Mehdi Kerkouche : « Je ne dors pas beaucoup en ce moment ! »

Publié le 9 février 2023 à 16:37
Abaca
Chorégraphe et metteur en scène de talent, celui qui a rendu accessible à toutes et tous la danse pendant le confinement multiplie les projets de taille.

Vous êtes partout ! A commencer par les prochaines Victoires de la musique classique* dont vous assurez le numéro d’ouverture…

Mehdi Kerkouche : Quand je l’ai fait pour la première fois l’année dernière, je me suis rendu compte qu’il n’y avait jamais eu de danse pendant cet évènement. Un choc ! L’idée cette année, c’est de mobiliser mes danseurs, et de les connecter aux danseurs du territoire que j’ai été cherchés dans les Conservatoires de la région de Dijon et de Châlons-sur-Saône.

Ce numéro sera-t-il à l’image de votre nouveau spectacle Portrait, c’est-à-dire inclusif ?

Oui, parce que c’est dans mon ADN. C’est dans ce que je revendique aujourd’hui : la danse est accessible à toutes et tous, il n’existe absolument pas de barrières ou de frontières. Pour les Victoires, on va avoir des petits bouts de chou et des danseurs confirmés. Dans mon dernier spectacle, je suis allé un peu plus loin, avec des artistes de 19 à 67 ans.

Comme Amy Swanson, l’ainée de votre troupe ?

Oui. L’histoire du spectacle est simple : c’est de réunir sur le plateau des gens qui ne se sont pas choisis à la base mais qui doivent cohabiter les uns avec les autres comme dans une famille. En traitant cette thématique, j’avais besoin d’une figure matriarcale. J’ai eu un vrai coup de foudre pour Amy. Elle est généreuse et extrêmement solaire. A la sortie du spectacle beaucoup de personnes d’un certain âge me disent qu’eux aussi, veulent danser ! C’est un art qui est devenu si académique qu’on en a oublié le côté très instinctif et libérateur.

Vous revendiquez votre volonté de démocratiser la danse. Par quoi cela passe selon vous ? Par le fait d’emmener votre spectacle dans des petites salles de province ?

Exactement. Et c’est une réflexion qui commence dès les débuts de la création .J’adore les grands spectacles, je suis allé voir Starmania à la Scène Musicale et c’était grandiose. Mais ce n’est pas toujours très accessible… La chance que j’ai avec Portrait, c’est que c’est un spectacle facile à déplacer.

Vous avez pris la direction du Centre chorégraphique national de Créteil, vous chorégraphiez le spectacle les Coquettes mais aussi les scènes de danse du film Neneh Superstar, actuellement en salle : il vous arrive de dormir ?

En ce moment pas beaucoup ! (Rires). Mais je ne vais pas me plaindre, j’ai beaucoup de chance. En tant qu’artiste, on ne sait pas toujours de quoi demain sera fait.
Interview Amandine Scherer
*Portrait. En tournée dans toute la France
*Les 30ème Victoires de la musique classique, mercredi 1er mars, 21h10, France 3

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