Les messages de manière générale sur les réseaux sociaux peuvent être violents et parfois davantage quand vous êtes médiatisé. Certains Maestros de N’oubliez pas les paroles en font les frais et ils nous ont souvent confié en interview qu’on leur avait conseillé de ne pas aller voir ce qui se dit à leur sujet ou au moins le temps de leur passage sur France 2. Anthony Pinto, directeur de casting aguerri de l’émission de Nagui nous a expliqué la façon dont son équipe fonctionne pour être là pour les candidats qui seraient attaqués sur Instagram et autres. Est-ce que les candidats sont prévenus en amont qu’ils peuvent être face à des messages virulents ? Sont-ils préparés spécialement à cette hypothèse ? Réponses.
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Comment faites-vous pour protéger les candidats de la violence de certains commentaires sur les réseaux sociaux ?
Anthony Pinto : En tant que dirigeant de casting, c’est d’assurer, pour le dire un peu de manière drôle, le service après-vente. Aujourd’hui, je n’ai pas de formation de psychologue, puisqu’on n’en est pas sur ce degré d’implication, mais par contre, tous les candidats ont mon numéro et peuvent m’appeler à n’importe quel moment de la journée, même le week-end pour en parler. Je vais avoir tendance avec les candidats, en général, à les prévenir que les réseaux sociaux ne sont sont pas la vie quotidienne et qu’il y a des des gens qui oseront dire des choses qu’ils n’oseront pas dire dans la rue à quelqu’un. On a tendance à prévenir et de la malveillance et… de la bienveillance. Vous avez aussi beaucoup de remarques bienveillantes dans ce flot de milliers de messages de gens qui vous disent que vous êtes belle, que vous chantez bien, etc, donc on prévient de tout ça.
Avez-vous dû faire face à des cas de harcèlement de candidats ?
Effectivement, récemment, on a un candidat qui s’est pris vraiment une vague négative… On s’est parlé tous les jours pendant une semaine. Je lui ai dit que moi-même, j’en recevais aussi des messages pas cool parfois. Ça peut aussi rassurer de ne pas se sentir seul. Je peux aussi parfois conseiller d’appeler d’autres candidats pour se soutenir, pour avoir des outils pour se parer à ça. Maintenant je vous rassure, ça n’excède jamais quelques dizaines de messages et bizarrement des mêmes personnes. Il faut aussi prendre beaucoup de distance avec ce qui se voit le plus dans des commentaires de réseaux sociaux. En tout cas, nous, on essaye d’apprendre au candidat cette distance.
"Je passe énormément de temps au téléphone avec les candidats"
Ça se manifeste comment ?
On essaye d’être là pour les écouter, pour les aider. Il y a déjà eu des propos qui pouvaient aller dans le cadre d’une plainte. Donc, on apporte aussi des conseils à la personne dans le cas où elle voudrait porter plainte parce qu’il y a eu des propos homophobes ou grossophobes. On fait très attention. On accompagne le candidat avec des moyens bienveillants, des moyens humains. Et si le candidat veut avoir des conseils qui dépassent ma fonction, je m’entoure d’autres personnes de la production qui pourraient le conseiller. Mais je vous rassure, ça arrive très très peu. Mais c’est vrai qu’on a tendance à voir que ça. Et puis à titre personnel, il y a des gens que je n’aime pas à la télé, dont je ne suis pas fan de tout, mais l’action d’éteindre sa télé, d’allumer son ordinateur, d’aller sur le commentaire et d’aller dire du mal de la personne, je pense que c’est un stage de qui dépasse l’entendement. Est-ce qu’il faut y accorder de l’importance ? Non. Est-ce qu’il faut tout laisser passer ? Non plus. En tout cas, moi, je passe énormément de temps au téléphone avec les candidats pour les accompagner, pour ne pas les laisser seuls, et en quel cas agir si on peut agir. Mais la plupart du temps, ça se passe très bien.