Vous avez une fonction bien particulière dans le jury de ce programme, puisque c’est vous qui aidez les candidats à améliorer leurs recettes…
Stéphanie Le Quellec : Chacun a son rôle, et il est bon d’avoir plusieurs visions. François-Régis Gaudry a été le fil conducteur. Avec Cyril Lignac, ils sont allés chercher les profils les plus intéressants lors de castings. Ils donnaient les premiers conseils, et moi, je récupérais le petit diamant, qui avait commencé à être poli, pour l’affiner !
Qu’avez-vous pensé du niveau des participants ?
C’est à la fois bluffant et très réjouissant de voir ce qui se passe dans nos régions. Il y a, toutes générations confondues, des hommes et des femmes qui ont envie de se faire plaisir. Et ils parviennent à un certain niveau en regardant des émissions de cuisine, par exemple… Ils sont très au fait. Nous avons eu plein de surprises. C’était super de pouvoir vivre cela de l’intérieur !
Stéphanie Le Quellec : "La cuisine doit procurer du plaisir, peu importe le niveau"
Quelle était votre approche pour les conseiller ?
Il s’agissait souvent de petits ajustements, de rééquilibrages, comme l’assaisonnement, d’attirer leur attention sur des détails… On ne veut pas les déstabiliser. Il y a un enjeu pour eux, et ils y mettent tellement de coeur que je fais attention à ne pas tout remettre en question. Comme dans l’émission Top Chef. C’est la limite de l’exercice du coach : il doit à la fois sentir où il faut aller et ne pas tout bouleverser, parce que cela doit rester la recette du candidat. On ne peut pas tout réinventer, il faut savoir doser.
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Avec quel état d’esprit jugiez-vous les assiettes ?
L’idée, c’était d’aller chercher la meilleure recette de France. Les candidats se sont vraiment pris au jeu, alors nous avons essayé de rester très objectifs et de nous accrocher à des éléments tangibles, qui étaient dans l’assiette. Cela a été parfois difficile, il y avait un tel niveau que ça nous fendait le coeur de devoir choisir !
Stéphanie Le Quellec : "il est important d’essayer de partager ce que l’on a appris"
Critiquez-vous un cuisinier amateur de la même manière qu’un professionnel ?
Il n’y a pas de réelle différence. On fonctionne au feeling. Chez un amateur, on ne recherche pas une démonstration technique. On cherche avant tout une émotion, un goût, de la profondeur… Certains candidats étaient créatifs et inventaient totalement les recettes. C’était chouette de voir ces gens capables d’assumer leurs créations. La cuisine doit procurer du plaisir, peu importe le niveau.
Après Top Chef, cette année, vous démontrez une nouvelle fois votre appétence pour la transmission de votre savoir…
J’aime l’échange. Aujourd’hui, ce qui m’amuse dans mon métier − je ne sais pas si c’est la crise de la quarantaine −, c’est vraiment ce côté transmission. Une fois que l’on a bien avancé dans sa vie et dans sa carrière, il est important de se tourner vers les autres et d’essayer de partager ce que l’on a appris. J’ai eu plaisir à le faire dans Top Chef, et ici, avec les amateurs.