Votre participation remonte à 2016 avec 45 victoires et 361 000 euros. Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis ?
J’ai changé de métier en grande partie grâce à ma participation. J’étais orthophoniste, donc professionnel de santé mais depuis tout petit, je rêve de faire de la scène. Ce parcours-là dans N’oubliez pas les paroles, avec ce que ça implique financièrement ou en termes de visibilité, m’a fait me dire ‘Pourquoi je n’essayerai pas ?’. Je suis aujourd’hui intermittent du spectacle. Je continue à me former, je prends des cours parce qu’on n’en apprend jamais assez et c’est d’ailleurs valable pour n’importe quel métier. Je fais aujourd’hui des prestations plutôt de l’ordre de l’animation musicale mais j’essaye aussi de développer des projets et j’ai notamment sorti mon album.
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Vous êtes-vous servi de vos gains pour lancer ce projet ?
Tout à fait ! Je suis quelqu’un d’assez prudent de base mais ces gains ont été un moyen de financer mes formations et aussi de me dire que le temps que ça démarre, j’ai cette trésorerie de coté. Si pendant un moment, ça ne marche pas bien, ou que je n’ai pas de salaire, je peux subvenir à mes besoins ‘en attendant que’. Tout claquer pour faire autre chose, ce n’est quand même pas si simple et tout faire en même temps ce n’est pas simple non plus. J’avais un métier qui me permettait de me dégager du temps puisque j’étais en libéral et j’ai pu réduire ma dose de travail pour me libérer des moments pour développer le reste.
Comment avez-vous vécu la médiatisation suite à votre participation à N’oubliez pas les paroles ?
C’est quelque chose dont je ne me rendais pas bien compte. Je ne l’ai pas mal vécu car je considère qu’on n’est pas non plus complètement sur le devant de la scène. C’est une petite médiatisation qui est ce qu’elle est et c’est très bien. Ça arrive de temps en temps que je sois reconnu dans la rue et c’est toujours avec bienveillance donc c’est plutôt agréable.
Et sur internet ?
Sur les réseaux sociaux, c’est parfois différent… Des fois, on a besoin de prendre un peu de distance avec ça et de comprendre que c’est l’avis de certaines personnes et surtout, de certaines personnes qui sont derrière un écran. Effectivement, ce double écran, à savoir la télévision plus l’ordinateur, fait qu’il y a quelque chose de très déshumanisant. On a l’impression que les gens ne sont pas conscients qu’on est des humains derrière… Parfois, on lit des choses qui pourraient vraiment être blessantes si on ne prenait pas de recul et de toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde (rires) ! Qu’on le veuille ou non, on renvoie une certaine image. Des fois, elle ne me plaît pas mais aujourd’hui, j’essaie d’être moi-même et de vivre les choses pour moi avec passion et plaisir et si ça touche certaines personnes, j’en suis content.
Votre carrière a pris un nouveau tournant avec la sortie de votre album. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce rêve qui se réalise ?
J’ai évidemment pu financer ce rêve grâce à mes gains de N’oubliez pas les paroles puisque c’est beaucoup d’investissement. Pour le moment, je développe ça en indépendant et j’ai la chance d’être extrêmement bien entouré artistiquement puisque j’ai des amis, dont Dorian Bedel notamment qui a écrit la majorité de l’album et qui a lui aussi été Maestro. C’est un ami de très longue date que je connaissais même avant l’émission de Nagui. Mon projet est né pendant le confinement, donc ça a mis quand même 2 ans et demi/ 3 ans de travail pour sortir en décembre dernier. J’avais envie d’avoir mon répertoire. Je ne suis pas auteur-compositeur pour le moment, peut-être un jour, mais du coup, je me suis tourné vers des amis qui écrivent très bien.
Et sur votre album baptisé Schizoscénique ?
Je voulais avoir un album qui puisse me ressembler et que je pourrai défendre. Mon objectif est, avant tout, de pouvoir monter sur scène avec. Je suis quelqu’un qui a besoin de la scène, je suis même un peu dépendant à ça car c’est un lieu d’expression privilégié pour moi. Je souhaitais avoir mon propre spectacle avec mon univers. Mon envie avec mon album Schizoscénique, c’était de me dévoiler moi, tel que je suis : absolument pas tranché mais plutôt une somme de facettes différentes. J’ai vraiment l’impression d’avoir plusieurs personnalités, pas au point psychiatrique (rires), et plusieurs paradoxes quelque part. Je voulais mettre en avant ce côté ombre et lumière lié avec plusieurs disciplines. Je suis attiré par plusieurs univers musicaux et j’avais envie que musicalement il y ait un peu de swing, un peu de rock, un peu de disco… J’ai d’ailleurs un clip qui devrait sortir bientôt et on peut retrouver toutes mes actualités sur mon site.
Vous avez remporté l’édition 2021 du Tournoi des Maestros aux côtés de Maureen et Mickaël, ainsi que celle de 2022, cette fois-ci, avec Geoffrey et Lucile. Quel était votre état d’esprit pour cette nouvelle édition ?
Je n’avais pas spécifiquement de pression supplémentaire, je me disais juste que j’avais envie de bien faire. J’ai eu envie de faire plaisir aux gens, de me dépasser, de ne pas décevoir mes coéquipiers et surtout de contribuer à faire gagner de l’argent à une association. C’est ce qu’il y a de plus important, pour moi, dans ce Tournoi. J’essaie de ne pas trop me fixer d’objectif. Le but, c’est vraiment de faire au mieux en s’amusant avec les copains.
Vous êtes redouté par de nombreux autres Maestros qui citent souvent votre nom pour dire qu’ils n’aimeraient pas forcément tomber face à vous en compétition. Qu’est-ce que ça vous fait ?
Je ne m’en rends pas du tout compte, surtout que j’ai toujours l’impression que j’ai des coups de chance plus qu’autre chose. En termes de révisions et de connaissances, il y en a qui sont bien plus armés que moi (rires). Honnêtement, je les trouve tous redoutables parce que tout le monde peut tirer son épingle du jeu et qu’ils sont tous très forts avec beaucoup de connaissances. Sur le papier, on sait qu’il y a des Maestros comme Renaud et Arsène qui travaillent un peu plus mais Margaux aussi a une dose de connaissances incroyable et puis, tous les petits nouveaux, Manon, Charlotte, Louis…
Comment se sont passées les retrouvailles avec les autres champions ?
La plupart sont des copains, on échange beaucoup en dehors des tournages, on se voit de temps en temps donc, il y a quelque chose de l’ordre de la colonie, voire de la famille. C’est plutôt chouette même si évidemment, avec quelques-uns il y a une proximité qui est encore plus grande ! On en est à partir en vacances ensemble donc on est très très proches. C’est vraiment toujours un plaisir de se retrouver.
Quelle a été votre préparation pour cette nouvelle compétition ?
Je me dis toujours qu’il faudrait que je révise de manière régulière, ce que je ne fais pas (rires). Si ce n’est que comme aujourd’hui je vis de ça, il y a forcément un travail de fond même s’il n’est pas spécifiquement destiné à l’émission, il lui sert forcément. Il y a des choses qui se croisent et c’est donc la seule chose que je fais régulièrement. À l’approche des événements, j’essaie de m’y remettre quand même mais là j’avoue que j’ai beaucoup de choses qui se sont enchaînées depuis les dernières Masters fin novembre. Du coup, je n’ai pas du tout eu le temps de mettre la tête dedans. Pour ce tournoi, j’avoue que je n’ai pas eu le temps de me préparer (rires) !
Rendez-vous ce vendredi 14 avril, à 21h10, sur France 2 pour retrouver une partie des 18 plus grands champions de l’émission dans le Tournoi des Maestros.
Kahina Boudjidj