Laury Thilleman : « Quand tu es quelqu’un de positif, les gens ont du mal à imaginer que tu puisses aller mal »

Publié le 21 juin 2024 à 7:16
ABACA
Laury Thilleman, qui s’est mise en pause, loin des médias ces derniers mois, revient le sourire aux lèvres animer La Fête de la musique, le rendez-vous incontournable de France2, qu’elle partage avec Garou.

Avez-vous la sensation que cette Fête de la musique aura une saveur particulière cette année ?

Laury Thilleman. Oui car je pense qu’on a tous besoin de légèreté, de se retrouver, d’un peu de chaleur humaine. La fête de la musique donne toujours un peu de baume au cœur et de légèreté.

Vous la passerez à Reims, comme l’an passé. Quels souvenirs en gardez-vous ?

C’était vraiment très particulier car on a eu de la pluie mais c’est ce qui a rendu la soirée presque magique ! En revanche, on a tous bien failli se casser la figure toute la soirée ! (Rires). Je revois encore Santa avec ses semelles hyper compensés… Mais tout le monde est resté jusqu’au bout, y compris le public ; bravo à eux d’ailleurs ! Revenir à Reims, c’est très confortable, on connait les lieux, comme ce fut le cas auparavant avec Nice.

Quelles émotions vous procurent ces grands évènements en direct ?

J’adore la musique, j’adore les artistes, j’aime la fête, la joie de manière générale. C’est un peu niais de dire ça mais c’est vrai.  Cette soirée marque pour moi le début de l’été- Cette saison beaucoup trop courte par rapport à toutes les autres en France ! – les vacances, la chaleur sur notre peau…C’est agréable.

Entre Garou et vous, c’est une histoire qui dure ! Vous fêtez cette année vos 7 ans de collaboration. Vous devez avoir vos petites habitudes et rituels…

Ce sont les noces de quoi, ça ? (Rires)

"Avec Garou, on prend beaucoup de plaisir à se retrouver"

Laine…

Bon, ça n’ira pas avec la saison mais ce n’est pas grave ! (Rires). Les jours avant le direct, on prend beaucoup de plaisir à se retrouver, à prendre des nouvelles car lui au Québec et moi en France, on ne croise pas beaucoup le reste de l’année. Puis, il y a une vraie phase de travail, où on écrit, on réécrit, on s’approprie vraiment l’émission. Il y a des petits moments où Garou vas me dire : "Tiens, tu ne voudrais pas que je me mette au piano, on se fait un truc, on chante…". On essaye de prévoir des choses sans que ça fasse trop "préparé" pour laisser place à la spontanéité du direct.

Avez-vous lié des liens d’amitié avec certains des artistes qui seront présents, à force de les croiser et de les recevoir dans vos émissions ?

Bien sûr. Je pense à Santa, M.Pokora, Amir, Patrick Bruel, la petite Zoé Clausure avec qui j’ai partagé l’Eurovision, Gaëtan Roussel, qui est devenu un grand copain depuis qu’on a fait ensemble l’émission Un dimanche à la campagne… On est content de se retrouver, les échanges sont toujours très bienveillants, légers, il y a de la sororité et de la fraternité entre nous. Et je suis ravie de recevoir Aliocha Schneider que j’ai rencontré récemment. Je suis totalement fan de lui et de sa compagne (la chanteuse québécoise Charlotte Cardin) ! (Rires). C’est quand même quelqu’un de plutôt réservé et peu présent dans les médias. On est très fier de l’avoir dans l’émission.

Récemment, vous avez raconté le burn out qui vous a frappée de plein fouet il y a un an, au micro du média vidéo Lou….

Je suis touchée par les retours que m’en font les gens, c’est pour ça que je l’ai fait. Le burn-out, c’est un chaos émotionnel et physique, je pense qu’on l’a tous traversé, ou on le traversera tous à un moment donné, ou à un autre, parce qu’on a tous des vies à 100 à l’heure, on est tous porté par une espèce d’autosatisfaction et une pression extérieure. Et quand tu es quelqu’un de positif, les gens ont du mal à imaginer que tu puisses aller mal… Je ne suis pas triste que ça me soit arrivé, je suis contente au contraire d’expérimenter un autre mode de vie, plus doux et plus serein, proche des éléments, de la nature, de l’océan qui me recharge.

Quelles expériences vous ont le plus transformée ces derniers mois ?

Justement mon passage dans l’émission de Frédéric Lopez. J’ai vécu une sorte de renaissance après être passé dans cette émission en juin dernier. J’avais passé une année où j’avais besoin de prendre du recul sur pas mal de choses, de vivre tout simplement, dans mon coin. J’ai beaucoup hésité avant d’accepter, je me sentais ultra vulnérable… Mais être aux côtés de Frédéric m’a permis de relever un petit peu la tête hors de l’eau, ce fut un joli élément déclencheur.

"La pression n’est pas simple quand tu es une femme et que tu as tout à prouver"

Vous y avez reçu l’ex-Miss France Marine Lorphelin dans votre podcast "Comment tu fais ?" pour parler justement de santé mentale. On a l’impression que quand on a connu un moment de lumière comme l’élection de Miss, on attend de vous que vous n’en sortiez pas…

Et pourtant, on était autre chose avant et on fera autre chose après ! Mais la pression n’est pas simple quand tu es une femme et que tu as tout à prouver. Depuis 13 ans, je n’ai pas arrêté. Même quand on croit qu’on est un peu en vacances, rien ne s’arrête jamais vraiment. Tu réponds aux sollicitations parce que tu aimes foncièrement les gens et les projets, tu te dis « ah, ça peut être sympa », tu vis intensément pour ne rien louper. Et à un moment donné, tu passes à côté de choses essentielles, tu ne sais plus profiter de l’instant, même s’ennuyer t’est étranger. Je pense qu’à l’âge adulte, on devrait tous réapprendre à le faire. Sans culpabiliser.

Dans le livre de Laurie Darmon, Corps à Cœur, sorti en janvier dernier, vous avez évoqué certaines injonctions que subissent les femmes…

Quand Laurie m’a parlé de ce livre de témoignages, je me suis sentie en confiance avec elle, elle m’a parlé d’un livre. En tout honnêteté, le reste m’a complètement dépassé, au point de n’avoir plus envie de m’exprimer sur le sujet. Je pensais, qu’on apparaissant dans un ouvrage, mon témoignage serait protégé, et qu’il n’allait pas être sorti de son contexte et déformé. Ce qui est finalement arrivé…Et moi, ça m’a encore plus impactée. Comme quoi parfois, il vaut mieux se taire… Mais oui, j’y évoque la dépossession de son corps en tant que femme, et la pression que la société nous met, passés 30 ans, quand on n’a pas de mari et pas d’enfants. C’est un sujet qu’il va falloir faire évoluer, mais on est sur le bon chemin.

Est-ce qu’aujourd’hui, vous prônez l’importance de prendre soin de soi, de s’écouter, de ralentir ?

Oui, je l’ai toujours fait mais pas suffisamment, visiblement. Donc j’apprends et je réapprends, je progresse tous les jours, mais je ne me mets pas de pression non plus. Il y a des moments pour ralentir, et puis d’autres où tout accélère. Le tout, c’est de profiter de ce qui nous rend heureux et que cette adrénaline ait un aspect positif. Mais c’est une vigilance de chaque instant, c’est un enseignement constant que la vie nous apprend.

Est-ce que France Télé a d’autres projets pour vous ou avez-vous manifesté d’autres envies auprès de France Télé ?

On discute souvent…Nous allons déjà partir enregistrer un nouveau numéro de La Fête de la musique à l’oriental à Tanger. Aujourd’hui, je sais ce que je veux, je sais les messages que j’ai à transmettre. Je le fais en indépendant, par l’intermédiaire de mon podcast et pour le reste, on verra…

Par
Amandine Scherer