Vous avez dépassé dans le classement des Masters, plusieurs candidats. Est-ce qu’au fil de vos victoires, c’est quelque chose qui est devenu concret dans votre esprit ?
Coline : Oui, complètement. D’ailleurs, quand je monte dans le classement, la première pensée qui me vient, c’est pas vraiment aux maestros que je dépasse que je pense parce que j’ai l’impression qu’on ne joue pas dans la même cour (rires) mais la question qui me vient à l’esprit c’est : "Comment j’arrive à faire ça ? Qu’est-ce que je fais là ? Ils sont vachement plus forts que moi. Comment j’arrive à les dépasser ?". Du coup, c’est des remarques en me disant : "Oh là là, j’ai quand même vachement de chance parce que je les dépasse alors que je sais qu’ils sont vachement plus forts que moi". C’est plus cette idée-là.
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Vous nous aviez confié, lors d’une précédente interview, votre syndrome de l’imposteur. S’est-il estompé avec votre beau parcours ?
Non, pas vraiment (rires). Il ne s’est pas vraiment estompé. Sur certaines émissions, quand vraiment j’ai réussi à rester hyper concentrée sur des mêmes chansons, aller chercher loin dans ma mémoire des chansons un peu compliquées que je n’avais pas vraiment révisées, là, je me suis dit : "Ah oui, cette fois-là, j’ai été bonne". Il y a forcément des connaissances, c’est vrai, je ne me rends pas forcément compte… Je pense que quand on maîtrise quelque chose, des fois, on ne se rend plus compte qu’on le maîtrise, mais qu’en fait, il y a plein d’autres gens qui ne le maîtrisent pas forcément. Donc, ce syndrome de l’imposteur, il y a un peu des deux (rires). Finalement, peut-être que ça s’est un tout petit peu estompé, il y a certaines émissions qui m’ont rendu fière de moi, parce que ce n’était pas le cas avant la diffusion, mais quand même, je garde ce petit sentiment d’imposture mais je pense que c’est une question qui s’est ancrée dans ma personnalité…
Vous avez continué à regarder N’oubliez pas les paroles tous les soirs pendant votre passage ?
Oui je continue de regarder tous les soirs parce qu’en fait, il y a une espèce d’amnésie post-tournage (rires). J’ai tellement vécu les choses à fond et l’instant présent, j’ai tellement pris de plaisir que je ne me rappelle pas de grand-chose. Je ne me rappelle pas de quelle chanson, de quel match… Alors si, parfois, quand je vois le candidat, en général, je me rappelle à peu près de ce qui s’est passé, mais parfois, je suis surprise par les chansons. Des fois, je pense me tromper sur une chanson et je ne me trompe pas. Il y a quand même une espèce d’amnésie parce que j’étais vraiment là en train d’en profiter. Les émissions où j’étais dans le fauteuil, ça me permet de découvrir aussi comment le candidat a chanté.
Fière d’en être arrivée jusque-là ?
Je ne pensais pas en être capable. Comment je suis arrivée à me concentrer à ce point ? Comment je suis arrivée à maîtriser à ce point mon stress, à chercher les paroles dans ma mémoire ? Typiquement, "La balade des gens heureux", parce que moi, c’est la chose qui m’a le plus marquée, j’adore cette chanson et la première fois que j’ai participé à l’émission, c’est sur cette chanson que j’ai été éliminée. Mon copain m’a toujours dit : "Pourquoi tu bosses cette chanson ? Elle ne retombera jamais". Je lui ai dit : "Non, on ne peut pas être éliminé deux fois sur la même chanson, c’est pas possible" (rires). S’il y en a vraiment une que j’ai bossée, c’est celle-là. En même temps, je me disais : "Si je tombe sur celle-là, la pression de savoir que j’ai été éliminée une première fois dessus… et me faire potentiellement éliminer une deuxième fois dessus, ça serait un comble" (rires). Quand elle est sortie et qu’en plus, le candidat était allé hyper loin, qu’en plus, il semblait vraiment plein de connaissances et super solide, je me suis dit : "La pression, il va falloir arriver à la maîtriser". Et quand je vois que je suis arrivée à le faire, je me dis : "T’as assuré". C’est une petite revanche, on va dire. Il y a des moments où j’ai été fière de moi et je m’en suis étonnée, donc c’est bien (rires).
Vous êtes 15ème au classement des plus grands Maestros et vous finissez avec 272 000 euros de gains. Le bilan est plus que positif, non ?
Bien sûr ! Je me dis : "Je vais pouvoir revenir". Ça, c’est extraordinaire. C’est pareil, je n’aurais pas pensé à un seul instant pouvoir intégrer ces Masters et en plus, être à une position où je me dis que je ne suis pas en danger tant que l’émission existera, c’est incroyable ! J’espère que Nagui continuera encore longtemps cette émission, maintenant, tout repose sur lui (rires). C’est fou parce que je pense que ce qui est difficile aussi pour les candidats qui passent dans cette émission et qui gagnent des sommes, qu’elles soient très importantes, moins importantes, mais quand même extraordinaires au quotidien, c’est de ne pas pouvoir revenir dans le jeu. Pour moi, et au-delà de l’argent, c’est cette pensée-là de pouvoir revenir dans le jeu qui est presque la plus forte au fur et à mesure de la montée dans le classement.
Déçue quand même d’avoir été éliminée ce soir ?
Non pas forcément dans l’immédiat, parce que c’est tellement extraordinaire tout ce que j’ai vécu. Je m’y attendais, je passais chaque émission en me disant : "Ça sera peut-être la dernière". Il y a plein de fois où j’ai eu très chaud, très peur, où je me suis vue partir, où je me suis dit : "Là, c’est foutu". J’ai eu de la chance au fil de mon parcours mais je m’attendais quand même à partir. Donc, non, je ne dirait pas déception même si c’est toujours un petit pincement au cœur parce que c’est quelque chose qui se finit, effectivement. Et puis, il faut retourner dans le quotidien sur autre chose… Mais au final, je suis tellement contente de ce que j’avais vécu. C’était tellement extraordinaire, c’était tellement beau, c’était tellement d’émotion que je ne peux pas dire de la déception, de l’émotion oui, mais pas de la déception.