Comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?
Yanis Marshall : La production m’a contacté, en me disant que je correspondais au profil du professeur de danse. J’ai tout de même dû passer des screen-test pour être validé. Je voulais vraiment faire l’émission !
Étiez-vous un fidèle du programme ?
Je suis un vrai fan ! J’ai grandi devant cette émission. J’étais très triste quand ça s’est arrêté. Mon plus grand regret c’est de ne pas avoir travaillé sur les premières éditions qui ont eu la chance d’accueillir mes idoles : Madonna, Tina Turner, Mariah Carey…
Gardez-vous un souvenir particulier des précédentes saisons ?
Comme tout le monde j’ai été très touché par Grégory Lemarchal… J’adore Jenifer depuis toujours. J’ai d’ailleurs collaboré avec elle, lorsque j’ai débuté ma carrière de chorégraphe. Elle m’avait contacté pour son titre Sur le fil de ma vie.
Vous partagez un autre lien avec l’émission qui est d’avoir collaborer avec Kamel Ouali à l’âge de 15 ans…
Effectivement, il m’a engagé sur la comédie musicale Le Roi Soleil. En réalité je l’ai rencontré avant, à l’âge de 14 ans. C’était sur le tournage d’un épisode de la série Sous le soleil, dans lequel Tonya Kinzinger ouvrait une école de danse. Il cherchait des jeunes danseurs de la région. C’était comme ça qu’il m’a repéré.
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Avez-vous gardé contact avec lui ou demandé des conseils ?
On est toujours en contact, en revanche je ne suis pas du genre à demander conseil. J’aime apprendre par moi-même, même si je dois commettre des erreurs. Je ne suis pas là, pour faire une suite de Kamel, je suis Yanis. Que les choses soit claires pour les mauvaises langues : j’ai un respect incommensurable pour Kamel, mais nous sommes très différents. On ne va pas forcément faire la Star ac’ de la même manière, ce n’est pas le but.
Comment avez-vous vécu le prime time en direct samedi dernier ?
J’étai très stressé parce que je m’étais foulé la cheville. Je savais que j’allais pouvoir tenir 2 minutes de danse, mais que j’allais le payer pendant un mois (rires).
Quel type de professeur êtes-vous ?
Je peux être un clown mais je suis aussi exigeant. Je vais crier, mais pas par méchanceté, plutôt pour motiver. C’est pour ça que je n’ai plus de voix aujourd’hui (rires)
Lors du premier cours, vous recadrez fermement Léa qui bâille…
(Rires) C’était spontané, mais ce n’est pas représentatif de mon cours d’une heure et demie, qui, dans l’ensemble, était très fun.
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Qu’attendez-vous des académiciens ?
La volonté d’apprendre et le respect de l’enseignement. Même si ce n’est pas leur discipline favorite, on a toujours quelque chose à apprendre. Je ne chante pas, mais la musique me fascine, j’ai donc forcément à apprendre de la professeure de chant (Adeline Toniutti ndlr). J’aimerais être une petite souris pour assister à son cours.
Comment s’est passée la première évaluation ?
C’était rock’n’roll (Rires). Il y a eu des divergences d’opinions. Mais, il faut dire que je ne suis pas non plus quelqu’un de très facile (rires). On a chacun nos personnalités, on se découvre, on va apprendre à travailler ensemble. Mais en dehors des évaluations, on s’entend tous très bien et on se soutient.
Vous êtes également chorégraphe de l’émission, comment tenez-vous la cadence ?
C’est l’enfer, je n’ai jamais autant travaillé, mais je dormirai quand je serai mort (rires). Je fais deux jobs en même temps, il va falloir que j’apprenne à déléguer à mes supers assistants Julie Ruzafa et Matt Antonucci. Pour les semaines à venir, je vais avoir un troisième assistant plateau Arnaud Boursain, avec qui j’avais participé a Britain’s Got Talent.
Vous êtes connu pour être le précurseur de la danse en talons en hexagone.
Pendant longtemps, j’ai été le seul à enseigner cette discipline en France, avant qu’elle ne devienne populaire. Je ne le dis pas par prétention, mais parce qu’on m’a beaucoup découragé à l’époque. On m’insultait et je n’avais pas beaucoup de monde dans mes cours. C’est une victoire et une fierté, parce que ça n’a pas été facile d’imposer ce style qui est devenu incontournable aujourd’hui.
Pourquoi cet accessoire ?
Parce que je suis un rebelle, parce que je suis gay, parce que j’en ai ras-le-bol que le rose soit pour les filles et le bleu pour les garçons. Et parce que je danse bien en talons ! Ça me fascine d’aller là où personne ne va. Je déteste ressembler à tout le monde.
Danse avec les stars accueille des couples de même genre, vous dansez en talons en prime time… Est-on enfin parvenu à faire évoluer les mentalités pour la cause LGBT ?
On est très en retard en France, parce que je fais ça depuis toujours à l’étranger. J’ai été accueilli à bras ouverts aux Etats-Unis il y a sept ans, idem à Londres. Je ne sais pas si ça a réellement évolué, mais c’est la première fois que je travaille et que je me sens compris dans mon propre pays… et ça fait du bien !
Sarah Ibri