Line Renaud : pourquoi elle ne sera-t-elle pas présente au Sidaction cette année ?

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 14:38
CHRISTOPHE BRACHET/MON VOISIN PRODUCTIONS/FTV
Trente et un après la création du Sidaction, Line Renaud fait de nouveau appel à la générosité des Français, malgré son absence du programme ce soir sur France2.

Vous ne serez pas physiquement présente lors du prochain Sidaction. Cela vous peine-t-il de ne pouvoir assister à cette soirée ?

Je serai-là, à ma manière. La mise en scène évolue chaque année et il est bon que je n’apparaisse pas forcément toujours en pleine lumière. Il faut apprendre à passer le relais. Un jour, il faudra bien s’habituer à mon absence après tout… Dans quatre mois, j’aurai tout de même 97 ans et jusqu’à preuve du contraire, je ne suis pas éternelle. (Rires)

Quel message avez-vous envie de transmettre lors de cette soirée ?

Il est important que les Français comprennent que le combat n’est pas terminé. On vit mieux avec le Sida mais on en meurt toujours. Ce sont 600 000 morts chaque année dans le monde ! Pour la simple raison qu’il n’existe encore aucun vaccin. J’ai à cœur d’informer les jeunes sur la réalité du virus. Se protéger, se faire dépister demeure indispensable.

Line Renaud : "C’est beau de voir l’engagement des jeunes artistes pour le Sidaction"

Comment s’annonce cette nouvelle édition ?

Très joyeuse car elle est placée sous le signe de la jeunesse. Je suis d’ailleurs très fière de notre nouvel hymne, Grand Soleil, un titre inédit orchestré et interprété par Damso. Il a mobilisé 18 artistes issus des scènes rap et pop actuelles, ça va de Hoshi à Juliette Armanet en passant par Eddy de Preto, Louane, Lucky Love, Pierre de Maere, Pomme ou encore Youssoupha. C’est la relève ! Et franchement, c’est beau à voir cette solidarité, cet engagement chez les jeunes. Grand Soleil est un hymne fédérateur qui invite à la tolérance, à l’amour, à l’acceptation de soi et de l’autre. Tous les bénéfices générés par cette nouvelle chanson seront reversés au Sidaction.

L’édition 2024 marquait les 30 ans de la création du Sidaction. Qu’est-ce qui a changé en 30 ans ? Allons-nous dans le bon sens ?

Oui, la recherche avance. Les chercheurs savent bloquer le virus dans l’organisme et l’empêcher de faire des dégâts mais ils ne savent toujours pas l’éliminer totalement. Ils ont besoin de nous et d’argent ! Vraiment, je vous le demande, il faut faire le 110 : même un don de quelques euros est le bienvenu. D’autant que la période est très compliquée… Le premier jour de son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a signé des décrets qui réduisent considérablement les financements de la recherche contre le VIH, c’est une catastrophe ! Et en France, des coupes sombres dans les budgets ont déjà contraint à la fermeture d’associations d’aide aux malades. Cette tendance m’inquiète beaucoup… Nous avons plus que jamais besoin du public et des dons privés.

Le Sidaction prend une place importante dans votre vie mais prenez-vous le temps de répondre à d’autres sollicitations ?

J’ai toujours quelques projets sous le coude mais j’ai décidé d’enfin me calmer.  Il était temps, non ? L’an dernier, j’ai publié Merci la vie (Ed.Robert Laffont), mon livre testament ; cette « dernière lettre au public » m’a permis de comprendre qu’avec l’âge, on acquiert enfin une certaine sagesse.

Par
Adeline Quittot