Noah éliminé de The Voice : « Je savais que les gens me trouveraient trop théâtral »

Publié le 27 avril 2024 à 21:15
Philippe Leroux-Bureau 233-TF1-ITV
Après avoir ému et marqué les esprits aux auditions à l'aveugle, Noah a quitté l'émission de TF1 ce samedi 27 avril lors des cross battles. Il répond à nos questions.

Tu as 22 ans, depuis quand fais-tu de la musique ?

J’ai commencé la musique à huit ans quand j’ai reçu une guitare à Noël. Ensuite, je suis allé dans une école de musique, puis au Conservatoire de Lorient. 

Comment as-tu réagi quand tu as appris que tu étais enfin sélectionné pour The Voice après avoir été recalé pendant sept années consécutives ?

J’y croyais pas, au début, car c’était un repêchage (Rires). J’avais encore été éliminé cette année ! Je crois que je suis le dernier qu’ils ont rappelé pour faire les auditions, je me disais que j’allais encore être rejeté. Ils ont rigolé, ils m’ont dit que non, il n’y avait pas de retour en arrière. C’était le plus beau jour de ma vie.

As-tu tenté de participer à d’autres émissions que The Voice ?

J’ai été contacté par Incroyable talent sur M6 pour faire les castings, mais je n’y suis pas allé. C’était The Voice ou rien, pour moi. L’audition à l’aveugle, c’était extraordinaire. Mon but premier n’était pas que les coachs se retournent, mais être présent pour prouver que j’étais capable d’être dans cette émission, et surtout montrer qui je suis. Et finalement, j’ai eu les quatre fauteuils !

Tu as fondu en larmes…

Et j’ai encore pleuré en la voyant à la télé ! (Rires) J’avais jamais ressenti ça, c’était une libération de me dire : "Bordel, je suis légitime". Il y avait toute ma famille derrière qui regardait. Et je pensais à toutes les personnes qui ont pas du tout cru en moi. Ça m’a fait un bien fou de montrer que j’avais eu raison de persévérer toutes ces années.

Pourquoi as-tu choisi de rejoindre l’équipe de Vianney ?

Il y a eu plein de petits signes. Il y a d’abord eu la guitare signature de Vianney qu’on m’a donnée pour faire l’audition à l’aveugle, car la mienne était obsolète. Ensuit, c’est le premier qui s’est retourné, et c’est lui qui a eu l’instant de venir me consoler en me prenant dans ses bras. C’était très fort, comme moment.  Vianney est un coach qui sait ce qu’il veut et qui analyse tout très vite. En 30 ou 45 minutes, il est tellement efficace qu’on a toutes les clés pour travailler de notre côté et réussir.

Comment as-tu vécu les battles ?

C’est la pire épreuve dans le sens où je me suis "battu", entre guillemets, contre un ami, Patxi. C’était très dur mentalement et physiquement pour nous deux. Ça fait mal d’éliminer quelqu’un que t’aimes beaucoup. Encore maintenant, on garde de très bons contacts. On a regardé notre battle ensemble avec d’autres candidats et j’irai le voir bientôt au Pays Basque.

Comment as-tu vécu ton passage à la télé ?

En voyant l’audition, j’ai survolé mon rêve. Les battles, c’était plus complexe. Je savais quelles réactions il y allait avoir, que les gens me trouveraient un peu too much, trop théâtral. En revoyant ma prestation, je vois totalement ce qu’ils veulent dire. Mais j’avais beaucoup de fatigue et je ne voulais pas paraître malade sur scène, donc mon seul moyen était de tout donner. 

Comment s’est passée ta cross battle ?

Je savais que je voulais changer. Je n’en avais pas marre de la chanson française très interprétée, mais je savais que j’étais capable de faire autre chose et je n’avais pas envie qu’on me catégorise. C’est pour ça que j’ai choisi de chanter Beggin’, tout comme j’avais choisi de reprendre du Slimane aux auditions à l’aveugle.

Comment as-tu réagi à ton élimination ?

J’ai compris le choix du public car ce qu’a fait Clément, c’est hyper fort. Et sincèrement, je ne pensais pas qu’il était capable de faire ça ! Ça m’a vraiment beaucoup surpris. Il a fait une prestation extraordinaire. Je suis très fier de lui. C’était une belle cross battle, deux univers très différents. Le public a plus été touché par l’émotion dégagée par Clément. Après, perdre avec moins de 40% des votes, ça m’a fait un peu mal au coeur, quand même. Mais j’accepte et je ne pensais même pas aller jusque-là dans l’aventure, sincèrement.

Qu’est-ce que The Voice t’as apporté ?
La légitimité. C’est une grosse question qui pesait sur moi pendant baeucoup, beaucoup d’années. Aujourd’hui, j’ai vécu quelque chose d’assez concret pour penser que j’ai le niveau. J’ai aussi gagné beaucoup d’abonnés sur les réseaux sociaux. où je fais des lives tous les mercredis. Tout a changé, absolument tout. J’ai une composition qui va sortir dans les prochaines semaines. Mais avant ça, il y a ma reprise de Peurs de Slimane qui sort. Je l’ai enregistrée au Capucin, où je m’entraîne tout le temps. Grâce à The Voice, il y a des projets qui commencent à se ficeler. 

Quelle serait la carrière de tes rêves ?

Une carrière qui aide les gens, qui permet de montrer que même si on ne croit pas en toi, tu peux faire de très belles choses. Je n’ai pas la plus grande voix, mais mon point fort, c’est que tout ce que j’ai traversé m’a donné du coeur. J’ai que ça pour convaincre : mettre du coeur dans ce que je fais, peu importe le style de musique.

Par
Hugo Mallais