Lors de la précédente saison, nous avions laissé Léa sur une demande en mariage de Paul (Stéphane Blancafort). Le billet de sa réponse ayant été dérobé par une main mystérieuse, dans quel état d’esprit aborde-t-elle ces nouvelles enquêtes ?
Astrid Veillon : Léa ne sait pas que sa lettre a été détournée, donc elle est dans l’attente d’une réaction de Paul… Laquelle, bien sûr, ne vient pas. Elle est désemparée et prisonnière de cette situation. Elle culpabilise même d’avoir tenté de le reconquérir, alors qu’il était en couple avec le lieutenant Inès Zaïdi (Baya Rehaz, ndlr). Par ailleurs, Inès manigance pour isoler Léa de ses proches. Or, Léa a besoin de sa tribu, de ses enfants, mais aussi de son père et de son ex, avec lesquels elle travaille.
Auriez-vous eu, à sa place, la même attitude ?
Léa est à l’opposé de ce que je suis. Moi, je n’aime pas laisser pourrir les situations. J’aurais pris le taureau par les cornes, rué dans les brancards et défoncé tout le monde. J’aurais attrapé Paul et Inès pour avoir une explication franche, directe et honnête.
Pourquoi Léa ne le fait-elle pas, selon vous ?
Parce qu’elle a sa dignité et qu’elle ne veut pas passer pour une femme jalouse. Elle compte aussi sur le bon sens de son ex. Elle pense qu’il va se rendre compte par lui-même des intrigues d’Inès.
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Dans cette saison, elle semble moins sûre d’elle. Serait-elle devenue plus vulnérable ?
Oui, Léa fend l’armure, et c’est l’idée de jouer ce désarroi qui m’a séduite dans cette nouvelle saison. Au début de la série, Léa apparaissait comme une femme froide et autoritaire. Cette fois, on la découvre fragile et vulnérable. Son personnage évolue, et heureusement, car le public aurait fini par se lasser de son caractère puissant et dominateur.
Êtes-vous fascinée par l’autorité que confère ce personnage de commandant ?
J’étais déjà lieutenant de police dans la série Groupe nuit, au côté du regretté Jacques Perrin, puis commissaire dans Quai n°1. Non, je ne fantasme pas sur la profession. Je dois même dire que ça me saoule de jouer les flics ! J’ai accepté ce rôle dans Tandem parce que le scénario me paraissait inédit. On n’avait jamais vu deux ex-conjoints travailler ensemble. Ça offrait des perspectives…
Franck Marvaud, le médecin légiste (François-Dominique Blin) semble en pincer pour Léa. Y sera-t-elle sensible ?
Je ne peux rien vous dire encore. Vous le saurez lors de la prochaine saison, que l’on va tourner en juin.
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Vous verra-t-on bientôt dans un autre rôle ?
Je planche avec deux auteurs sur une mini-série qui prend le contrepied de tout ce que j’ai pu jouer jusqu’à présent.
Allez-vous revenir au théâtre ?
Je termine l’écriture de la suite de ma pièce La Salle de bain, créée en 2003. Si la première abordait la crise de la trentaine, vingt ans après j’aborderai la cinquantaine et ses problèmes : divorce, lassitude, ménopause, chirurgie, Tinder, etc. Derrière le rire se pose, en filigrane, cette question : la femme d’aujourd’hui est-elle plus heureuse que celle d’hier ?
Tandem : tous les mardis à 21h10 sur France 3
Interview Hacène Chouchaoui