Serge Lama fête ses 60 ans de carrière sur France 2 : « Je ne pouvais pas dire non à ce bel hommage »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:23
Christophe Clovis-Cyril Moreau / Bestimage
INTERVIEW. Deux ans après ses adieux à la scène, Serge Lama est à l’honneur de cette émission émouvante, qui célèbre ses 60 ans de carrière. 

Il paraît que vous aviez une trouille bleue, une semaine avant le tournage… Vous confirmez ? 

Serge Lama : Oui, c’est vrai. Je ne savais pas combien de temps j’allais voir défiler les archives, les invités… Quatre heures, au final (de tournage, ndlr) ! Mais je ne pouvais pas dire non à ce bel hommage. Et la vague d’émotion, elle arrive, elle arrive, elle arrive ! Ce sont des coups de massue sur la tête. 

Avec une grande humilité, vous semblez ému par les prestations des invités qui interprètent vos titres, comme si vous les découvriez pour la première fois… 

Vous savez, quand un artiste reprend une chanson, il la recrée. Quand Cabrel interprète La chanteuse a 20 ans à sa façon, c’est formidable. Je me dis : « Mais oui ! elle pourrait aussi ressembler à ça ! » Chacun a mis sa personnalité sur mes mots. Et tout était émouvant… 

Saviez-vous à quel point vous aviez marqué la vie et la carrière de ces artistes ? 

Je savais que Patrick Bruel m’aimait beaucoup. Tout jeune, il venait me voir chanter, en cachette, au Palais des congrès de Paris. Celui que je connais le mieux, c’est Francis Cabrel, parce que nous avons travaillé ensemble sur un disque. On a passé des moments à la maison. C’est quelqu’un qui parle peu, mais qui est très drôle. C’est difficile d’exprimer ce que j’ai éprouvé face à ces êtres aux carrières merveilleuses : c’est touchant au plus haut point. 

Qu’avez-vous ressenti à la fin du tournage ? 

L’exaltation a duré toute la soirée et une partie de la nuit. C’est le lendemain que le coup de barre arrive ! Un vide que je connais très bien. C’est comme à la fin de chaque tournée… On s’habitue, parce qu’on n’a pas le choix. Une fois les lumières éteintes, est-ce qu’on se dit « J’ai compté » ? On se dit : « J’existe, puisque j’ai compté. J’existe, parce que je n’ai pas fait tout ça pour rien. J’existe, parce que mes pairs me l’ont dit avec affection, tendresse, et respect ». Ça vous réconcilie avec l’humanité, si tant est qu’il le faille. 

Dans votre dernier album, Poètes, qui sort le 21 novembre, vous déclamez les plus beaux poèmes de la littérature. C’est un vieux rêve que vous réalisez ? 

Oui, c’est une chose que j’avais en tête depuis trente ou quarante ans, mais je manquais de temps, entre les albums et les tournées. J’ai beaucoup travaillé pour décortiquer les poèmes, pour découper les vers, pour que ça « sonne ». Puis, Augustin Charnet, pianiste et compositeur, les a enveloppés de musiques sublimes. 

Vous dites : « La poésie m’a sauvé de tout. » Comment ? 

J’ai commencé à lire des poèmes très tôt. À 11 ans, je dévorais Baudelaire. Après mon accident de voiture, en août 1965 (dans lequel sa fiancée, Liliane Benelli, et Jean-Claude Ghrenassia, le régisseur de la tournée et frère d’Enrico Macias, ont perdu la vie, ndlr), la poésie m’a apporté du calme, de la sérénité, des émotions qui font croire aux miracles. Et ce fut un miracle que je sorte vivant de ce drame, qui a marqué ma vie à jamais.   

Serge Lama, le dernier rappel, vendredi 21 novembre à 21h10 sur France 3

Par
Amandine Scherer