The Voice Kids – Slimane : « Croiser ces enfants répare certaines écorchures de mon passé »

Publié le 31 août 2024 à 8:33
Philippe Leroux / Bureau233
INTERVIEW. Le chanteur franco-algérien prend, pour la deuxième fois, la place de juré, à l’occasion du dixième anniversaire du télé-crochet version kids, et continue de mettre sa sensibilité au service des jeunes Talents. 

Pourquoi êtes-vous de nouveau coach cette saison ? 

Slimane : Pour transmettre l’amour de la musique et la liberté aux candidats qui se présentent à nous, ainsi qu’au public et aux téléspectateurs. À partir du moment où un artiste, même enfant, a appris à être libre, il a tout gagné. 

Que vous apportent ces jeunes ? 

À chaque fois que je suis devant un candidat, j’ai la sensation de me retrouver face à mon enfant intérieur. C’est peut-être de la psychologie de comptoir, mais il y a quelque chose de l’ordre de l’effet « miroir ». Je me revois, gamin, rêvant de devenir chanteur. Croiser ces enfants répare certaines écorchures de mon passé. Ils me font beaucoup de bien. Quand je les entends chanter, évoquer leurs racines, être fiers de qui ils ou elles sont, parler d’inclusion… ça me touche beaucoup. Ce sont eux le futur, et s’il ressemble à ces jeunes, ça apaise un peu. 

Entre la saison précédente et celle-ci, avez-vous observé une évolution particulière dans les prestations des jeunes artistes ? 

Le choix des chansons est très éclectique. Mais, au-delà de ça, j’ai noté une singularité dans la façon de les interpréter. Grâce à ce genre d’émission, les enfants connaissent tôt les grands classiques français et, de plus en plus, ils se donnent le droit, même très jeunes, de les revisiter. Ils ont déjà leur style, leur histoire et leur propre façon de la raconter. 

Trouvez-vous toujours les mots justes pour attirer un candidat dans votre équipe ? 

Oui, mais parfois il y a des connexions inexplicables. À certains moments, il n’y a même pas besoin de parler. Et quand on assiste à ce type de rencontre, il semblerait indécent d’essayer de rompre le lien qui est en train de se créer entre un Talent et un autre coach. C’est une question de respect, et ça a été souvent le cas cette saison. 

Lara Fabian reconnaît être parfois submergée par ses émotions et se mettre à pleurer comme une Madeleine. Il semblerait que vous ayez la larme facile également… 

À ce niveau-là, « nous sommes deux soeurs jumelles… » (il entonne le refrain de La Chanson des jumelles dans Les Demoiselles de Rochefort, ndlr) (Rires)

Si vous aviez participé à The Voice Kids plus jeune, quel coach auriez-vous choisi ? 

Patrick Fiori. Il est trop fort ! L’enfant que j’étais avait besoin d’être rassuré, et il inspire cela, une force tranquille. 

Accepteriez-vous que votre fille participe à un tel programme ? 

Je me suis promis de ne jamais l’empêcher de faire ce qu’elle aura envie d’accomplir. Il vaut mieux accompagner, comprendre, plutôt que de s’opposer aux rêves des enfants. Quoi qu’il en soit, quand les parents résistent, ils trouvent toujours d’autres chemins pour arriver à leurs fins. 

Votre classement à la quatrième place de l’Eurovision, à la suite de votre performance remarquée, bénéficiera-t-elle aux audiences de The Voice Kids ? 

Je ne sais pas. Mais, si cette exposition exceptionnelle doit servir à quelque chose, et met davantage en lumière l’émission et les jeunes artistes français, j’en serai très heureux. 

The voice kids, tous les samedis à 21h10 sur TF1

Par
Adeline Quittot