Pourquoi avez-vous souhaité participer à l’émission ?
Quentin : Je pense que la première chose, c’était pour me challenger. Ça me faisait un kiffe. J’ai commencé la cuisine assez tard et il y a toujours ce truc de savoir où on en est par rapport aux autres. Se situer un peu et se confronter aux meilleurs, parce que dans Top Chef, ce ne sont que des profils de personnes qui ont entre 25 et 32 ans, qui sont hyper bons pour leur âge et qui ont déjà 10 ans d’expérience, donc c’est bien de se confronter à ça.
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Vous considérez avoir commencé tardivement. C’est-à-dire ?
J’ai eu 25 ans cette année et j’avais 24 ans pendant le tournage. J’ai commencé à 18 ans et c’est plutôt tard dans le milieu de la cuisine. Ce n’est pas non plus la catastrophe, loin de là. Il y a des gens qui commence quand même à 25 ans et qui s’en sortent très bien mais la cuisine, normalement, ça commence à 14 ans. Donc, effectivement, si vous prenez quelqu’un de 26/ 27 ans qui a commencé à 14 ans, il a déjà 13 ans d’expérience.
C’est la production de Top Chef qui est venue vous chercher pour participer à la compétition ?
Oui, comme pour 90% des candidats. Ça faisait trois ans qu’ils m’avaient contacté pour Top Chef. Cette année-là, c’était la troisième année consécutive qu’ils m’ont envoyé un message pour me dire : ‘Est-ce que vous êtes chaud pour faire la casting ?’. Les années d’avant, j’avais toujours dit non parce que je ne me sentais pas prêt, pas assez mûr pour le faire. Là, cette année, je me suis chauffé. Et en fait, vu que je n’étais pas trop chaud, il y a eu deux semaines de réflexion (rires). Et c’est mon père qui m’a dit : ‘Tu n’as jamais refusé une vraie offre, tu as toujours accepté les opportunités, tu les as toujours saisies, donc vas-y’.
Et justement, en parlant d’opportunités, pour vous, quel était l’enjeu en acceptant de participer à Top Chef ?
L’enjeu, c’était de s’ouvrir. S’ouvrir encore un peu à la cuisine, de sortir un peu des cuisines de Monsieur Savoy qui sont incroyables, mais de voir autre chose et aussi de découvrir un peu ma chose. C’était aussi apprendre et de me challenger. C’était ça les objectifs. Et puis, au final, c’est ce qui s’est passé parce qu’on apprend beaucoup auprès des chefs, on apprend beaucoup auprès des candidats. C’est que des nerds de la cuisine, et on parle tous pendant des heures et des heures de cuisine et ça ouvre beaucoup.
Quels étaient vos objectifs en entrant dans l’émission ?
Je m’étais donné trois steps. La première, c’était de réussir à aller au delà de la première émission parce que je pense que c’était ma plus grosse pression. On ne connaît pas le plateau, on ne connaît pas trop la mécanique de Top Chef, on est un peu perdus… La première fois, je pense que c’est celle qui m’a le plus stressé. Et et après une fois que j’étais en fin de concours, mon objectif, c’était quart de finale. Après, je faisais vraiment épreuve après épreuve. C’est la première où je me suis mis une grosse pression, j’étais en mode : ‘Vas-y, maintenant, tu es dedans. Vas-y étape par étape. Après, évidemment, l’objectif, c’était d’aller en finale et j’étais hyper déçu de ne pas y aller…
C’était comment de faire équipe avec Hélène Darroze ?
Hélène Darroze, je la trouve très bienveillante. C’est très constructif ce qu’elle dit. Elle a un palais, ce qui fait qu’elle exige beaucoup mais je la trouve très bienveillante, très chaleureuse. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle a un comportement maternel mais elle a été très protectrice de sa brigade. C’était très cool. Ça m’a rendu triste de me dire qu’elle avait emmené ses candidats en finale les éditions précédentes et que je n’ai pas réussi cette fois-ci.
La peur de décevoir vous a-t-elle ajouté une pression ?
La pression, moi, je me la mets tout seul, je n’ai pas besoin de quelqu’un pour me mettre une pression supplémentaire (rires). Au contraire, pour moi, faire équipe avec Hélène Darroze, c’était un soutien supplémentaire, ce n’est pas une pression supplémentaire, c’est même un succès. Je savais très bien que mon optique, c’était la finale et que j’en étais proche. C’est pour ça que ça a été un peu brutal… J’avais un parcours où je gagnais beaucoup d’épreuves. Ça se passait bien et j’ai juste perdu face à des gens qui ont fait une plus belle assiette que moi. C’est le jeu mais j’étais hyper déçu de moi.
Célébrer les 15 ans de Top Chef avec 50 anciens candidats qui étaient jurés, vous l’avez vécu comment ?
Je pense qu’on a tous pris ça beaucoup à cœur et comme la cuisine, c’est du partage, on a eu tous envie de leur faire passer un bon moment. C’était hyper cool, mais on avait plus de pression parce qu’on s’est tous dit que les candidats pouvaient être peut-être plus exigeants que les chefs.
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Vous vous retrouvez en épreuve éliminatoire. Vous croyez jusqu’au bout à votre chance de revenir dans l’aventure ?
Je me suis dit : ‘Tu es face à des monstres. Ils ont tous plus de cuisine que toi". Mais après, à ce moment-là, je me dis aussi : ‘J’ai ma carte à jouer. Je ne suis pas dans le concours pour rien et donc il faut que j’y aille à fond’. Je ne suis pas quelqu’un qui est défaitiste. Je suis très positif dans ma tête, sans me dire non plus à chaque fois ‘Vas-y tu es génial tu vas y arriver’ mais plutôt que je dois me donner à fond. Je me stimule, je me donne de l’adrénaline. Je suis toujours en mode : ‘Si tu es là, c’est que tu peux y arriver’.
Qu’est-ce qui vous a fait défaut lors de cette épreuve où vous n’aviez pas le droit à la cuisson ?
Je vous avoue que le thème du cru n’était pas vraiment quelque chose d’excitant pour moi. J’aime beaucoup rôtir, graisser, etc. Je trouve beaucoup de gourmandise à travers les cuissons, donc c’est plus compliqué pour moi et j’ai justement eu le plus de mal, je pense, à apporter de la gourmandise sur ce plat avec du cru. Après, on a été tous été un peu pris de court par ce thème. Je pense que ce qui m’a fait défaut, c’est que j’ai fait un plat trop classique.
Vous êtes quand même fier du parcours que vous avez fait j’espère ?
Non (rires)… La fierté a mis du temps à venir. Je voulais vraiment aller loin. Monsieur Savoy et toutes les équipes étaient à fond derrière moi. Elles ont tout fait pour que je sois dans de bonnes conditions pour le concours. C’est con, mais j’étais en congés sans soldes, contrairement à Lise, par exemple, qui bossait à côté. J’ai pu m’entraîner pour Top Chef. Monsieur Savoy, avant le début de l’émission, il me laissait les cuisines les week-ends. J’ai mes fournisseurs qui m’offraient des produits pour que je fasse des essais. On anticipe un peu les épreuves, on se dit : ‘Ça va tomber là-dessus, qu’est-ce que je vais faire ?’. Et moi, j’ai eu une prépa, vraiment, j’étais dans les meilleures conditions. Et j’avais vraiment l’impression de décevoir tout le monde en n’allant pas en finale. Puis finalement, je me dis : ‘Mec, t’as 25 ans. Je pense que si on t’avait dit il y a six ans, quand tu es arrivé à l’école, que tu serais là dans Top Chef, tu n’y aurais pas cru’. J’ai relativisé, même si je pense que j’avais d’autres choses encore à montrer en tant que chef, mais c’est comme ça c’est le jeu. J’ai perdu face à des très bons cuisiniers. Je préfère partir sur une réussite plutôt que sur un loupé.
Vous avez échangé avec Hélène Darroze après votre élimination ?
Juste après les épreuves, on en a discuté. Elle m’a dit : ‘Ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme’. Elle, ça ne change rien dans sa vie. Elle est déçue, je pense, oui, mais ça ne changeait rien dans sa vie. Elle m’a dit : ‘On voyait tous aller plus loin’. C’est le jeu, il faut garder le positif.