Thierry Ardisson : « Tous les gens que j’aimais interviewer sont morts… »

Publié le 8 mai 2025 à 6:33
Serge ARNAL/PARIS PREMIERE
30 ans après le lancement de son émission-culte Paris Dernière, Thierry Ardisson, "l’homme en noir", redevient le temps d’une soirée le noctambule du Paris underground. C'est ce vendredi 9 mai 2025, à partir de 22h50 sur Paris Première. Interview.

Quel est le programme de cette soirée anniversaire ?

Thierry Ardisson. On a fait deux émissions. Une version 2025 qui reprend les codes traditionnels : les traversées de Paris, les rencontres avec des gens plutôt intellos et des séquences plus festives. Ce numéro s’ouvre avec une brillante interview de Frédéric Taddeï qui a pris ma succession en 1997, on rencontre l’écrivain dramaturge David Foenkinos accompagné du comédien Axel Auriant, on retrouve ensuite Franck Dubosc attablé. Je me rends à une rave party dans un kebab, je discute avec la chanteuse congolaise Tshegue, puis avec des Vixens, ces filles qui dansent dans les clips de rap, avant de clôturer mon périple à Saint Eustache avec l’organiste Baptiste-Floriant Marie-Ouvrard. Dans une deuxième partie, je me suis fait plaisir avec un best of de la dernière saison en 1995, avant que je ne me fasse virer pour avoir réalisé l’émission dans ma cuisine. Huit ans plus tard, je lancerais avec succès 93, Faubourg Saint Honoré. 

Cette version 2025 est plus sage que celle que vous réalisiez il y a 30 ans. Craignez-vous les ligues de vertu ? 

Dans cette édition 2025, au lieu de finir dans un club libertin comme en 1995, l’émission s’achève à l’église Saint Eustache. C’est ma façon de dire que l’époque a changé.

Dans votre prochain livre L’Homme en Noir (Ed Plon) disponible le 7 mai, vous mettez en scène votre propre mort…

Oui, je suis assassiné sur mon plateau et là défilent tous les personnages de ma vie : mes parents, Jésus Christ, Marie-Antoinette, Karl Lagerfeld, Johnny Hallyday, Bolloré etc… C’est un talk-show déjanté et émouvant.

Vous ne faites plus d’antenne, pourquoi ?

Tous les gens que j’aimais interviewer sont morts, les Américains ne viennent plus et puis on ne peut plus rien dire. La moindre phrase malheureuse devient polémique et enflamme les réseaux sociaux. Si je me mets en retrait, je ne suis pas en retraite. Je produis avec Jérôme Revon pour France Télévisions, La Nuit de la Paix et L’Âge d’or du clip avec Philippe Thuillier. Je travaille aussi avec Endemol sur un Championnat de France de Blind Test pour France Télévisions. Tant que je ressentirai la même excitation à créer, je continuerai.

Par
Hacène Chouchaoui