Le 11 mai dernier, une séquence tirée de l’émission Quelle Époque ! sur France 2 faisait polémique : on y voyait Raphaël Pitti et Thierry Ardisson ont comparer les enfants victimes des crimes de guerre et de la famine par Israël à Gaza, avec les victimes des camps nazis lors de la Shoah.
Quelle Époque ! : l’Arcom intervient auprès de France 2 et Léa Salamé
C’est lors de l’assemblée plénière du 24 septembre dernier que l’Arcom (L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a étudié le dossier, après avoir reçu du nombreux signalements. Le verdict a été rendu public ce lundi 15 décembre. Si aucune sanction n’a été prise, l’Arcom a fait savoir dans son rapport à France 2 qu’elle avait relevé deux problèmes dans cette séquence. La comparaison entre les victimes de Gaza et des camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale "n’a pas été contextualisée ou mise en perspective par les personnes présentes en plateau. Si elle a noté les excuses circonstanciées formulées par la chaîne lors de l’émission suivante, l’Arcom lui a toutefois demandé de faire preuve, à l’avenir, d’une vigilance accrue sur la modération requise lors de la diffusion de débats portant sur des sujets d’une telle sensibilité".
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Un invité de Quelle Époque ! engagé politiquement auprès de Raphaël Glucksmann
Mais surtout, l’Arcom tient à faire remarquer à Léa Salamé qu’elle n’a pas dévoilé l’engagement politique de l’un de ses invités impliqués dans cet échange controversé auprès de son compagnon Raphaël Glucksmann : "La présentation à l’antenne de Raphaël Pitti, désigné en sa seule qualité de médecin humanitaire, alors qu’il occupe le poste de conseiller municipal à Metz (57) et a été candidat aux élections législatives dans la 5e circonscription, ne satisfaisait pas pleinement aux exigences d’honnêteté et de rigueur de l’information qui qui incombent à la chaine. En conséquence, elle a rappelé à l’éditeur du service la nécessité de donner aux téléspectateurs toute précision utile à la parfaite compréhension de la qualité des intervenants à l’antenne et à la portée de leurs propos". Ce n’est pas la première fois qu’une journaliste de France 2 est épinglée pour avoir omis une partie importante de l’identité de l’un de ses invités. En septembre dernier, Caroline Roux recevait dans son émission politique L’événement Matthieu Pigasse, sans préciser aux téléspectateurs qu’il est l’un des principaux actionnaires de Mediawan qui produit de nombreuses émissions pour le service public, dont C dans l’air, animé par Caroline Roux.
Propos polémiques dans Quelle Époque ! : les excuses solennelles de Léa Salamé
Après la polémique en mai dernier, Léa Salamé avait tenu un discours pour présenter ses excuses : "Je sais que cette séquence a choqué, je sais qu’elle a blessé des gens, notamment des enfants et des petits-enfants de rescapés d’Auschwitz et cela me mortifie parce que je rejette toute banalisation de l’abomination ultime que fut la Shoah et je n’ai cessé ici, et dans tout mon parcours de journaliste, de rappeler le mal absolu que fut le génocide nazi et de faire témoigner les derniers rescapés. (…) Être accusée de complaisance à l’égard du Hamas ou de l’antisémitisme quand on produit une parole forte sur Gaza, ça ne marche pas, pas ici, pas avec moi. Toute ma vie, tout ce que je suis, mes origines, l’histoire de ma famille, du génocide arménien dans ma famille maternelle. (…) Je me suis battue contre les haines entre les peuples et entre les religions, pour la paix. […] Je suis le prix personnel et collectif de ces guerres, je suis le produit de cette histoire-là"