Constat sans appel
« Nous n’avons jamais été confrontés à une telle quantité et une telle intensité de souffrance chez les adolescents, constate le pédopsychiatre Ludovic Gicquel. Cela se manifeste par une augmentation sans précédent des tentatives de suicide et de déscolarisations. Généralement, pendant les vacances, il y a moins d’hospitalisations et de prises en charge. Or, il y a de moins en moins de creux aujourd’hui… »
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De plus en plus jeune…
À l’unité pour adolescents du centre hospitalier Henri-Laborit, à Poitiers, les patients sont de plus en plus jeunes. L’une des dernières arrivantes est âgée de seulement 12 ans. Confrontée à des idées noires, elle va y passer une semaine où elle alterne consultations et activité en groupes comme des cours de cuisine, animés par deux psychologues.
Ondes négatives
Valentin a 16 ans et a fait trois tentatives de suicide. Sa souffrance psychique remonte à son entrée au collège. L’école est vite devenue un stress important pour lui, qui est dyslexique. Ses angoisses se sont amplifiées et ne le quittent plus. « Depuis tout petit, on nous dit que le monde va s’effondrer, explique-t-il. On nous élève avec ce sentiment de fin du monde. Et cela impacte mentalement. On ne parvient pas à se projeter. »
Un poison nommé… smartphone
Ce bouleversement dans la tête de nos ados tient essentiellement à un objet que nous tenons entre nos mains : le smartphone. Les jeunes passent en moyenne huit heures par jour à le scruter et, la majorité du temps, ils font défiler les pages des réseaux sociaux. Il y a vingt ans, ils voyaient leurs copains 2 heures 30 par jour en face à face. Aujourd’hui, ils ne le font plus que 40 minutes.
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Des amis, en vrai
Pourtant, les relations amicales sont un besoin fondamental de l’adolescence. C’est même l’une des activités qui procure le plus de bien-être, mais c’est aussi une stratégie du cerveau pour quitter le cocon familial. À l’inverse, le manque de relations amicales fait souffrir. L’effondrement du nombre d’interactions chez les jeunes d’aujourd’hui serait donc la cause de leur mal-être. Car nombre d’entre eux basculent dans un isolement numérique extrême.
L’obligation de raccrocher
Maxence a 21 ans. Absorbé 12 heures par jour par les réseaux sociaux, il s’est coupé du monde à ses 16 ans. « Psychologiquement, je n’allais pas bien. J’avais des pensées négatives. » Le déclic est venu avec l’achat d’un téléphone à clapet, sans wifi ni applis. « Je me suis alors recentré sur moi-même et j’ai pu profiter de mes amis .» Avec eux, il a créé le No Scroll Day : ne pas consulter les réseaux sociaux au moins un jour par mois.