Les Rencontres du Papotin (France 2) – Julien Bancilhon : « Notre modèle, ce n’est pas de parler de l’autisme, c’est d’être journaliste »

Publié le 21 février 2026 à 9:10
©Marie Etchegoyen - France Télévisions
INTERVIEW. Ce soir, Muriel Robin est l’invitée de ce « journal atypique ». Julien Bancilhon, le rédacteur en chef, nous en dit plus sur les coulisses du programme et du magazine, disponible en kiosque.

Comment s’est déroulée cette rencontre entre Muriel Robin et les journalistes du Papotin ? 

Julien Bancilhon : L’interview a été très naturelle et a donné lieu à de vrais échanges. Muriel Robin a été très généreuse. On a senti qu’elle s’était un peu identifiée et s’est alors confiée sur ses propres difficultés. La particularité de cet entretien réside également dans le fait qu’il a été enregistré au Festival international de l’Alpe d’Huez, qui s’est tenu du 19 au 25 janvier. 

Parlez-nous de ce déplacement inhabituel… 

Ça a été un véritable événement, voire un tour de force, car nous sommes partis à 35 personnes. Personne n’est skieur chevronné et la neige n’est pas notre environnement habituel, mais nous avons passé cinq jours merveilleux et avons été divinement accueillis. Ce fut un moment inoubliable durant lequel nous avons aussi « mis en boîte » une autre interview, avec Franck Dubosc. 

Globalement, sentez-vous une appréhension des invités avant de démarrer l’entretien avec vos « journalistes atypiques » ? 

Bien sûr. Se retrouver devant une cinquantaine de journalistes dits « autistes » que l’on ne connaît pas bien, devant des caméras de télévision, avec l’enjeu d’une diffusion sur une grande chaîne… ça rajoute pas mal de stress. L’avantage que l’on a, c’est que l’on tourne longtemps, plus de 2 h 30 en moyenne, ce qui donne le temps de se découvrir et de se détendre. 

Préparez-vous les questions tous ensemble ? 

Ils sont très nombreux, donc certains rédigent leurs questions seuls, d’autres peuvent être un peu plus accompagnés. On organise des petites discussions autour de l’invité, on lit sa biographie… Le but, c’est de toujours garder une certaine spontanéité dans l’échange. 

Le Papotin existe depuis 1990 dans sa version « papier », et était destiné à des abonnés, et la version télévisée date de 2022. Depuis janvier 2025, Le Papotin est disponible en kiosque. À quelle fréquence est-il diffusé ? 

C’est aléatoire. On le sort quand on peut, car nous ne sommes pas des professionnels. Auparavant, Le Papotin sortait une fois tous les trois ans. Puis dernièrement, nous en avons sorti deux numéros à six mois d’intervalle. C’est beaucoup de travail. Moi, je suis psychologue à temps plein à l’hôpital de jour d’Antony (92), et ça devient de plus en plus compliqué, donc le rythme de parution va sans doute ralentir un peu. En revanche, la diffusion télé se maintient à une par mois. 

Les audiences sont d’ailleurs excellentes, 3 millions de téléspectateurs, en moyenne. Qu’est-ce que cela dit de notre société ? 

Que les personnes autistes ou avec un handicap ne sont pas assez intégrées. Il y a un gros travail d’inclusion à faire. Mais notre « méthode » est justement de ne pas trop nous exprimer sur cela, mais d’agir. On ne parle pas d’autisme dans Le Papotin, sauf si les intéressés veulent s’exprimer là-dessus. Notre modèle, ce n’est pas de parler de l’autisme, c’est d’être journaliste et de le faire le mieux possible. Et si notre capacité à être de bons journalistes est reconnue, nous en sommes ravis. 

Les Rencontres du Papotin, samedi 21 février à 20h30 sur France 2

Par
Adeline Quittot