"Je suis surprise du choix fait par les producteurs. C’est une douleur inutile infligée aux victimes qui, pour certaines, ne se sont toujours pas fait connaître ou qui sont engagées dans un long processus de réparations", déclare la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France dans Libération ce vendredi 12 janvier 2024. Et pour cause : le couvent catholique de Corbara, où la nouvelle émission de C8 Bienvenue au monastère a été tournée, est l’un des plus décriés de France.
Deux accompagnants spirituels ont été choisis pour guider les célébrités Delphine Wespiser, Fabienne Carat, Paul El Kharrat, Simon Castaldi, Clara Morgane et Jean-Marc Généreux dans le programme de C8. La première est soeur Catherine Thiercelin, membre de la communauté Béatitudes et Baudouin Ardillier, membre de la congrégation de Saint-Jean, à laquelle est rattachée le couvent de Corbara. Ces commaunautés conservatrices ont été, ces dernières décennies, "les épicentres de graves dérives sectaires et de violences sexuelles", rapportent nos confrères. "J’en ai été malade pendant huit jours. Je redoute que cela donne envie à des jeunes de rejoindre ces communautés", témoigne une ancienne membre des Béatitudes, Sylvaine Coquempot, en apprenant qu’un programme de C8 avait été tourné là-bas. Cette femme "se bat pour que la communauté reconnaisse le suicide de sa sœur Cathy, transformé en enlèvement mystique par les responsables"… Encore à ce jour, les Béatitudes refusent d’adhérer "aux commissions mises en place par l’Eglise catholique en France pour reconnaître et indemniser les victimes".
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"Comment peut-on faire la publicité pour une communauté qui a connu de telles déviances ? Comment Saint-Jean ne se pose pas la question ? C’est une preuve que, pour eux, il n’y a pas de problème", dénonce la victime de deux religieux de Saint-Jean dont le combat pour obtenir des réparations est particulièrement ardu. D’ailleurs, le couvent de Corbara abrite actuellement un religieux qui, deux mois avant le tournage lancé en mars 2023, a été "condamné par le tribunal ecclésiastique de Paris (…) pour des agressions sexuelles commises, entre 2010 et 2014, à l’encontre de deux femmes qu’il accompagnait spirituellement". Il lui est "interdit de confesser, de célébrer la messe en public ou de fréquenter des communautés féminines pendant dix ans, une peine très lourde dans le catholicisme". La productrice Chantal Barry affirme qu’elle ignorait cette affaire, et qu’un autre lieu de tournage sera choisi si une saison 2 voit le jour. Mais en janvier 203, des rapports ont dénoncé "les très graves dérives théologiques et sexuelles" du fondateur de Saint-Jean. En juin dernier, un rapport interne de la congrégation a recensé "une quarantaine de prédateurs sexuels dans ses rangs. Un record pour une institution religieuse d’à peine cinquante d’ans d’existence".