William Leymergie : « Il a fallu un moment pour que les téléspectateurs comprennent que je n’étais pas encore à la retraite »

Publié le 7 février 2023 à 9:33
Augustin Détienne/C8
Voilà déjà six ans qu’il s’invite à l’heure du déjeuner, avec classe et bonne humeur. Après des débuts laborieux, son magazine connaît un essor remarquable.

Depuis son lancement, votre magazine quotidien a connu une progression d’audience de 20 %, réunissant en moyenne 287 000 téléspectateurs, pour 3,2 % de part d’audience. Il est même devenu leader de la TNT sur cette case horaire. Aurait-il atteint l’âge de la maturité ? 

William Leymergie : Quand j’ai quitté France Télévisions, il a fallu un moment pour que les téléspectateurs comprennent que je n’étais pas encore à la retraite. Ce temps de latence nous a été profitable pour affiner le programme. Nous avons pu ainsi travailler à certains ajustements, pour proposer aujourd’hui un magazine de qualité, qui réponde aux attentes du public.

Quelles modifications avez-vous apportées ? 

Au départ, nous n’étions pas réunis autour de la table. Les chroniqueurs avaient rendez-vous à tour de rôle avec l’animateur. Tout cela était un peu "tristouille". Nous abordions toutes sortes de sujets, sans savoir si cela correspondait aux envies du public à cette heure-là. On a fini par adopter la formule d’un magazine de vie quotidienne, axé sur l’art de vivre, la gastronomie, la maison, le droit, l’économie, la santé, le jardinage… On s’est aperçus que, sur ces thèmes, le public attendait une expertise et des conseils. 

Vous avez su, comme à Télématin, vous entourer d’une bonne équipe de chroniqueurs. Sur quels critères les choisissez-vous ? 

J’aime quand les chroniqueurs ont déjà une expérience dans les médias, tout en exerçant en parallèle une profession dans leur domaine d’expertise. Pour le droit, nous avons l’avocat Roland Perez, en économie, Alexandra Fohrer, qui travaille dans un cabinet financier, et pour la santé, le docteur Brigitte Milhau. Mon rôle est de leur donner la réplique pour qu’ils soient le plus clair et précis, en 6 minutes, tout en apportant convivialité et bonne humeur. Depuis septembre, j’ai tendance à me lâcher plus souvent. Je revendique le droit d’être drôle ! 

Après plus de trente années de matinale, que change pour vous le fait de travailler maintenant à la mi-journée ? 

Je me lève juste un tout petit peu plus tard. Je suis un indécrottable lève-tôt, c’est inscrit dans mon ADN. 

Cela vous laisse le temps de regarder Télématin, sur France 2… Que pensez-vous de la formule actuelle ? 

J’y jette un oeil, parfois. C’est parfaitement fait. Ils ont su s’adapter intelligemment aux changements. 

Vous êtes, sans conteste, l’un des animateurs les mieux habillés du PAF. D’où vient cette élégance ? 

Je me suis toujours habillé seul. Je suis mon propre mannequin. Je dois tenir ça de mon père, que je n’ai jamais vu débraillé. Et puis, je trouve que c’est un respect que l’on doit aux téléspectateurs. 

Cette élégance, on la retrouve jusque dans votre premier roman, Mirebalais ou l’Amour interdit, chez Albin Michel, qui se déroule sous le règne de Louis XV. Connaîtra-t-il une suite ? 

Oui, j’en prépare un second, qui se passera à notre époque et mettra en scène les descendants du héros. Je rêve, d’ailleurs, que Mirebalais soit adapté au cinéma… Je lance un appel aux producteurs ! 

INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI 

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