Après des mois d’attente, le grand jour est enfin arrivé pour d’Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard. C’est ce jeudi 4 mai que le duo, qui a fait le bonheur des inconditionnels Des chiffres et des lettres, avait rendez-vous aux Prud’hommes pour faire face à France Télévisions. Remerciés par France 3 après, respectivement, 47 et 36 ans de CDDU (contrats à durée déterminée d’usage), ils espéraient tous deux que soit reconnu le préjudice subi face à leur départ "contraint et forcé".
Mais la déception a été grande, comme le rapporte Le Parisien/Aujourd’hui en France. "Après quelques minutes de négociations tendues entre les avocats des deux parties et la présidente du conseil, l’audience a été renvoyée au 26 janvier 2024", écrivent ainsi nos confrères qui ont pu recueillir la première réaction des principaux intéressés. "Nous ne nous attendions pas du tout à cela", ont-ils regretté "dépités". Une déception d’autant plus grande que la prochaine audience aura lieu bien plus tard qu’ils ne l’imaginaient.
Ils veulent "tourner la page"
Leur avocate, qui n’a pas pu préparer correctement ce premier rendez-vous devant les Prud’hommes car elle n’a reçu l’argumentaire de quarante pages de France Télévisions que deux jours plus tôt, "espérait un renvoi au 29 juin prochain". A cette date-là, elle accompagnera en effet Emmanuel Journel qui a été écarté de l’émission Des chiffres et des lettres alors qu’il était un des réalisateurs du jeu depuis dix-huit ans. Et lui aussi était en CDDU pendant toutes ces années.
"Cette nouvelle date est pitoyable. Et ce délai laisse à France Télévisions le loisir de laisser moisir la situation, comme ils le font depuis le mois d’août 2022 où nous discutons en vain", a dénoncé Me Juliette Mascart auprès de nos confrères. Pour Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard, la pilule est d’autant plus dure à avaler qu’ils affirment ne "pas avoir été payés depuis le mois de juin 2022". "Et puisque nous sommes éligibles à la retraite, il n’y a pas de possibilité de toucher l’assurance chômage", ont assuré ceux qui demandent 530 000 euros chacun dont 135 000 d’indemnité conventionnelle et 200 000 de dommages et intérêts.
"Je dis tout le temps que je vais bien mais, malgré tout, j’ai comme par hasard des problèmes somatiques. (…) on en a un peu marre car nous n’avons rien fait de mal. Nous sommes punis pour rien", a confié Arielle Boulin-Prat.
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Clara Kolodny