Votre dernier rôle à la télévision, dans Kaboul Kitchen (saison 3), remonte à 2017. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de tourner de nouveau pour le petit écran ?
Stéphane De Groodt : J’ai besoin d’avoir le coeur qui bat pour m’engager dans un projet. Si je ne vibre pas pour un personnage, je n’y vais pas. J’attends donc que mon désir s’éveille, à chaque fois.
Et pourquoi avez-vous choisi Lycée Toulouse-Lautrec ?
Lorsque Fanny Riedberger, la créatrice et coscénariste de la série, m’a fait lire le scénario, j’ai immédiatement été emballé par le projet. La manière de traiter le handicap, mais aussi l’humanité et l’émotion qui se dégageaient des personnages m’ont touché de plein fouet. C’est un monde très vivant, très drôle, plein d’autodérision. Il faut que tout le monde le sache. J’espère que cette série donnera aux téléspectateurs des clés pour que leur regard change.
Vous prêtez ici vos traits au proviseur Feuillate. En quoi ce rôle a-t-il fait écho en vous ?
C’est une pure composition. Proviseur, je ne savais même pas ce que c’était ! Enfant, j’étais dyslexique. Je ne comprenais rien aux cours et j’ai eu une scolarité difficile. Dans ma jeunesse, je me projetais dans deux univers : la course automobile et la comédie. Deux rêves que j’ai accomplis… Ce métier de comédien, que j’exerce depuis plus de vingt ans, me permet d’incarner des personnages que je ne serai jamais. C’est en cela qu’il est magique !
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Pour vous préparer, vous êtes-vous rapproché de la direction du lycée Toulouse-Lautrec, qui existe vraiment, à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine ?
Non. J’ai pour habitude de ne jamais travailler en amont. Je compose mon personnage sur place, pour être cueilli et surpris. C’est un risque, mais c’est ma manière de faire, pour être le plus sincère possible. Monsieur Feuillate est un homme attentionné envers ses élèves.
Mais, avec Jules (Abraham Wapler), son fils de 18 ans, les relations semblent plus tendues…
Oui, en effet, c’est compliqué. Jules a été victime d’un accident et est resté avec un handicap, qu’il n’accepte pas. Il en veut à la terre entière, à son père… Ce père qui se consacre toute la journée à de jeunes handicapés et qui, face à son fils, se trouve bien démuni. Ces rapports entre nos deux personnages sont passionnants à jouer.
Étiez-vous heureux d’avoir, une nouvelle fois, comme partenaire, la jeune Chine Thybaud, qui jouait votre fille dans la comédie Tout nous sourit (de Mélissa Drigeard, sortie en janvier 2020) ?
Très heureux ! Je la retrouve ici comme élève. Qu’elle soit si vite sollicitée pour de nouveaux projets prouve que c’est une bonne actrice. Et elle n’est pas la seule… Sur ce tournage, j’ai été bluffé par le talent d’Abraham Wapler et par la performance de Ness Merad, l’interprète de Marie-Antoinette, dont c’est le premier rôle. Cette jeune fille, atteinte de handicap, est bouleversante de vérité.
Lycée Toulouse-Lautrec : lundi 9 janvier à 21h10 sur TF1
INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE