Vous vous êtes rencontrés pour la première fois dans ce Taratata, où vous reprenez Requiem pour un con. Pourquoi cette chanson ?
Zucchero : Nous voulions rendre hommage à Gainsbourg, et il nous fallait quelque chose d’un peu rock, d’un peu blues. Moi, j’ai connu Serge avec Je t’aime… moi non plus. J’avais 17 ans. J’étais en pleine tempête hormonale… Ce n’était pas le plus bel homme de la Terre, mais c’était un personnage. Je le voyais en compagnie des plus belles femmes : Brigitte Bardot, Jane Birkin… Et moi, je me demandais : « Mais comment il fait ? » Si ce n’était pas avec sa beauté extérieure, c’était forcément grâce à la poésie. Je me suis dit : « Hé… Vas-y ! Deviens un poète ! »
Savez-vous quel est le premier instrument qu’a maîtrisé Claudio avant de chanter ?
Zucchero : L’accordéon.
Et vous, Claudio, savez-vous quel fut le premier instrument de Zucchero ?
Claudio : La guitare ?
Zucchero : Eh non ! Je jouais du saxophone ténor (Il mime avec les mains, ndlr).
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Claudio, que représente Zucchero dans l’imaginaire d’un Français qui a des racines italiennes ?
Claudio : Un grand monsieur. Avec plus de 60 millions d’albums vendus dans le monde, il n’a jamais pris le melon ! Pourtant, il aurait pu. Je suis intimidé quand je le vois, mais, en même temps, tout se passe très simplement, avec lui.
Petit, vous chantiez ses morceaux à la maison ?
Claudio : Bien sûr. On avait partout des cassettes audio de Zucchero. Dans la Fiat Tempra, on l’écoutait en boucle, tout le temps ! Alors ça me fait quelque chose de le rencontrer, d’échanger, de pouvoir chanter avec lui, aujourd’hui. C’est bon, je peux mourir, maintenant !
Zucchero, beaucoup de jeunes chanteurs doivent se réclamer de vous. Comment avez-vous entendu parler de Claudio ?
Zucchero : Sa maison de disques m’a envoyé sa reprise de Senza una Donna (qui figure sur l’album Penso a te). J’étais heureux que l’on ressuscite cette chanson, qui a maintenant plus de trente ans. Il l’a mise au goût du jour, en gardant le bon feeling.
Claudio, auriez-vous imaginé, un jour, chanter avec Zucchero cette reprise ? Avouez-le, vous l’avez fait pour ça…
Claudio : Jamais de la vie ! C’était impensable. D’ailleurs, en venant, je me disais, dans le taxi : « Je rêve. Je ne suis pas vraiment là. Il se passe quelque chose d’étrange. Je vais réaliser ce soir, en rentrant chez moi. »
Qu’est-ce qui fait qu’autant de chanteurs italiens ont ce truc rocailleux dans la gorge ?
Zucchero : En réalité, dans le registre classique italien, ces voix rocailleuses ne sont pas si fréquentes. Normalement, en Italie, on privilégie plutôt une voix bianca, plus propre, plus mélodieuse, plus lisse. Nous sommes deux exceptions.
Claudio, le disque préféré de Zucchero, c’est Mad Dogs and Englishmen, un album live de Joe Cocker. Et vous ?
Claudio : Un seul ? Dur ! Allez, j’ai commencé en écoutant du rock metal, donc Toxicity, du groupe System of a Down.
Taratata 100 % Live : samedi 10 avril à 21h05 sur France 2
Interview Frédérick Rapilly