Taratata passe le cap de la 600e émission…
Nagui : Je n’aurais jamais cru y arriver. C’était encore plus émouvant, car on a eu une pensée pour ceux qui nous ont accompagnés sur cette route et ne sont plus parmi nous.
Leur rendre hommage, c’était une évidence ?
Oui, on a perdu un membre de la famille Taratata, il y a quelques mois, et on est tous un peu sous le choc. C’était évident pour moi de lui dédier l’émission. J’ai repensé à tous les autres, c’est dingue le nombre de potes qui sont partis… Je ne voulais pas que ce soit un tunnel de nos chers disparus, mais une parenthèse musicale. Si vous me poussez un peu, je peux pleurer durant un quart d’heure. C’était aussi une manière de me protéger pour ne pas craquer.
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Il y a la même émotion lors du final avec Hugues Aufray…
On l’a prévenu que tous les artistes monteraient sur scène sur Poulailler’s Song, d’Alain Souchon. Hugues devait ensuite chanter Santiano. Il a été surpris d’entendre Nolwenn Leroy entonner Adieu monsieur le professeur. Le câlin qu’on s’est fait à la fin était suffiamment serré pour que je me dise que ça lui a fait vraiment plaisir…
Est-ce un défi de faire venir autant d’artistes ?
On gagne du temps avec les explications, car c’est Taratata. Ils savent tout de suite les conditions d’enregistrement, le respect et le confort. Ça peut les rassurer, car c’est un exercice où, pardon pour l’image, ils sont à poil. Ils se retrouvent devant plus de cinq mille personnes avec quatorze caméras et chantent pour la première fois, en live, un duo ou un trio qu’ils ont répété la veille.
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Qui décide, justement, de ces duos et de ces trios ?
Certains artistes nous demandent qui sera présent et font un peu leur marché là-dedans. D’autres ont une idée en tête, comme Eddy de Pretto qui avait déjà travaillé avec Marine, de Star Academy (il lui a écrit deux chansons sur son album Coeur maladroit, ndlr).
Est-ce compliqué de conserver un tarif accessible (la place est à 40 euros) alors que les frais d’organisation d’un tel concert augmentent ?
Les coûts augmentent et les budgets donnés pour fabriquer les émissions sont moindres. Mais pas un centime du prix des places ne sert à la production. Il était aussi hors de question d’avoir un quota d’invités. J’ai payé avec plaisir les places des journalistes ainsi que celles de ma femme (l’actrice Mélanie Page) et de mes enfants. On a récolté 200 000 euros pour la Fondation pour la recherche médicale (FRM) et la lutte contre le cancer (ARC). En dix ans, on leur a reversé 3 millions d’euros, ce qui a financé une vingtaine de projets qui ont fait travailler pas moins de cinquante chercheurs.
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Il y a déjà eu des albums de duos de Taratata. Avez-vous envie d’en refaire d’autres ?
Un chanteur a un contrat avec une maison de disques. Une chanson appartient à un éditeur. Les musiciens ont des droits… Il faut que tous donnent leur accord, c’est une usine à gaz, mais une protection pour eux. Lenny Kravitz a essayé de sortir un album qui rassemblait tous ses passages. Il avait presque tous les droits, sauf celui d’un musicien, ou d’une choriste, qui a fait une pige, un jour, et dont les coordonnées étaient carrément introuvables.
Taratata numéro 600 , samedi 27 septembre à 21h10 sur France 2