Agressés par des éleveurs, des journalistes de France 3 portent plainte et diffusent les images : “Ils voulaient nous éclater la g…” (VIDEO)

Publié le 21 octobre 2022 à 16:39
Lors d'un reportage suivant des militants écologistes mettant fin à une opération anti-loup, des éleveurs ont agressé des journalistes de France 3 ce mercredi 19 octobre.

Un reportage de France 3 a mal tourné ce mercredi 19 octobre. Dans la soirée, des journalistes de la chaîne suivaient six écologistes qui ont saboté une opération de "tir de défense" autorisée par la préfecture du Doubs à Chaux-Neuve. Organisée par l’Office français de la biodiversité, elle consistait à tuer un ou plusieurs loups après la mort de 18 bovins depuis le mois d’août, victimes de l’expansion démographique du loup gris ces dernières années. 

Une carcasse utilisée par les éleveurs pour attirer les loups a été aspergée d’eau de Cologne par les militants écologistes. Ces derniers, accompagnés des journalistes de France 3, se sont attirés les foudres d’une trentaine d’éleveurs très remontés. Ceux-ci se sont vengés en déversant plus d’un mètre de fumier sur le chemin afin de bloquer totalement le véhicule utilisé pour le reportage, avant d’encercler, menacer et agresser physiquement et verbalement l’équipe de la chaîne de service publique, qui a diffusé les images sur son antenne : "Filme pas toi, va te faire foutre ! Vous nous faites chier. Fais gaffe à ta gueule".

Un autre journaliste a tenté de calmer les agresseurs, qui l’ont attrapé par le col, avant de casser son micro, voler sa mini-caméra subtilisée, et piétiner son téléphone portable. La direction de France 3 Bourgogne-Franche-Comté a déposé plainte pour dégradation de matériel et précise sur son site web : "Nous donnons la parole tant aux éleveurs qu’aux associations de protection de l’environnement". "On comprend que les éleveurs soient à cran face aux attaques (de loups) mais on ne peut pas laisser passer cela, on fait notre travail et on n’a pas à être agressé", s’indigne la rédactrice en chef. L’intervention des gendarmes au bout d’une vingtaine de minutes a sauvé les deux journalistes. "Ils voulaient nous éclater la gueule. (…) Si les gendarmes n’étaient pas arrivés, je ne sais pas si je serais là ce matin", déclare l’un d’eux, à qui ont été prescrits dix jours d’incapacité temporaire de travail (ITT). 

Hugo Mallais

Par