Vous aviez déjà participé à N’oubliez pas les paroles par le passé. Quel était votre état d’esprit à l’époque ?
Honorine : À l’époque, quand ils m’ont rappelée, parce que j’avais passé une première fois le casting en 2018, je n’avais pas été prise, et donc ils m’ont relancée alors que j’avais complètement laissé tomber l’idée. J’avais pas été prise mais j’ai tourné la page et ils m’ont rappelé plusieurs fois avant que je ne finisse par dire ‘oui’ en 2021. Ils m’ont proposé de passer le casting par téléphone et par visio. Et donc, je me suis dit : ‘Je n’ai pas besoin de me déplacer, alors pourquoi pas ?’. J’ai donc accepté en me disant que je n’avais rien à perdre. Je me suis trouvée tout aussi mauvaise qu’en 2018 (rires), donc je me suis dit que je serais pas prise. Et contre toute attente, ils m’ont prise ! Du coup, là, ils m’ont dit : ‘Il va falloir travailler maintenant’. Et je me suis dit que oui, effectivement, il le fallait et vite (rires). J’avoue avoir commencé sans aucune méthode, en connaissant à peine l’émission parce que je ne la regardais pas à l’époque.
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Vous aviez donc participé à l’émission sans vraiment la connaître ?
Pour tout vous dire, c’était l’époque de Caroline, la troisième meilleure maestro, et je ne savais même pas qu’il y avait deux émissions par jour (rires). Donc j’étais mauvaise, je n’étais pas du tout préparée. J’ai commencé à regarder un peu et à travailler n’importe comment, c’est à dire vraiment sans méthode. Et quand je suis enfin arrivée sur le plateau deux mois plus tard, j’avais dans les pattes deux mois de travail, mais sans méthode et en connaissant mal l’émission, donc ce n’était pas terrible. Je n’avais pas été ridicule non plus puisque j’ai quand même marqué les 60 points mais ça n’avait pas été assez.
Mais alors pourquoi avoir voulu participer à N’oubliez pas les paroles si vous ne la connaissiez pas ?
Alors, là, pour le coup, c’est vraiment les proches qui m’ont dit : ‘Ah bah ça serait rigolo que tu te présentes à ça, tu chantes, tu connais les paroles’. J’avais toujours eu des groupes depuis mes 19 ans et j’ai des musiques avec lesquelles je chante pour l’amusement donc je me suis dit : ‘Pourquoi pas’. Le tout en ne connaissant que très peu l’idée et puis sans espoir d’être prise. Je voyais ça vraiment comme une expérience en disant : ‘Tiens, ça va me faire vivre un truc’ (rires).
Qu’avez-vous fait de plus que la première fois pour revenir plus forte lors de cette nouvelle participation ?
Ce n’était pas difficile de faire mieux (rires) parce que vraiment, là, pour le coup, je me suis plongée dans toutes les émissions, je les ai toutes regardées, j’ai envoyé des messages aux maestros. J’ai été un peu coachée par Sandra, elle habite sur le bassin d’Arcachon et elle m’a guidée en me donnant tous les trois jours 3 à 5 nouvelles chansons. Elle m’a un peu rythmée comme ça au début. J’avais l’impression de préparer un concours (rires). J’étais vraiment méthodique, j’ai travaillé tous les jours, je regardais les émissions tous les jours. Je me suis dit : ‘Là, je veux y aller, mais cette fois-ci, je veux gagner’. Donc je n’ai rien lâché, en mode préparation à un examen.
Combien de chansons avez-vous apprises en tout ?
C’est hyper difficile de quantifier, de savoir le chiffre précis. Parce que si vous voulez, il y a les chansons que j’ai apprises par cœur, par cœur, en mode ‘même chanson’. Donc là, il y en a à peu près 500. Ensuite, il y a toute une catégorie que je connais un peu moins que les ‘mêmes chansons’ parce que je ne suis pas capable de les dérouler de A à Z, mais que je connais très très bien quand même. Et là, il y en a à peu près 250. C’est pour ça que j’ai dit à Nagui que je connaissais 750 chansons pas coeur. Et ensuite, il y a tout un tas d’autres chansons que je n’ai pas travaillées, au sens papier, karaoké et compagnie, mais que j’ai beaucoup écoutées. Et là, c’est une playlist de 600 titres. C’est en janvier 2022 que j’ai commencé tous les jours à travailler et j’ai passé le casting en novembre 2023.
Quelles ont été vos techniques de révisions ?
La mémoire principale que j’ai, c’est celle auditive. J’ai à 80 à 70 % plutôt écouté les chansons, mais ça ne suffit pas parce qu’il y a plein d’erreurs qu’on ne voit pas quand on ne fait qu’écouter. Il y a aussi eu beaucoup de lectures des paroles et il y en a certaines que j’ai écrites mais pas beaucoup. Donc j’ai un peu fait les trois méthodes, mais dans des proportions différentes, et j’avais un carnet où je notais mes fautes aussi, les pièges et j’ai fait beaucoup de karaoké.
Quels étaient vos objectifs en revenant dans le jeu musical de France 2 ?
Mon premier objectif était de devenir maestro, donc remporter au moins une victoire (rires). Ça, c’était vraiment la première étape. Puis, le deuxième niveau, c’est que je voulais pouvoir revenir parce que comme je l’ai dit à mes proches et c’est vrai, l’argent n’était pas mon premier moteur. C’est le plaisir en fait de chanter, d’être sur scène, de faire l’imbécile comme je le fais régulièrement dans les émissions. Mon véritable objectif était de pouvoir rentrer dans les préliminaires pour avoir une chance donc de pouvoir revenir chanter.
Comment avez-vous vécu cette aventure ?
J’ai vécu ça avec un maximum de plaisir. J’étais sur un nuage et d’ailleurs j’en veux pour preuve que je suis très gourmande habituellement. Je mange pas mal et jai un bon coup de fourchette (rires), mais franchement, pendant les tournages, j’étais tellement comblée, heureuse, épanouie que je mangeais très très peu et ça ne m’arrive vraiment pas souvent. Ça me nourrissait (rires). Je pense que j’ai pris mon pied sur scène malgré la fatigue que j’ai parfois pu ressentir.
Ça avait l’air de se passer vraiment bien avec Nagui sur le plateau, non ?
C’était bon enfant ! J’ai senti de la complicité, j’ai ressenti une vraie fluidité dans les échanges. J’étais ravie aussi qu’il réagisse à mes vannes et je lui ai d’ailleurs tendu pas mal de perches (rires). Il les saisissait immédiatement, c’était vraiment très fluide et ça, ce n’est pas le cas avec tout le monde. Donc il a cette cette vivacité intellectuelle que j’ai trouvée brillante et ça a été un vrai bonheur d’échanger avec lui, surtout que l’on se vannait mutuellement, on se renvoyait la balle. C’était vraiment un gros gros plaisir ça aussi.
Lors de votre participation, avez-vous contacté d’anciens Maestros, autres que Sandra ?
J’ai contacté celle que je considère peu comme mon héroïne (rires) puisque c’est avec elle que j’ai démarré mes révisions, en tout cas, le visionnage de l’émission : Caroline, donc la numéro trois qui, à l’époque, était encore numéro deux. Elle m’a volontiers répondu et je l’ai pas mal sollicitée. Ensuite, il y avait Jocelyne que j’ai contactée parce que c’est une des rares qui est en Gironde où j’habite. J’avais adoré son côté solaire, je la trouvais géniale et elle, aussi, m’a tout de suite répondu. Elle m’a rapidement proposé de me prêter ses classeurs. Puis, bien plus tard, j’ai aussi contacté Charlotte et Laurène.
Avec-vous lu ce qui se disait à votre sujet sur les réseaux sociaux ?
Non pas du tout. On m’a déconseillé de le faire déjà et puis parce que je suis sûre qu’il y a plein de méchantes personnes… En revanche, je lis les commentaires positifs que les gens m’écrivent à moi ou sur ma page ou sur mon adresse mail et ça, ça fait plaisir.
Que représentait pour vous votre entrée dans les Masters ?
C’est déjà la récompense du travail fourni, et puis la possibilité de pouvoir revenir. C’était ça mon moteur principal. Et ensuite, comme je le disais c’était la possibilité de voir les Maestros des Masters en vrai, de discuter avec eux et d’échanger avec ceux que j’ai regardés, que j’admirais et qui m’ont inspirée. C’est vraiment un plaisir de me dire que je vais pouvoir revenir. Bien sûr, j’aurais aimé me mettre plus à l’abri dans le classement. J’aurais bien voulu grappiller deux, trois, quatre, cinq, six places de plus pour être certaine de pouvoir revenir les années suivantes… Là, je vais vite être sortie du classement. C’est dommage mais je suis quand même très contente d’avoir eu ne serait-ce que la possibilité d’y entrer.
Qu’est-ce qui vous a causé du tort sur cette seconde partie d’émission ?
Je n’arrivais plus à me concentrer. Je pense que c’est peut-être le fait d’avoir enchaîné les tournages. Je n’ai plus 20 ans non plus (rires), donc peut-être qu’il y en a qui tiennent mieux quand ils sont plus jeunes. J’ai perdu parce que je n’arrivais plus à passer mes paroles par le filtre de la vérification (rires). Et puis, la chanson je la connaissais donc je ne peux même pas accuser le non apprentissage. Sauf que le tournage était juste après le déjeuner, e je pense que j’étais en pleine digestion et que j’avais un peu sommeil. Le manque de concentration a fait que je suis tombée dans un des pièges. Pourtant, je la connaissais et quand je l’avais révisée trois ou quatre jours avant avec Jocelyne qui me faisait passer des karaokés, je n’avais pas fait l’erreur.
Qu’allez-vous faire de vos 175 000 euros de gains ?
Je vais faire des dons aux associations de protection animale. J’ai déjà parlé de la SPA, mais en vrai c’est assez rapide et facile de citer la SPA (rires). Il n’y aura pas que la SPA, il y a plein d’autres assos qui bénéficieront de mon don. Il y a plein de petites assos moins connues qui font un boulot formidable et qui ont vachement besoin d’argent, donc il y en aura pour elles. Et puis, il y a aussi l’aménagement de mon appartement puisque j’ai acheté un appartement. Il faudra aussi que je change ma voiture qui fatigue un peu. J’aimerais aussi aller à Liverpool sur la trace des Beatles. Je vais aussi remercier les trois personnes qui m’ont aidée et m’ont beaucoup fait réviser : Sandra, Nathalie, ma voisine, et Jocelyne. Je vais les récompenser avec un beau cadeau pour tout le temps qu’elles ont pris à mes côté.
Que retenez-vous de cette aventure ?
La réalisation d’un rêve, les échanges fluides et tellement complices avec Nagui. La possibilité d’avoir pu faire deux, trois blagues, des pitreries sur le plateau et de chanter des chansons que j’aime beaucoup. Les émotions aussi, parce qu’il y a eu plusieurs fois dans le parcours où j’ai eu les larmes aux yeux et surtout tout le plaisir que j’ai pris lors de cette aventure.