Comment vous êtes-vous préparé pour cette cross battle ?
La préparation s’est faite en fonction du morceau car chaque chanson a une histoire particulière. Ce titre de John Lennon était assez corsé car on peut le lire de différentes façons, soit littérale ou alors plus littéraire. Il parle d’émotions profondes, parfois proches de la violence. C’est pour ça que j’ai chanté en mouvement. J’avais envie de montrer ce côté "bateau qui chavire quand notre cœur a mal". C’était assez intense !
En vous préparant avant d’entrer en scène, vous dites : "On va ouvrir une porte un peu spéciale et elle va faire mal cette porte". Qu’entendiez-vous par là ?
J’ai vécu certaines histoires amoureuses dont je fais écho en chantant. Beaucoup de personnes vont se retrouver dans ce que je vais dire : le jour où on a vraiment le cœur brisé, on essaie de trouver une manière de continuer à vivre. Il y a plusieurs échappatoires… Le voyage et la musique m’ont permis de recoller les morceaux même si certaines blessures ne guérissent pas… C’est évidemment plus facile d’ouvrir la boite à souvenirs quand ces derniers sont beaux, comme pour ma première chanson dans The Voice Les Vacances au bord de la mer (de Michel Jonasz, ndlr). Jealous Guy de John Lennon, c’est des souvenirs plus entachés quand même.
Que vous êtes-vous dit en découvrant que vous étiez face à Lize ?
"Fuck !" (rires) On a passé tellement de temps ensemble, loin des caméras, avec tous les talents à l’hôtel… Être à ses côtés, si je peux le dire ainsi, m’a stimulé car je la considère comme une très, très grande artiste. Lize m’a beaucoup touché sur scène et en dehors. Tout le monde est effrayant à ce moment-là en termes de compétition. Je me suis dit qu’à partir de maintenant, c’était advienne que pourra. C’était au public de décider et ça s’est joué à très peu.
Vous avez perdu à 7 voix près…
C’est le jeu. Le repêchage de Camille Lellouche a été aussi fort pour moi que tout le reste de The Voice. J’ai touché une personne de plus, donc pour moi j’ai tout gagné à ce moment-là.
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Quand avez-vous été informé de cette deuxième chance ?
Le matin de mon départ de Paris pour rentrer chez moi, à Bruxelles. J’étais entouré d’autres talents. Nous étions tous en pleurs car nous venions de vivre 4 mois, presque 5, ensemble à l’hôtel donc nous nous sommes beaucoup attachés les uns aux autres et nous n’avions pas envie de rentrer. C’est là que j’ai eu l’appel. Sur le coup, je n’ai pas réalisé car j’avais déjà clôturé le truc dans ma tête depuis la veille. Mais je me suis dit, après, que ce n’était que du bonus. J’avais encore moins de pression et je me sentais encore plus libre.
Dans The Voice : Comeback, vous vous poserez donc moins de questions pour kiffer avant tout ?
Oui même si la finale de la compétition était toujours dans mon viseur. Je viens de sortir un single baptisé Peur de quoi qui évoque ce qui sépare ce qu’on veut de ce qu’on fait vraiment. Entre les deux pour moi, il y a plusieurs peurs dont celle de la mort qui est la plus fondamentale. Au moment où j’ai été repêché par Camille Lellouche, ma peur de perdre, de ne pas me donner à fond ou de ne pas pouvoir partager mon message comme je le voudrais n’était plus là. Plus l’émission The Voice avançait, plus je me sentais léger. J’avais moins de pression et ça s’est ressenti dans mes prestations.
Ce single-là existait avant The Voice ou a été écrit pendant l’émission ?
J’ai commencé à l’écrire bien avant l’émission mais pendant The Voice, j’ai fait écouter aux talents, à l’hôtel, tous les titres de mon album qui sort dans quelques mois. J’ai eu plusieurs retours qui m’ont aidé à peaufiner ce morceau-là. Je produis beaucoup de musiques pour l’instant. Il y a par exemple une collaboration avec Carla (équipe Vianney) qui arrive le 31 mai.
Avez-vous gardé contact avec votre coach Mika ?
Honnêtement non, mais je n’hésiterais pas à essayer de reprendre contact un jour. J’aime bien voir les moments comme des bulles. The Voice en est une et vouloir prolonger certaines choses est parfois compliqué. Mais je ne doute pas que nos chemins se recroiseront avec Mika. Il m’a d’ailleurs dit, avant de partir, de ne pas hésiter à lui envoyer des choses. Je n’hésiterais donc pas à toquer à sa porte quand je sentirais que c’est le bon moment.
Quel conseil de Mika gardez-vous en tête encore aujourd’hui ?
Il m’a dit d’essayer de mettre mon énergie dans le moment plutôt que dans l’attente. On attend que les fauteuils se retournent, de gagner ou encore que The Voice lance une carrière… Mais si je ne fais pas une bonne prestation, toutes ces choses n’arriveront jamais. Il faut donc se concentrer sur le moment – ce qu’on veut dire à travers les paroles, ce qu’on voit sur scène, qui on regarde, à qui on pense en chantant – plutôt que sur ce qui pourrait se passer après.
Si vous gagnez The Voice : Comeback, à quoi peut-on s’attendre pour votre retour dans The Voice ?
J’aime les surprises et aller là où on ne m’attend pas, comme vous le verrez d’ailleurs dans mon album. J’ai toujours aimé faire des choses différentes : chanter en anglais, en français, pleurer sur scène, danser… J’essayerais donc de trouver un morceau dans la continuité de ce que j’ai déjà fait tout en n’étant pas trop dans ma zone de confort. La zone de confort, je déteste ça.
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Pourquoi ? Vous préférez l’aventure ?
Pour mon album, chaque chanson répond à une des 10 grandes questions que je me suis posées. Le premier single sorti, Tout contrôler, parle par exemple du fait que la prise de risques est intéressante. Il y a une différence entre prendre des risques et se mettre en danger stupidement, pour rien. Je me suis rendu compte, lors de mes voyages et expéditions, que ce pas de côté vers une zone plus désagréable peut faire une énorme différence. Si je peux inspirer ne serait-ce qu’une personne pour aller voir juste un peu plus loin, ça ne peut être que bénéfique.
Votre album sera donc très personnel…
Mon nom d’artiste, Mewhy, fait référence à une personne rencontrée en Australie qui a disparu. J’avais 18 ans à l’époque et j’ai passé une semaine avec lui dans le désert. J’ai énormément appris. Ce nom évoque donc pour moi quelqu’un qui est très curieux et qui n’a pas peur d’affronter ses peurs. Mewhy, ça peut être toi qui un jour décide de prendre le temps de comprendre ce truc qui est au fond de toi et qui te freine sans savoir pourquoi. J’adore cette idée de passer sa vie à se comprendre, j’essaie de la partager au maximum. Mewhy n’a pas de limites, d’où le fait que j’explore des musiques différentes.
Vous travailliez dans la bouillie pour bébés en arrivant aux auditions à l’aveugle. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
J’ai fait beaucoup de boulots différents. Quand The Voice m’a contacté, je faisais ce métier-là mais c’est fini. Généralement, je ne reste jamais plus de 6 mois dans un même job alimentaire. J’ai besoin d’être constamment en mouvement.
Avez-vous rapidement senti l’effet The Voice ?
Oui ! Beaucoup de personnes ont commencé à me suivre sur les réseaux sociaux et m’ont envoyé des messages, qu’elles soient dans le monde de la musique ou pas. J’ai aussi eu la chance de rencontrer Michel Jonasz grâce à mon passage aux auditions à l’aveugle. Je pense que c’est dans mon Top 10 des rencontres faites dans ma vie ! Il m’a donné beaucoup de conseils. Rien que pour ça, je suis content d’avoir fait The Voice.
Qu’aimeriez-vous dire à Mika là maintenant ?
"On s’appelle, on se fait une bouffe et on discute un peu de plus longtemps sur la vie". J’ai un sentiment de trop peu !
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