Thomas Pesquet : Objectif France – « Dans l’ISS, on peut voir et ressentir tout ce qui se passe sur notre planète »

Publié le 25 avril 2023 à 9:19
© GRAND ANGLE PRODUCTIONS
Le spationaute français, qui affiche deux missions spatiales au compteur, redécouvre une France sous le prisme d’enjeux environnementaux observés depuis la station spatiale internationale.

Il porte sur les choses un regard que seules 500 personnes, dans l’Histoire de l’humanité, peuvent avoir. Il a mis à peine trois minutes pour survoler la France métropolitaine et 1 heure et demie pour le monde entier. Le spationaute Thomas Pesquet a passé plus d’un an dans l’espace, réparti sur deux missions. Durant ses séjours, il a pris pas moins de 250 000 photos, dont certaines, celles de la France et de ses territoires, révèlent ce qu’engendrent les aléas climatiques. Pour les besoins de ce documentaire, il est allé confronter son point de vue à celui de spécialistes, qui vivent, eux, les pieds sur Terre.

"Dans l’ISS, on peut voir et ressentir tout ce qui se passe sur notre planète", confie Pesquet. Faire le lien entre le "global" et le local, c’est l’expérience qu’il a voulu mener. On le retrouve ainsi, en mer, au côté du navigateur Thomas Coville, avec lequel il partage cette conscience de la dimension de notre planète, recouverte à 70,8 % d’eau : " Le premier jour de ma mission, lorsque le jour se levait sur le Pacifique, j’ai vu de l’eau et des petits nuages. Je me suis retrouvé dans l’espace, mais en mer…"» Une sensation éprouvée par le navigateur lorsqu’il a découvert les îles Kerguelen, dans le sud de l’océan Indien : "On rencontre un endroit tellement insolite que l’on ressent un choc, comme si on avait découvert notre planète pour la première fois.

FORCES DE LA NATURE 

Lorsque Thomas Pesquet retourne dans son lycée, à Dieppe, il se rend compte également de changements naturels. "La route qui longeait la falaise a été détournée sur 300 mètres, à cause de l’eau, qui ronge la craie, constate-t-il. Et cela risque d’arriver de plus en plus sur le littoral. Même le lycée sera menacé un jour…" En France, 20 % des côtes sont concernées par les effets combinés des flots et des intempéries. Depuis l’ISS, Thomas Pesquet a vu naître des ouragans dans l’Atlantique, au sud de l’Équateur, et s’abattre sur les Antilles : "On a conscience qu’une machine de destruction est en train de se mettre en place. J’ai pris des photos de l’oeil du cyclone, où l’on voit un mur de nuages tournant sur des dizaines de kilomètres de haut."

Si l’eau peut être un élément destructeur, elle est aussi une denrée rare. L’eau douce représente moins 3 % du total de notre planète. Dans l’ISS, l’eau est recyclée quasi intégralement : la vapeur de la respiration, les urines, la transpiration et l’humidité de l’air. Tout est récupéré, nettoyé et réinjecté dans un circuit fermé. Thomas Pesquet sait ô combien elle est précieuse… Tout comme sa famille ! Côme Pesquet, son oncle, à qui il rend visite, possède une exploitation agricole dans le pays de Caux, en Normandie. "Avec mes enfants, dit-il, nous essayons de mettre en place des pratiques qui permettent de moins utiliser de pesticides et de bien utiliser la ressource en eau…" Espérons que ce documentaire participe à faire grandir l’envie de protéger notre planète, afin qu’elle reste aussi jolie vue du sol que du ciel. 

Thomas Pesquet : Objectif France, mardi 25 avril à 2&h10 sur France 2

THOMAS GAETNER 

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