Pékin Express – Stéphane Rotenberg : « Si l’on n’accepte pas de montrer à la France entière que l’on galère, c’est violent »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:54
PATRICK ROBERT / M6
Alors que la saison 18 est lancée, l’animateur de l’émission nous raconte les coulisses d’une course placée sous le signe de la bonne humeur.

Cette nouvelle édition a bien démarré, en termes d’audience. Est-ce que vous arrivez à expliquer la fidélité des téléspectateurs ? 

Stéphane Rotenberg : Dans un océan de concurrence, notre avantage, c’est que le public connaît la marque. Notre historique nous aide. C’est un programme qui a été suivi par plusieurs générations. Certains candidats d’aujourd’hui me disent : « Je vous regardais quand j’étais petit ! » Ce qui ne me fait pas forcément plaisir, dans l’absolu ! (Rires) Les gens ont un rapport très bienveillant à Pékin Express, c’est un peu une madeleine de Proust… 

Après l’Amérique du Sud, c’est l’Asie du Sud-Est qui est mise en lumière. Un endroit du monde que vous aviez déjà exploré par le passé… 

Oui, mais nous n’étions pas retournés à Bali depuis 2009. Nous avions également déjà tourné en Malaisie, mais dans la partie insulaire. Kuala Lumpur, c’est une découverte totale ! Et depuis notre dernier passage, il y a quinze ans, le Vietnam a beaucoup changé. À chaque fois, il suffit de faire un pas de côté, quelques centaines de kilomètres, pour nous retrouver sur des sites inconnus. 

Est-ce que la destination choisie change et a un impact sur l’aventure des candidats ? 

Énormément ! L’incompréhension fait partie du sel de Pékin Express, cette difficulté à créer du lien, parce que l’on a du mal à se faire comprendre. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que nous ne sommes jamais partis dans les régions francophones du monde, comme l’Afrique de l’Ouest, du Nord, ou encore la Polynésie. Sans compter que les codes sociaux sont souvent très éloignés des nôtres. En Asie, par exemple, quand les candidats se jettent dans les bras de leurs hôtes, souvent, on voit les gens se raidir, parce que ça ne se fait pas du tout. Provoquer l’empathie, qui est la clé de cette émission, devient beaucoup plus dur que dans d’autres endroits. 

Quel regard portez-vous sur les binômes de cette saison ? 

Nous sommes allés chercher des anti-héros, des gens qui ne sont pas vraiment taillés pour la compétition sur le papier, et nous avons misé sur l’autodérision. On voulait qu’ils soient capables de rire de leurs difficultés, voire de leurs incompétences, parce que c’est un programme où ils peuvent se retrouver dans des situations difficiles et, parfois, ridicules. Si l’on n’accepte pas de montrer à la France entière que l’on n’y arrive pas ou que l’on galère, c’est violent. 

Top chef, l’autre émission que vous présentez, sur M6, revient très prochainement. Et cette saison s’annonce événementielle… 

Oui, il s’agissait de marquer le coup, pour les 15 ans du programme. Nous avons voulu augmenter la taille du jury, mais aussi le nombre d’étoiles au Guide Michelin, pour atteindre, bien sûr, les 15 étoiles ! Nous avons donc recruté deux nouvelles cheffes, Stéphanie Le Quellec et Dominique Crenn, pour rejoindre Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Paul Pairet et Glenn Viel. Les six s’affronteront autour de deux brigades. Et le match sera arbitré en cours de saison par l’une des légendes vivantes de ce métier : Pierre Gagnaire. Ça promet…   

Pékin Express, tous les jeudis à 21h10 sur M6

Par
Amandine Scherer