Vincent Lagaf’ : « Je n’ai jamais couru après Le Bigdil… »

Publié le 2 janvier 2025 à 9:11
INTERVIEW. Vingt ans après son arrêt sur TF1, ce jeu culte, auréolé de deux 7 d’or et diffusé durant six ans à l’antenne, revient dans sa version originale. 

"Je n’ai jamais couru après Le Bigdil"

Pourquoi avoir eu envie de réactiver Le Bigdil ? 

Vincent Lagaf’ : Je n’ai jamais couru après Le Bigdil. On m’a proposé de le refaire trois fois et j’ai toujours refusé. Le premier n’avait pas les fonds, le deuxième voulait juste faire un coup, et le troisième était un mytho. La quatrième fois, j’ai accepté parce qu’on me donnait les moyens et la possibilité de l’enregistrer comme j’avais envie. C’est Antoine Henriquet de Ah ! Production qui m’a téléphoné et m’a annoncé qu’il avait la possibilité de reprendre les droits du Bigdil. J’ai appelé son associé, Arthur, qui m’a dit que je pouvais y aller les yeux fermés. J’ai dit : banco, on le fait ! 

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez retrouvé le plateau et le décor du Bigdil ? 

Une émotion rarement atteinte. Laurent Pelois a réussi à refaire le décor de l’émission à l’identique, cela m’a ému. Mais la chose la plus dingue, c’est l’accueil du public quand je venais saluer les spectateurs avant l’enregistrement. J’avais l’impression d’être au Festival de Cannes. J’avais cinq minutes de standing ovation avant même d’avoir eu le temps de dire bonjour. Je me suis dit que j’étais encore dans le coeur des Français. 

"Le mot « gafette » rabaisse et on ne peut plus le dire…

Retrouverons-nous les anciens personnages emblématiques du Bigdil ? 

Gilles Vautier reprend évidemment le rôle de Bill, l’extraterrestre en image de synthèse. Ramuncho (Hervé Budin, ndlr) a 67 ans, et il m’a dit : « À mon âge, j’ai fait assez de conneries ! » Alors il participera à une spéciale « 1998 » (année de lancement du Bigdil) avec DJ Aspé et deux anciennes « gafettes », Nadia et Fanny. 

Y aura-t-il, justement, de nouvelles « gafettes » ? 

Alors oui, il y en aura deux, mais elles ne s’appelleront plus les « gafettes », afin d’éviter toutes remarques qui prétendraient qu’on prend les femmes pour des objets. Autour de moi, il y aura donc des « collaboratrices scéniques », jeunes, belles, dynamiques, bonnes danseuses, et qui ont de la repartie. Le mot « gafette » rabaisse et on ne peut plus le dire… 

"Avant, je pouvais me permettre de dire à une dame « J’ai du mal à vous regarder dans les yeux ! » parce qu’elle avait un beau décolleté"

Vous ne pouvez vraiment plus tout dire, comme au début des années 2000 ? 

J’ai l’habitude de dire ce que je veux, mais aujourd’hui, nous sommes jugés par une certaine intelligentsia qui veut exister et qui détruit. Donc, on ne leur donne pas cette opportunité et on fait attention à ce que l’on dit. Avant, je pouvais me permettre de dire à une dame « J’ai du mal à vous regarder dans les yeux ! » parce qu’elle avait un beau décolleté. Aujourd’hui, tu passes pour un obsédé sexuel. Donc, on ne fait plus de compliments aux femmes sur leur physique. À force de tolérance, comme disait l’écrivain Dostoïevski, un jour on interdira aux intelligents de parler pour ne pas vexer les imbéciles… 

Avez-vous d’autres projets ? 

En mars 2023, j’ai publié mon autobiographie intitulée Je m’appelais Franck (XO éditions), dans laquelle je raconte mon parcours. Comme elle a bien marché, je voudrais remonter sur les planches pour faire un seul-en-scène d’une heure et demie adapté de cet ouvrage. Un matin, comme pour le livre et Le Bigdil, je vais me lever, appeler un producteur, et on le fera ! 

Le Bigdil, jeudi 2 janvier à 21h01 sur RMC Story

Par
Thomas Gaetner