Votre maman et grand-mère est décédée il y a quelques années de cette maladie. Que saviez-vous d’Alzheimer ?
Pierre Souchon : Comme tout le monde, on en avait entendu parler. En plus, c’est un nom dur, qui fait peur. On dirait un truc du IIIe Reich. Mais on a vraiment compris de quoi il s’agissait quand ma grand-mère a été touchée.
Alain Souchon : Il y avait eu l’exemple d’Annie Girardot, actrice merveilleuse et femme tellement charmante. La voir perdre ainsi la tête nous avait fendu le cœur. Ma maman, elle, ne me reconnaissait plus. Elle m’appelait même Jacques Chirac ! Chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on repartait avec le cafard. C’est comme une mort avant la mort.
Bien qu’il y ait un faible risque de développer la maladie de façon héréditaire, êtes-vous inquiets ?
Alain : Avec l’âge, on cherche bien plus les noms. Ça fait forcément cogiter. Pierre Heureusement, ne pas se rappeler où l’on a posé ses lunettes, ce n’est pas lié à Alzheimer. Ce qui l’est, c’est d’oublier que l’on porte des lunettes. Et s’il n’existe pas encore de remède à cette maladie, un dépistage précoce peut freiner son évolution.
Dans le reportage de ce soir, on voit que la musique parvient à reconnecter les malades à la vie, l’espace d’un instant…
Pierre : C’est vrai. La personne a le regard vide. Puis on chante une chanson, et là, on est à l’unisson. Il y a un partage.
Alain : Quand vous essayez de vous souvenir d’un long texte, ça va tout seul avec la musique. C’est la magie de la chanson.
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D’où votre engagement auprès de la Fondation Recherche Alzheimer, avec le gala « 2 générations chantent pour la 3e », à l’Olympia, à Paris, le 14 mars…
Pierre : C’est symbolique de récolter des fonds pour la recherche, à travers la chanson. C’est un rendez-vous annuel qui, hélas, n’a pas eu lieu l’an dernier, à cause de la pandémie.
Alain : Pierre a pris tout ça en main. Et comme il a pitié, il m’invite sur scène. (Rires)
Pierre : On y retrouve un noyau d’artistes, comme Nolwenn Leroy, Carla Bruni, Sandrine Kiberlain, Vincent Delerm. Cette année, on aura aussi Clara Luciani, Véronique Sanson, Pascal Obispo… On est heureux de se mobiliser pour tous ces gens qui travaillent dans l’ombre. Moi, j’imaginais de vieux savants fous, portant la barbe. En réalité, il y a une relève de jeunes chercheurs, partout dans le monde, comme à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Ils ont besoin d’argent pour acquérir des machines capables d’étudier au mieux le cerveau. Ils sont formidables, vraiment formidables !
Interview Frédéric Lohézic