La France a un incroyable talent (M6) : « On a atteint la finale, maintenant essayons de prendre du plaisir », Danae et Wilder réagissent à leur qualification

Publié le 19 décembre 2023 à 22:17
Teddy Attia/ M6
Danae et Wilder ont brillé une fois de plus ce mardi 19 décembre dans La France a un incroyable talent. Le couple, qui fait partie des dix finalistes de l'émission, a échangé avec Télé 7 jours au sujet de cet accomplissement.

Quoi de neuf depuis notre première interview ? 

Danae (D) : On a surtout été contacté suite aux quarts de finale, parce que je pense qu’au moment des auditions, les gens sont restés vraiment focalisés sur la demande en mariage. On a quand même eu un contact qui nous a demandé d’être le parrain et la marraine du village d’Avanton, où a été donné le coup d’envoi du Téléthon cette année. On a trouvé ça quand même assez incroyable que la seule personne qui nous contacte concerne une oeuvre caritative. 

Wilder (W) : Ça veut dire qu’on a quand même réussi à montrer quelque chose d’assez touchant pour que les gens se disent : "Je veux que ça soit eux qui représentent le Téléthon"

Pensiez-vous aller aussi loin ? 

D : Je vais répondre pour moi déjà. Personnellement, c’est sûr que je l’espérais. À chaque fois, je me disais qu’il faut viser la finale. J’avais toujours un doute cela dit parce que sur le moment, quand je crée les numéros, je me dis : "C’est bon, là, si on passe pas avec ça, je ne comprends pas". Puis après, j’arrivais le jour J et je voyais tous les autres numéros et je me disais : "Oh là là, nous, on va jamais passer" (rires). Donc il y avait toujours cette contradiction de se dire qu’on sortait de l’ordinaire puis de se comparer aux autres alors que c’est même incomparable parce qu’on fait des choses tellement différentes. 

W : Pour moi, c’est différent dans le sens où j’ai fait du rugby quand j’étais gamin et que j’avais été un petit peu entraîné aussi à penser les choses dans le but de : "Si on fait quelque chose, on le fait pour aller jusqu’au bout". La phrase "L’importance est de participer", ce n’était justement pas ça la valeur qu’on nous a inculquée. C’était : "Si on fait quelque chose, c’est pour aller jusqu’au bout, pour donner le meilleur de soi-même". Quand on a su qu’on allait passer aux auditions, d’entrée de jeu avec Danae, parce qu’elle avait aussi cette mentalité là puisqu’elle a fait du cheval à un haut niveau, on s’est dit : "On n’y va pas pour faire quelque chose d’à peu près, de bancal et encore moins pour faire quelque chose de rigolo". Pour nous, y aller, c’était vraiment dans le but de donner le meilleur de nous-mêmes et d’aller le plus loin possible.

Comment avez-vous fait pour trouver le temps de vous entraîner avec vos emplois respectifs ?

W : C’est vrai qu’on avait cet objectif-là mais dans la vie de tous les jours, c’est complètement autre chose (rires). On est amateur, on s’entraînait peu, on cumulait de la fatigue avec nos boulots à côté, nos entraînements, ils ne ressemblaient pas à grand chose… Du coup, là, on se disait : "Oh là là, le boulot qu’on a, mais comment on va faire ça ? On peut pas rivaliser". Les autres acrobates, ils font ça depuis je ne sais pas combien d’années. Il y en a, ils ont fait cinq ans au Cirque du Soleil et on se demandait ce qu’on faisait là (rires). Il y a plein de fois où justement, c’était tellement tendu entre nous que je disais : "Ecoute, je ne veux pas que ça coûte notre couple. Donc si c’est trop de pression, si c’est trop de disputes entre nous, si c’est plus désagréable qu’au final agréable, cette aventure, ce n’est pas grave, on arrête là. On leur dit qu’on n’est pas disponibles, c’est bon. Ce n’est pas grave". 

D : Moi, je disais : "Non, c’est mort, je n’abandonnerai pas !" (rires).

Danae vous parliez du manque de confiance en vous et de cette participation à l’émission comme une revanche, pouvez-vous nous en dire davantage ? 

D : Revanche, oui et non… Revanche sur moi-même, parce que je suis toujours en train de dire que je vais remettre en doute mes capacités, toujours en train de me dire : "Non, peut-être que je ne suis pas capable". Je me dévalorise énormément toute seule… C’est terrible. Franchement, pour moi, cette aventure, c’est plus quelque chose où je me prouve que malgré le fait que je me sois beaucoup dévalorisée, j’ai quand même une grande force intérieure. Honnêtement, je n’arrive pas à l’expliquer. Des fois, Wilder me dit : "Comment peux-tu avoir autant de manque de confiance en toi et pour autant être autant déterminée ?". Parce que pour le coup, plein de fois, il m’a dit : "Viens, on arrête là". C’était des fois où vraiment, ça nous coûtait… Et je me suis dit : "Non, moi, je n’arrêterai pas là. Là, c’est mort. Je ne peux pas. Je n’ai pas envie d’abandonner. Ce n’est pas possible". Et pourtant, j’aurais pu me dire ça. Avec le nombre de fois où je me suis dévalorisée, j’aurais pu me dire : "C’est bon, j’arrête là". Et puis ça aurait été la solution de la "facilité" mais je pense que c’était plus facile pour moi, au final, de continuer et d’aller jusqu’au bout plutôt que l’inverse, vraiment. 

Vous avez pris des risques avec cette prestation et notamment l’ajout des flammes sur scène. Pas trop stressés ? 

D : Très stressée et je vais vous dire pourquoi parce que déjà oui, effectivement, il y avait tout le côté extérieur, c’est-à-dire la plateforme surélevée quand même, quelque chose que je n’ai jamais fait, plus le feu qui est quand même assez haut finalement… Je ne m’en rendais pas compte. On m’a dit : "C’est un rail avec du feu". Moi, je m’attendais à des petites flammes de 2 cm, autant vous dire que quand je suis arrivée, ça m’a fait peur. Je pense que c’est là où on se rend compte qu’avec Wilder, on est deux amateurs, parce que vraiment, on s’est pas posé une seule fois la question de : "Est-ce que ça va être dangereux ?". On était comme deux enfants en train de se dire que ça va être drôle (rires). Et en fait, c’était beaucoup moins drôle… Et la deuxième chose aussi qui m’a beaucoup stressée c’est que juste avant de passer, on s’est un peu entraîné parce qu’il y avait une figure qui était assez engageante et on avait besoin de se calibrer dessus ensemble. Et en fait, je suis tombée et je me suis fait mal au poignet. Donc dix minutes avant de passer, j’avais la main éclatée, j’avais trop mal. Elle était en train de gonfler et tout. J’ai rien dit à Wider parce que je n’avais pas envie qu’il s’inquiète même si je me disais que ça allait être compliqué de faire du main à main (rires).

W : On ne se rendait pas vraiment compte des risques que l’on prenait. C’est-à-dire que la production nous a proposé plusieurs accessoires. Ils ont parlé d’une plaque tournante, de pouvoir surélever un petit peu une plateforme, des flammes… Et nous, on a dit oui à tout (rires). Pour ma part, à partir du moment où il nous a proposé des flammes, j’ai dit oui, parce que c’était vraiment quelque chose que je voulais faire depuis le début, où on a commencé à avoir un peu de niveau en acroyoga donc quand on a eu la proposition, je n’ai pas hésité une seconde. La problématique, c’est que vu qu’on ne sait pas du tout à quoi s’attendre, on était dans cet imaginaire que ça allait seulement être magnifique. Et en fait, quand on arrive pour s’entraîner, on se rend compte que la chaleur est extrême d’un coup. J’étais au sol et je n’arrivais plus à respirer. La production a dû reculer les rails d’un mètre parce que les flammes étaient vraiment au bord de la plateforme.

Combien de temps avez-vous eu pour préparer votre prestation de demi-finale ?  

W : Très peu de temps, dans le sens où, on a eu 15 jours entre le quart et la demi-finale. Entre-temps, il faut prendre en compte le fait qu’on est rentré puis retourné à Paris donc on n’avait vraiment que dix jours pour se préparer en sachant que chez nous, on n’a pas tous les artifices… On s’est entraîné avec la plateforme et les flammes seulement une fois avant le show.

D : C’était peu mais c’est mieux parce que l’inconscience permet de tester des choses alors que si on est focalisé sur le rythme, ça va créer de la peur, voire de la l’angoisse. Ça peut paralyser, ça peut empêcher de bien faire les choses.

Les jurés n’ont pas tari d’éloge à votre sujet. Vous sentez-vous enfin légitimes ? 

W : Le compliment qui m’a fait le plus plaisir, c’est quand Eric Antoine a souligné le fait que notre projet de la demi-finale était du même niveau, en termes de performance et d’art du cirque qu’à celui de l’autre duo qui fait quand même du cirque depuis qu’ils sont gamins. Ils sont tous les deux issus de leur école de cirque en Argentine et en Italie et ils ont fait pendant cinq ans le Cirque du Soleil quand même. Ils sont tellement experts dans ce qu’ils font, qu’ils ont depuis monté leur propre boîte et ils s’auto-produisent dans différents numéros ! Quand on nous compare à un duo comme ça qui m’a mis des étoiles dans les yeux, je me dis : "Il faut que j’y crois"

D : J’ai été à chaque fois étonnée par les compliments. Je pense que c’est vraiment le mot parce que j’ai toujours du mal à me voir de la manière dont les jurés me voient. Quand finalement, on arrive au bout de notre performance et qu’on s’est appliqué, on s’est donné à 100 %, je me dis que oui, je mérite d’être là. J’ai beaucoup plus confiance en moi depuis qu’on fait nos passages. Depuis nos débuts dans l’aventure, je me suis aussi pas mal découverte parce qu’avant, je ne me faisais pas autant violence. Là, maintenant, je touche vraiment à ma zone de confort et à chaque fois, je redouble d’efforts. Je travaille tous les jours. L’après-midi, je ne fais pas de sieste après le travail. Je m’entraîne encore avec Wilder et je suis tout le temps en train de me dire : "Non, tu n’as pas besoin de sieste. Tu vas t’entraîner". Souvent, je suis au bout de ma vie, je tombe par terre parce que je n’en peux plus et que je suis épuisée physiquement mais je me rends compte quand même que je me donne les moyens de réussir. Je pense que si j’avais été plus laxiste, on n’en serait sûrement pas là. 

Vous avez votre place ici vous dit Sugar Sammy, ça fait du bien de l’entendre, non ? 

D : Carrément, ça fait beaucoup de bien (rires) ! 

W : C’est vrai que je suis moins sensible que Danae à l’approbation extérieure, dans le sens où ce qu’on fait en termes d’acrobatie, c’est super et tout, mais moi, je trouve que c’est plus important d’impacter l’humain en lui-même. Et pour le coup, Éric Antoine, au quart de finale, nous a dit qu’on était quelque chose du genre "vous êtes mes être humains préférés", et je trouve ça encore plus beau. Pour moi, avoir un impact positif sur les personnes qu’on rencontre et pas uniquement à travers ce qu’on fait, ça me tient à cœur parce que j’ai eu un parcours de vie assez particulier où j’ai vu beaucoup de choses… Je pense que c’est ça le plus important, c’est peu importe ce qu’on fait, c’est ce qu’on est qui va être le plus impactant. 

Comment appréhendez-vous la finale ? 

W : Je n’ai plus aucune pression alors que c’est moi qui mettais la pression à Danae depuis le début de la compétition en lui disant qu’il ne fallaitt absolument pas que l’on paraisse ridicule. C’est la première fois qu’on monte de l’acroyoga et c’est de notre responsabilité de montrer que c’est un art à part entière, que ça a de la valeur, que c’est beau. C’est donc énormément de pression à chaque prestation. Et là, j’ai dit : "C’est bon, on a fait le taf. On a montré que ça pouvait être beau, que ça pouvait être fluide, que ça pouvait raconter une histoire, que ça pouvait être aussi de la performance. On a atteint la finale, maintenant essayons de prendre du plaisir"

D : Moi, je suis très stressée. Et comme je le disais à Wilder, je suis stressée parce que je suis extrêmement fatiguée. Et plus, je pense qu’on arrive au bout de l’aventure et je pense que j’arrive au bout de ce que mon corps peut donner aussi. J’ai beaucoup de mal en ce moment à suivre les entraînements alors je veux bien qu’on prenne du plaisir, mais si toutes les deux secondes, soit je tombe, soit je déséquilibre Wilder, je pense que je perds du plaisir… Je suis stressée concernant mon état physique mais pas au sujet de la performance en elle-même. J’ai vraiment envie de donner une partie de moi sur scène, une partie de nous. Et juste, encore une fois, montrer notre histoire et essayer de transmettre des émotions. Et si j’arrive à faire ça, je serai déjà la plus heureuse.

Souhaiteriez-vous rejoindre une troupe de cirque ? 

W : C’est une discussion qu’on a depuis longtemps avec Danae, parce que c’est elle qui, quand on a commencé au tout début, il y a trois ans, a dit un jour : "Je veux vivre de l’acroyoga". Du coup, on a commencé à donner des cours, on peut faire des shows, on peut faire des formations et on s’est beaucoup posé la question de savoir si ça nous plairait de vivre comme des circassiens. Donc soit être dans un cirque itinérant, soit dans un cirque qui est toujours à la même place. Là-dessus nos avis divergent avec Danae, parce que moi, je sais que c’est une vie que j’aurais adoré avoir et c’est le genre de vie que j’aurais préféré avoir avant d’avoir une vie de famille. Je sais qu’au début, Danae n’était pas du tout dans ce genre de projet-là, mais maintenant, avec l’aventure La France a un incroyable talent, je crois que ça a un petit peu changé. 

D : Pour ma part, au début, je ne voulais pas, tout simplement parce que j’avais peur de stresser, d’être tout le temps angoissée. Je me suis dit : "Ça ne va pas être possible. Je ne vais pas supporter le fait d’être tout le temps stressée". Au final, avec l’aventure, je sens que c’est stressant, mais je prends quand même du plaisir à chaque fois que j’y suis. Je ne ressens plus le stress, je suis juste dans ma bulle et je fais ma prestation et je suis dans mon histoire. Je sens que c’est vraiment quelque chose que j’adore. Et par-dessus ça, j’adore aussi transmettre des émotions. C’est vraiment quelque chose que j’aime beaucoup et j’ai commencé à dire à Wilder que c’est finalement quelque chose que j’aimerais bien faire. Je pense qu’il ne faut pas que je me mette de barrière, il faut juste que je suive mes envies. Aujourd’hui, si on me proposait d’aller faire le tour du monde pour aller proposer des représentations d’Acroyoga, je dirais clairement oui (rires). 

Par
Kahina Boudjidj