Stéphanie Le Quellec : « Top Chef m’a bien fait gagner dix ans de carrière »

Publié le 20 mars 2024 à 10:33
PIERRE OLIVIER / M6
Celle qui avait remporté la deuxième édition du programme, en 2011, et avait souvent participé au concours en tant que cheffe invitée, rejoint cette quinzième saison comme jurée.

Avec Hélène Darroze et Dominique Crenn, vous êtes à la tête de la brigade orange. On vous sent heureuse dans ce nouveau rôle… 

Stéphanie Le Quellec : C’est vrai, je me suis sentie en famille. Top Chef fait partie intégrante de mon histoire. Il m’a fait connaître du grand public et j’ai grandi en continuant à y faire des apparitions régulières. Quand on m’a exposé le concept de la saison 15 (six jurés aux quinze étoiles, ndlr), je n’ai pas mis longtemps à accepter l’invitation. C’était fabuleux. 

De tous les chefs du jury, vous êtes la seule à avoir participé au concours. Cela a-t-il été un plus ? 

C’était mon atout, cette année ! J’ai été à la place des candidats et je sais dans quel état physique et mental ils peuvent parfois se trouver. Dans Top Chef, on perd ses repères. On a beau être très bon cuisinier, ça ne suffit pas. Il faut savoir s’adapter à toutes les situations et au profil du chef qui vous lance un défi et va déguster votre plat… En cela, ma double casquette de cheffe et d’ex-candidate a été utile. 

Justement, quelles sont les qualités que vous avez recherchées chez les participants ? 

Pour moi, il faut un certain état d’esprit et une personnalité marquée. J’aime les cuisiniers curieux, humbles et passionnés. J’aime les candidats qui sont là pour les bonnes raisons, c’est-à-dire pour exceller, se dépasser, mais pas pour faire le show. Notre travail a aussi consisté à révéler le propos culinaire pas encore très affirmé chez certains. 

Les candidats sont-ils différents de ceux de votre promo de 2011 ? 

Oui. La mécanique est très différente et la pression plus forte, car le concours est devenu une institution. L’engouement médiatique ainsi que le regard des gens du métier sont plus forts. Comment ne pas être sous pression quand on sait que des chefs de renommée internationale vont goûter vos plats ? C’est une merveilleuse opportunité, mais il faut vraiment assurer. On a affaire à une génération très intéressante, qui a les bonnes valeurs et la bonne façon de réfléchir. Avec plus de naturel, ils ont su s’affranchir des codes des générations précédentes. Il y a un bel état d’esprit. Ils sont là pour gagner, mais pas à tout prix. 

Cette émission est-elle un accélérateur de carrière ? 

Clairement, je ne peux pas vous dire le contraire. J’ai toujours beaucoup travaillé, avec passion et abnégation, mais je pense que Top Chef m’a bien fait gagner dix ans de carrière. J’ai remporté le concours à 28 ans. À 30 ans, j’étais cheffe d’un palace et je décrochais ma première étoile au Guide Michelin, puis j’obtenais ma deuxième étoile, six ans plus tard. Mais, attention à ne pas se laisser griser par les feux de la rampe ! Top Chef doit être le début d’une histoire, un tremplin, mais surtout pas la piste d’atterrissage. 

Avec du recul, qu’est-ce que le concours vous a appris sur vous ? 

Top Chef m’a désinhibée. Je suis une ancienne timide, qui parlait rarement, avait peu d’amis. J’étais repliée sur moi-même. Le concours et cette mise en lumière ont bousculé la personne que j’étais et m’ont permis de me découvrir, de réaliser que s’ouvrir au monde n’était pas si mal. Et que l’on pouvait être crédible ailleurs que dans une cuisine ! Cela a changé ma vie. 

Top chef, tous les mercredis à 21h10 sur M6

Par
Adeline Quittot