Laurie Delhostal évoque son combat contre le cancer : « Si j’avais cessé le travail, j’aurais déprimé » (EXCLU)

Publié le 13 mars 2023 à 17:10
Abaca
Diagnostiquée d’une tumeur du sein en octobre, la journaliste sportive de 43 ans a retrouvé le sourire et les plateaux télé le 7 mars. Elle évoque sans filtre sa lutte contre la maladie.

Comment s’est passée votre retour à la télévision ?

Laurie Delhostal : Bien comme s’il ne s’était jamais passé quatre mois depuis mon arrêt. J’étais très heureuse de retrouver l’équipe avec laquelle je travaille et tous ceux qui m’ont apporté leur soutien durant mon absence.

Comment ont-ils réagi lorsqu’ils ont appris votre maladie ?

J’ai reçu le lendemain de mon annonce un bouquet de fleurs avec ce message : "On te garde la place au chaud dans l’Équipe de Greg." Cela m’avait fait énormément chaud au cœur.

Qu’est-ce qui a vous décidé de revenir au travail alors que vous êtes toujours en traitement ?

Je n’avais pas envie d’attendre la guérison complète. Et puis, j’étais plutôt OK avec mon image. Je n’étais pas trop marquée par la maladie, je n’avais pas trop perdu de cheveux ce qui est plutôt rare. Je n’ai d’ailleurs jamais lâché mon émission sur France Info. L’unique programme sportif de la station.

Où en êtes-vous avec la maladie ?

C’est un cancer avancé. Donc je vais en avoir encore pour de longs mois de traitement. J’ai eu droit à la chimiothérapie, la radiothérapie, la chirurgie. Je considère que j’ai fait plus de la moitié de ce marathon médical. La métaphore sportive est une évidence pour moi. Il y a le fameux mur des 30 km à dépasser. Mais j’ai un bon mental.

Vous avez aussi beaucoup de projets…

Je participe à un livre sur le sport féminin et je réfléchis sur un doc qui associerait sport et cancer, deux sujets qui occupent beaucoup de place dans ma vie aujourd’hui. On a eu récemment le cas du footballeur Sébastien Haller, évoluant à Dortmund, revenu à la compétition après un cancer.

Pourquoi avoir choisi de communiquer sur la maladie ?

Ce n’était pas dans ma nature. Au départ, je ne pensais pas faire ça. Quand on m’a annoncé mon cancer, je me suis retrouvée dans une zone d’ombre. Je n’osais pas trop évoquer le sujet. Et j’ai croisé une personnalité féminine du sport qui m’a avoué regretter de ne pas en avoir parlé autour d’elle et de ce fait ne pas avoir bénéficié de soutien. Finalement, je me suis lancée et je me suis très vite sentie soulagée. En plus du soutien de mon entourage, j’ai reçu aussi beaucoup de messages sur les réseaux sociaux qui me remerciaient d’en parler. Eh bien si cela peut apporter du réconfort à ceux qui sont malades tant mieux. On dit qu’une femme sur huit va être touchée par le cancer du sein. Il faut que le regard change sur la maladie. Aujourd’hui le cancer n’est plus un mal que l’on cache. Les malades sont mieux suivies. Les traitements mieux supportés grâce à des anti-vomitifs qui réduisent les nausées. On peut continuer à travailler tout en suivant son traitement. Moi entre les consultations et les soins ça me prend une journée par semaine. Je pense que si j’avais cessé le travail, j’aurais déprimé.

Dans quelles conditions avez-vous été diagnostiquée ?

De manière purement fortuite. Je suis allée consulter au feeling alors que je n’avais aucun symptôme. Autant dire que je suis tombée de ma chaise quand le diagnostic est tombé. On ne dira jamais assez aux femmes la nécessité de se faire dépister.

On sait que vous êtes une grande sportive. Continuez-vous à pratiquer malgré la maladie ?

J’ai continué à faire du sport tout au long de ma chimio. C’est un message que je tiens à faire passer. Il faut continuer à en faire ou au moins de l’activité physique comme la marche à pieds. C’est bon mentalement et physiquement et ça permet d’éliminer les produits qu’on vous injecte dans le corps. Je suis fière car j’ai continué à courir tout au long de ma chimio une fois semaine et parfois plus. D’autre part, l’hôpital où je me fais soigner étant à 4,5 km, je me suis imposée de rentrer en marchant après chaque chimio. La vie est un combat et j’ai un mental de battante. Il faut reprendre le contrôle de son corps, et lui dire : "C’est moi le boss !" (rires)

Hacène Chouchaoui

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