Quoi de neuf depuis notre interview après votre élimination des Traîtres ?
Sylvie Tellier : J’ai intégré l’équipe des Grosses Têtes en tant que sociétaire depuis la rentrée et puis, en tant que présidente d’honneur de Miss France, je reste évidemment très proche du concours. J’ai pu aller présenter Miss Martinique en septembre. J’ai récemment été présidente du jury de Miss Nord-Pas-de-Calais et là, je m’apprête à faire les commentaires de Miss Univers sur Paris Première et ça fait d’ailleurs plusieurs années que je m’en charge. Je crois que mes premiers commentaires pour Miss Univers remontent à 2010.
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N’est-ce pas un peu redondant à force ?
Non car j’adore ça et ce n’est pas du tout redondant puisque chaque concours est différent pour la simple et bonne raison que les candidates sont différentes (rires). Et en plus, chez Miss Univers, ça change tous les ans… Le nombre de candidates, la sélection, les tops, etc. Même nous, on est un peu paumés, pour tout vous dire, parce que des années, il y a des top 30, des top 20, des top 12, des top 16… Il faut donc qu’on recommence à zéro la préparation pour commenter le concours mais j’ai accepté. On m’a proposé pour la première fois en 2010 de m’en charger puisque c’était l’année où Geneviève a quitté l’organisation. Avant ça , on avait un partage de rôles entre Geneviève et moi, puisque je dirigeais la société et elle, elle s’occupait de toute la partie communication. Et elle avait dans son périmètre la gestion de la préparation des Miss aux concours internationaux. Et quand Geneviève est partie en 2010, naturellement, j’ai repris cette partie-là. Et j’avais déjà commencé en 2009, avec Chloé Mortaud, à l’aider sur le choix de sa robe, sur la préparation, etc. Et quand ça a été officiel en 2010, Paris Première m’a donc proposé de faire les commentaires.
Ils vous le proposent chaque année ?
Oui, ils me le proposent systématiquement chaque année. Il y a des années où je ne pouvais pas le faire parce que selon le planning, ça tombait soit pendant la préparation des candidates, soit parce qu’il y avait le concours de Miss Monde en même temps, soit parce que j’étais en direct sur TF1 et que je ne pouvais pas faire les deux (rires). Mais c’est vrai que j’ai beaucoup de chance, Paris Première me le propose chaque année. Et j’aime beaucoup cet exercice, déjà parce qu’on se marre beaucoup et que comme ce n’est pas moi qui le dirige, je peux me permettre de donner mon avis. Et j’aime bien donner mon avis d’ailleurs (rires). On l’a vu ces deux dernières années.
Justement, avez-vous tiré des leçons des nombreuses critiques reçues sur la toile ?
Je ne suis pas langue de bois donc effectivement, s’il y a des commentaires que je peux faire qui ne plaisent pas, je m’en fiche. On est dans une société où on n’a plus le droit de donner son avis, moi, je le donne. Donc non, je dirais que mes commentaires n’ont pas trop évolué. Enfin, ce n’est pas qu’ils n’ont pas évolué, mais en tout cas, je ne m’interdis pas de donner mon avis, même si ça ne plaît pas aux gens. J’avais dit une fois que je trouvais qu’une jeune femme n’était pas photogénique. Je suis pour l’inclusivité, il n’y a pas de souci pour l’ouverture et tout ça. En revanche, dans un concours de beauté, si je trouve qu’une jeune femme n’a pas sa place parce qu’elle n’a pas une photogénie ou qu’elle n’a pas une aisance verbale ou qu’elle ne défile pas bien, je vais le dire. Je ne vais pas m’interdire de dire des choses. Vous savez aujourd’hui comment ça fonctionne avec les réseaux sociaux… À partir du moment où vous donnez votre avis, ça réagit. Mais moi, j’ai un peu de mal avec les gens qui critiquent et qui sont cachés derrière une adresse IP et qui ne vont pas assumer leur commentaire. Il y a un petit côté provoc, parfois, de ma part, je l’avoue (rires).
Quel est votre plus beau souvenir à Miss Univers ?
Moi, ça fait longtemps (rires). C’était sous l’époque de Donald Trump ! Ce n’était pas du tout la même organisation… Mais je dirais que mes meilleurs souvenirs, ce sont mes souvenirs sur place dans l’accompagnement des candidates. Ce sont les filles qui m’ont fait rêver ! Laury, avec sa sixième place, en 2011… Je me revois complètement. On était en Amérique du Sud, j’ai vraiment cru qu’on allait rentrer dans le top 5. La France a la meilleure performance européenne en termes de classement, sur notre position dans les top 5, top 10, top 20, on est le meilleur pays. Et là-dessus, moi, à partir de 2010, j’ai mis une énergie de dingue sur ce concours alors que Geneviève n’y croyait pas trop. Le top qu’on faisait à Miss Univers, pour elle, ce n’était pas la priorité.
Moi, je trouvais qu’en termes de rayonnement de la France à l’international, c’était exceptionnel et j’avoue que ça a été payant parce que depuis que j’ai repris, que ce soit Chloé Mortaud, Marie Payet, Amandine, Flora, Laury, Maeva Cooke, Malika Ménard, Clémence Bottino, Amandine… Elles se sont toutes classées au minimum dans un top 20. Évidemment, je n’oublie pas Iris qui a gagné. Mais on a beaucoup travaillé avec mon équipe et on a la meilleure performance. Donc oui, les souvenirs, c’est dans l’arène quand j’étais à Miss Univers où je pleure avant les résultats parce que je sais que Iris va gagner. C’est ça mon meilleur souvenir. Moi, j’ai eu des souvenirs, mais je dirais que c’est hyper secondaire parce que je ne me voyais pas à Miss Univers et j’y allais avec beaucoup de curiosité, je savais très bien que je ne serais pas élue.
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Quelle est la clé du succès pour remporter Miss Univers selon vous ?
Le travail. Pour moi, Miss Univers, c’est un peu nos JO (rires). Demander à un athlète de haut niveau comment il fait pour être médaillé olympique… La seule chose qu’il va vous dire, c’est le travail, la persévérance. Pour les Miss, c’est pareil. En fait, une jeune femme aujourd’hui qui travaille, qui se prépare, elle va automatiquement être dans le top. Il n’y a pas de secret. Vous voulez être récompensée, vous travaillez.
Quel est votre pire souvenir à Miss Univers ?
C’est l’année de Flora Coquerel. On est en 2015, Flora part à Miss Univers et on est juste après les incidents du Bataclan. En costume national, on se dit que c’est bien de lui faire un costume sur la paix, sur la tolérance. Et en fait, on lui fait faire une superbe robe avec un costume additionnel qui sont des ailes énormes qui se déploient. Évidemment, Flora ne part pas avec parce que c’est trop lourd et c’est très compliqué. Donc, je fais fabriquer une caisse en bois avec le designer, on l’envoie par DHL, ça nous coûte une fortune, mais là, on ne voit pas ces détails. Le hic, c’est qu’il n’est jamais arrivé. Il a transité dans tous les pays du monde et il est jamais arrivé à Miss Univers… Ça n’empêche pas Flora de faire une petite troisième dauphine, mais je pense intrinsèquement que Flora m’en veut encore parce que même si je ne suis pas la patronne de DHL, à l’époque, c’est ma responsabilité, en tant que patronne de Miss France, de lui faire livrer son costume et le costume, il n’arrive jamais. Ça, c’est mon pire souvenir parce que je regrette à ce moment-là de ne pas l’avoir pris sous le bras et de ne pas lui avoir amené moi-même, même si ça n’a rien changé parce que je ne pouvais pas le prendre en bagage en soute…
Avez-vous pu échanger avec Indira Ampiot en amont du concours ?
Oui, j’ai échangé avec Indira. Elle m’a surtout demandé si elle pouvait, pour le nouveau format qui s’appelle Voice For Change, utiliser mon association Les Bonnes fées comme marque puisque les candidates doivent désormais présenter des projets alignés sur les objectifs de développement durable, sur l’engagement, etc. Indira a rejoint mon association l’année dernière et évidemment, je lui ai répondu oui, parce que je trouvais ça super qu’elle puisse faire rayonner l’association au niveau mondial. Il faut appeler les gens à voter pour Indira parce qu’il y a eu un changement de règlement. Cette année, on a un top 30 versus un top 20. Il y a plus de chances de se mettre dans le top 30 cette année et plus les gens votent pour une personne, plus elle a la chance de remporter ce vote fan et de se le mettre dans le top 30. Sauf que face à elle, Indira a Miss Guadeloupe, Miss Martinique, Miss Mayotte et elle est elle-même Guadeloupéenne… Donc les votes vont vraiment se partager entre les Françaises et il faut l’aider et voter pour elle.
Vous parliez d’inclusivité. Comment fait-on pour faire en sorte que les concours des Miss répondent à cette demande des téléspectateurs d’une plus grande représentativités ?
J’ai mon avis personnel que je garde pour moi. Pour moi, un concours de Miss, que ce soit Miss Univers, Miss France, ce n’est pas qu’un concours de beauté, c’est un concours de beauté, d’élégance, d’éloquence, d’éloquence, de personnalité, c’est tout ce que j’ai essayé de mettre en avant pendant 20 ans chez Miss France. Mais ça reste pour moi quand même un concours de beauté. Il y a un truc naturel chez la femme, c’est qu’avec l’âge, on prend des rides, c’est pas qu’on est moins belle mais il va y avoir, je trouve, une inégalité à un moment donné. Dans notre société, on veut mettre tout le monde au même endroit aujourd’hui. Vous ne pouvez pas demander à une jeune femme de 18 ans, par exemple, d’être aussi à l’aise sur certaines questions qu’une femme de 40 ans. Elle n’a pas le même background, elle n’a pas la même forme. C’est très personnel. Que veulent les gens ? Est-ce que les téléspectateurs veulent une Miss Univers qui a 18 ans ? Ou est-ce qu’ils veulent une mère de famille qui a 40 ans, qui a trois enfants ? Est-ce qu’ils veulent Miss Égypte, qui est la première candidate qui est atteinte de vitiligo ? Peut-être.
Rendez-vous dans la nuit du 16 au 17 novembre à 2h du matin sur Paris Première pour découvrir la retransmission de Miss Univers 2024, la 73e édition du concours.