropped pour TF1 est en cours, deux hélicoptères se percutent et se crashent, provocant la mort de 10 personnes. Parmi les victimes figurent les deux pilotes, des membres de l’équipe de production et trois sportifs français la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat.

La snowboardeuse Anne-Flore Marxer, le patineur Philippe Candeloro, la cycliste Jeannie Longo, le footballeur Sylvain Wiltord et le nageur Alain Bernard étaient présents au casting de l’émission mais ne se trouvaient pas dans les hélicoptères impliqués dans la tragédie. "On n’était pas encore en vol", raconte Alain Bernard sur le plateau de Chez Jordan de Luxe ce mardi 8 octobre sur C8, en marge d’un entretien dédié à son autobiographie Mon destin olympique. "On a eu un casting où on ne se connaissait pas les uns les autres. On a fait connaissance quelques heures avant d’embarquer dans l’avion pour partir en Amérique du Sud. L’objectif de cette émission, c’est d’être lâché dans deux équipes distinctes au milieu de nulle part et sans aucun moyen de communication ni de nourriture à notre portée, seulement de l’eau potable. On doit essayer de rejoindre un point de civilisation pour avoir accès à un téléphone."

Alain Bernard revient sur le drame Dropped

Afin de mieux comprendre comment ce drame a pu avoir lieu, Alain Bernard a expliqué comment se sont déroulées les heures ayant précédé l’accident : "Il y a deux équipes qui sont constituées. Sur la première rotation, on a pris les hélicoptères, on a été lâchés à un endroit. Les hélicoptères prennent ensuite la deuxième équipe pour les lâcher au même endroit. C’est sur cette deuxième phase d’émission où il y a eu l’accident. Il y a un hélicoptère où il y a les sportifs dedans, et un autre où il y a les cadreurs. La journée a été repoussée pour des raisons de sécurité à cause de la météo. Une fois qu’ils ont vu que les conditions climatiques étaient réunies, ils ont décidé de nous faire partir. C’est sur cette première vague de départ que les deux hélicoptères se sont percutés. Nous, on est à quelques centaines de mètres. On ne voit pas l’accident de nos propres yeux. On voit les hélicoptères partir. On arrive et c’est le drame."

S’il s’est rarement exprimé sur la tragédie, Alain Bernard assure qu’il avait besoin de se confier dans son livre dans le but d’entamer un processus de guérison : "En parler, c’était quelque chose d’important pour moi, parce que ça marque. On part pour une aventure… C’est juste horrible. On ne souhaite ça à personne. Quand tu rallumes ton téléphone après cette journée d’horreur, tu te dis que tu n’es pas passé loin. Pourquoi eux, pourquoi pas moi ? C’est être au mauvais endroit au mauvais moment."

L’ancien nageur pointe la responsabilité des pilotes

Passionné par le monde de l’aéronautique, Alain Bernard a ensuite livré son ressenti sur les causes qui ont pu entraîner l’accident entre les deux hélicoptères : "Je sais que quand on est dans un véhicule, on doit être maître de son véhicule, que ce soit une trottinette, une moto, un hélicoptère, un avion… Là, il y a eu un vrai manquement entre les deux pilotes qui étaient un coup devant, un coup derrière. En aéronautique, ça ne pardonne pas. L’autre pensait qu’il était derrière lui à gauche, il engage un virage à droite et en fait, il était derrière lui."

"Je me suis rarement exprimé là-dessus, parce que pour moi, ça reste les pilotes d’hélicoptères qui sont responsables et ils ne sont plus là pour se défendre", poursuit Alain Bernard, qui n’oubliera jamais ses compagnons de voyage. "Ça marque à vie à jamais. Ils avaient la vie devant eux. On pense aux trois athlètes, mais il y a aussi toute l’équipe de production, les journalistes qui ont péri dans cet accident. C’est un choc, ça peut être un traumatisme. J’ai voulu tout de suite quand je suis rentré reprendre mes affaires, mes rendez-vous, mes déplacements. Égoïstement, on se dit qu’on veut vivre pour eux."

Par
Benoît Lesueur