Mi-avril 2017 : le caporal Arthur Noyer, 23 ans, manque depuis deux jours au rapport de 8 heures du 13e bataillon de chasseurs alpins de Barby, en Savoie. Didier et Cécile, ses parents, sont inquiets : dans la famille, on se donne des nouvelles régulièrement. Un avis de recherche est diffusé et, grâce aux caméras de vidéosurveillance et au bornage du téléphone portable du disparu, la police parvient à retracer ses derniers instants. Mieux, une brigade cynophile permet d’établir que le jeune homme a vraisemblablement été pris en stop. Les investigations mènent à une Audi A3 grise, captée par les caméras du centre-ville de Chambéry.
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Quatre mois et demi plus tard, une autre disparition, beaucoup plus médiatisée, va ouvrir de nouvelles pistes. Maëlys De Araujo, 8 ans, s’est volatilisée dans la nuit du 26 au 27 août, lors d’une soirée de mariage au Pont-de-Beauvoisin… près de Chambéry. Un suspect est désigné, il s’appelle Nordahl Lelandais. Et il est propriétaire d’une Audi A3.
Tandis que Lelandais est déféré en prison, l’enquête se poursuit à Chambéry pour tenter d’établir un lien entre lui et Arthur Noyer. Les relais déclenchés par le téléphone de la victime et par celui du suspect coïncident. Bingo ! « Le dossier Maëlys a pris une envergure médiatique phénoménale, explique la juge d’instruction, Emmanuelle Bouyé. Il ne fallait donc pas que l’on sache que dans l’affaire Arthur Noyer, on investiguait aussi sur Lelandais. »
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LE VISAGE DE L’HORREUR
Nordahl Lelandais, 34 ans, un ancien maître-chien de l’armée, est une vague connaissance du marié et s’est invité lui-même à la fête du 26 août. D’abord entendu comme témoin, dans le cadre de la disparition de Maëlys, il devient rapidement le suspect numéro 1.
Le lendemain de la disparition de la petite fille, il a passé une heure et quarante-quatre minutes à laver sa voiture dans une station-service. Il présente par ailleurs des griffures au bras, au mollet, à la main et sur une épaule. Un ADN de contact de Maëlys est retrouvé sur les phares de l’Audi. Durant les auditions, l’homme reste impassible. « Il n’y a jamais de moments de flottement », explique l’adjudant-chef Olivier Doudet, qui dirige l’enquête. Nathalie Le Maoût, cheffe d’escadron, poursuit : « Je suis frappée par une froideur que j’ai rarement observée. »
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Déjà mis en examen dans l’affaire Maëlys, pour enlèvement et séquestration, il le sera aussi dans l’affaire du caporal Arthur Noyer, pour assassinat, cette fois, après la découverte du crâne de ce dernier. L’étau se resserre un peu plus après que des analyses ADN poussées sur son véhicule ont révélé des traces de sang de la fillette.
« Ce n’est plus le même dossier, à partir de ce moment-là", confie maître Alain Jakubowicz, avocat de Lelandais. Celui-ci expose alors à son client : « La première chose que l’on va vous demander, c’est : où est le corps de l’enfant ? Ce n’est pas moi qui décide. Mais c’est la condition sine qua non, pour moi. S’il n’y a pas ça, ce n’est plus moi (qui vous défends, ndlr)… »
Faites entrer l’accusé : Les secrets de Nordahl Lelandais, dimanche 17 septembre à 21h10 sur RMC Story