Mentaliste, vidéaste, humoriste, écrivain… Comment jonglez-vous entre ces différentes casquettes ?
Fabien Olicard : Blague à part, c’est assez naturel parce que je m’épanouis dans la diversité. Et puis, il suffit juste d’être organisé et de se tenir à cette organisation. Donc ça passe par des choses toutes bêtes. Par exemple, je ne travaille pas quand je suis chez moi, ce qui permet d’avoir une vie au milieu de tout ça (rires). Mais quand je me lève, je me mets à faire une vidéo par exemple, et j’y consacre une demi-journée ou une journée et je suis injoignable pour tout le reste. Mais il y a un truc qu’on oublie, c’est que dans l’une ou l’autre de mes casquettes, les livres nourrissent mes sujets pour mes vidéos qui me donnent envie de faire des projets pour la télé, etc.
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Pouvez-vous me parler de votre parcours ?
En fait, je n’ai jamais voulu devenir mentaliste, mais aussi parce que l’on était moins populaire qu’aujourd’hui quand j’étais petit (rires). Ça a été un truc a posteriori. Je me suis intéressé au cerveau, à la magie, au détournement d’attention, à tous ces trucs-là. Toute ma vie, depuis toute jeune et quand j’ai voulu monter sur scène à partir de 2010 pour faire des spectacles, je me suis dit : "Mais je vais parler de quoi ? Entre les blagues, je vais parler de tous ces trucs sur le cerveau". Là, il fallait mettre une étiquette et donc je me suis autoproclamé mentaliste parce que finalement on s’auto-proclame mentaliste. J’ai dit à ma mère : "Je suis mentaliste". Et elle m’a répondu : "Range sa chambre" (rires).
Comment devient-on mentaliste ?
Il n’y a pas de formation et il n’y a même pas de définition en fait, parce que certains font juste des tours de magie. Ils peuvent appeler ça mentaliste, d’autres vont utiliser plutôt de la psychologie et de l’hypnose et ils vont s’appeler mentaliste. Moi, j’utilise plutôt des techniques de mémoire, de l’illusionnisme et plus de l’influence. Je me fais appeler mentaliste. En fait, ça résume juste qu’on fait des choses avec notre cerveau et des choses où il n’y a pas besoin de don. Je n’ai pas le don, je n’ai pas de super-pouvoirs (rires), c’est juste de la connaissance.
Comment avez-vous été approché pour accompagner Julia Vignali pour Tout le monde joue avec la mémoire ?
Alors, on s’est d’abord rencontré fin 2023 avec avec Nagui parce qu’on avait la volonté d’essayer de voir si on pouvait construire quelque chose ensemble un jour, voire un programme. Et il y a notre première réunion, on reparle de son émission Tout le monde joue avec la mémoire qu’il avait animée avec Michel Cymes. Je ne me voyais pas présenter l’émission tout seul et donc, il me parle de Julia qu’il connait depuis très longtemps et il s’avère que je la connais aussi depuis quelques années (rires). En fait, elle m’a invitée dans toutes ses émissions à la télé, à la radio, pour parler de mon spectacle ou de mes livres. Et donc on s’entend déjà très très bien, on est déjà potes et du coup, c’est devenu très naturel d’imaginer le concept de Julia et moi en présentateur, animateur et comme Nagui était très motivé par l’idée, ça s’est fait naturellement.
C’est une émission que vous aviez suivie par le passé ?
Oui, bien sûr, j’avais suivi à l’époque et Nagui m’a aussi redonné les émissions pour que je me replonge dedans. Ce que j’aimais beaucoup avec l’émission, c’est ce côté formidable qui est que tout le monde peut jouer de chez lui avec une application gratuite sans avoir de connaissances particulières. C’est un truc vraiment ludique à faire en famille. C’est d’ailleurs moi qui récupère ce bébé qu’est l’application (rires). C’est-à-dire que durant l’émission, je vais avoir un iPad sur lequel je vais voir les statistiques au niveau national en temps réel et je vais pouvoir commenter ou donner des astuces suivant les statistiques que je vois et qui peuvent être utiles en direct. Donc, tout ça, j’avais vu à l’époque et j’avais trouvé ça très brillant !
Vous succédez en quelque sorte à Michel Cymes qui accompagnait, lui, Nagui sur cette émission. Ça vous fait quelque chose ?
J’en suis très fier, mais déjà il y a plusieurs degrés de lecture, c’est une finesse mine de rien, car Michel Cymes, c’est un peu mon papa de télévision. C’est-à-dire que c’est la première personne qui m’a fait confiance pour que je vienne en tant que mentaliste parler de ce que je veux dans son émission. Il m’avait fait intervenir sur plusieurs grandes émissions mais m’a vraiment engagé sur Antidote sur France 2 pour toute la saison qu’il y avait de cette émission-là. Et c’est ce qui nous a d’ailleurs amenés à écrire un livre sur la mémoire sorti en 2022. C’est à la fois un ami et c’est un peu mon mentor de télévision qui m’a tout de suite envoyé un texto très sympa pour me féliciter quand Nagui lui a annoncé la nouvelle. Il m’a fait une petite blague pour me dire que je lui avais volé sa place (rires). J’en suis honoré mais aussi un peu stressé. Après, moi je n’ai pas de blouse blanche, je ne prétends pas avoir les qualités d’un médecin. Par contre, je suis assez fort pour récupérer le travail des chercheurs pour en faire des petites astuces utiles au quotidien. La prévention, elle s’arrête là.
L’émission sera diffusée en direct ce soir, pas trop stressé de vous dire que vous n’avez pas "le droit à l’erreur" ?
C’est un sentiment que je connais bien puisque ça fait dix ans que je suis sur scène quasiment tous les soirs à faire des spectacles devant 5000 personnes parfois où là c’est sans filet. Mais bon, c’est un exercice du direct et de l’éphémère, mais ça n’implique que les 5000 personnes qui sont présentes dans la salle. Alors que ce soir, ça impliquera un petit peu tout le monde (rires). Je me repose beaucoup mentalement sur le professionnalisme de Julia, de Nagui et toute son équipe en disant eux, ils savent, je dois juste faire ce pour quoi ils m’ont engagé et ils ne m’ont pas engagé pour être autrement que ce que je suis vraiment donc je me dis qu’a priori, ça va le faire.
Comment appréhendez-vous la collaboration avec Julia Vignali ?
Pour être honnête, vu que l’on se connaît déjà très bien, je n’ai aucune crainte pour cette collaboration. On a juste hâte, elle et moi, parce que je crois que les premières fois qu’elle m’a invitée en tant qu’artiste ou auteur, c’était dans ses émissions de radio. Elle m’avait invité dans sa matinale à la télévision et le hasard a fait d’ailleurs qu’une fois, on s’est retrouvés en vacances ensemble au même endroit pour les vacances de Noël (rires). C’était très marrant. Donc on a tissé un lien d’amitié comme ça, qui fait que la seule chose qui nous manque, c’est de travailler ensemble pour faire quelque chose. Là, on s’est vu pour préparer l’émission, pour faire le teaser, on s’est déjà bien marré, mais en plus, j’ai vraiment le sentiment qu’on sait travailler ensemble. C’est assez naturel.
Et vous, comment travaillez-vous votre mémoire ?
En fait, on a toujours le sentiment que la mémoire, il faut la muscler. On a l’impression qu’il faut la travailler et en fait pas tant que ça. Il faut juste éviter de ne pas la faire travailler. Le vrai secret est là. C’est-à-dire que si vous cherchez le nom d’un acteur que vous connaissez et que ça ne vous revient pas, il ne faut pas vous sentir obligé de sauter sur Google (rires). C’est plus intéressant de se laisser le temps de le retrouver, même si ça prend deux ou trois minutes. C’est le procédé de récupération du cerveau. Si on vous demande de faire un calcul mental assez simple, plutôt que de sauter sur la calculatrice, il faut mieux le faire de tête. Voilà, mon quotidien, c’est me servir de mon cerveau plutôt que d’essayer d’entraîner ma mémoire quoi, c’est résister à la tentation, surtout face au téléphone.
Ce projet à la télé vous donne-t-il envie de vous illustrer dans un autre programme ?
C’était un peu l’objet de notre rencontre à la base avec Nagui donc ce n’est pas quelque chose qui est exclu du tout, mais c’est vrai que quand on a dérivé vers un divertissement jeu qu’on pouvait co-animer en plus, etc, je me suis dit : "C’est bien, c’est une première étape pour apprendre ce métier". Je n’ai vraiment pas la prétention de tout savoir faire du premier coup. Donc voilà, j’aimerais bien, sûrement dans un futur ou moyen terme, m’imaginer tenir les rênes d’une émission qui me correspond. En attendant, ça me va très bien de travailler sur des binômes, c’est plus sécurisant, et on se sent moins jeté dans le grand bain (rires).
Rendez-vous ce mardi 13 février, à 21h10, sur France 2 dans Tout le monde joue avec la mémoire animé par Julia Vignali, accompagnée de Fabien Olicard.