La France a un incroyable talent (M6) : « Je voulais lui faire la surprise », Antoine Délie dévoile les coulisses de sa chanson dédiée à sa soeur

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:22
Julien Theuil/ m6
Pour son deuxième passage dans La France a un incroyable talent, Antoine Délie a choisi de créer un moment suspendu : une chanson écrite en secret pour sa sœur, présente dans le public sans savoir qu’elle était la destinataire de ce titre profondément intime. Une prestation bouleversante qui a arraché des larmes au jury, et valu au chanteur une phrase de Marianne James qu’il dit "n’oublier jamais" comme il le confie ce soir à Télé 7 jours. 

Peux-tu te présenter ?

Antoine Délie : Je m’appelle Antoine Délie, j’ai 28, et 29 ans, le 16 décembre prochain. Je précise, parce que c’est bientôt (rires). Je suis d’origine belge, j’ai grandi en Belgique, près d’une ville qui s’appelle Mons, qui était capitale de la culture européenne en 2015, je le précise aussi (rires). J’ai un diplôme d’instituteur primaire et aujourd’hui je suis auteur, compositeur, interprète, donc j’écris pour moi, pour d’autres artistes aussi. 

Tu as donc participé à The Voice Belgique, mais aussi à The Voice France. Comment ça s’était passé ? 

J’ai d’abord fait The Voice Belgique même deux fois, pour être honnête. La première fois, on l’oublie parce que personne ne s’est retourné (rires). Et puis je l’ai refait l’année suivante, donc en 2015, et là, je suis allé jusqu’en quarts de finale. Ça a été enrichissant car ça m’a permis d’avoir un premier pied dans ce milieu-là, de découvrir ce que c’était. Je chantais sur scène, alors que e je ne l’avais quasiment jamais fait de ma vie… Et puis, la rencontre avec Chimène Bady a été marquante. J’ai d’ailleurs écrit une chanson sur son dernier album, et on est toujours restés en contact, donc c’était une belle rencontre.

Puis The Voice France, en 2020, m’a aussi apporté beaucoup de choses. J’ai rencontré beaucoup de gens, j’ai déménagé à Paris, et surtout j’ai commencé vraiment à faire de la musique mon métier. C’est vraiment ça qui m’a permis de commencer à faire des concerts, et de me faire connaître surtout en Belgique, parce que les Belges se sont dit : "ah, c’est le petit Belge qui a réussi à aller jusqu’en finale en France" (rires). Et du coup, la Belgique a commencé à me diffuser en radio, mais en France, ça reste assez compliqué. Ici, je vis ma petite vie en incognito et quand je vais en Belgique je fais des concerts, donc il y a un peu de frustration de se dire qu’en France, les gens ne m’écoutent pas comme en Belgique. 

Pourquoi avoir voulu participer à La France a un incroyable talent ?

J’avais envie de faire connaître mes chansons. C’est vrai qu’avec ce que j’ai fait avant, les gens me connaissaient pour ma voix, mais pas pour mes chansons et pas pour ce que j’écris, ce que je compose. Et c’est aussi important pour moi, voire plus, parce que c’est des messages que je veux faire passer. C’est les valeurs que j’ai, que je veux transmettre, c’est plein de choses importantes pour moi. Et donc, cette émission, c’est un peu la seule où des artistes qui ne sont pas spécialement encore connus peuvent venir chanter leurs titres à eux. C’est dingue de pouvoir le faire. Et c’est pour ça que j’y suis.

Je souhaite aussi faire passer ce message que j’ai fait passer aux auditions, notamment sur le cyberharcèlement, parler de ce qui m’était arrivé, faire comprendre aux gens qui vivent la même chose qu’ils ne sont pas seuls, aux gens qui peuvent harceler que c’est pas ok d’harceler. Et finalement, j’ai eu une réponse à tout ça parce que j’ai eu des témoignages de gens qui me disaient ce qu’ils vivaient au travail, à l’école, sur les réseaux, etc., qu’ils étaient harcelés. Ça m’a touché. Ils m’ont parlé d’un bout de leur vie… Et j’ai même eu des témoignages de gens qui harcèlent aussi… Il y a quelqu’un qui est venu me voir un jour et qui m’a dit dans un événement ce mois-ci : "Antoine, je voulais te dire que j’ai fait partie de ceux qui ont partagé des vidéos sur toi sur les réseaux pour se moquer. Et je voulais te dire que je m’excusais et bravo pour le message que tu fais passer. J’étais con". Donc finalement, j’ai tout gagné déjà rien qu’avec ça. 

Que représente la musique pour toi ?

Je pense que dans la vie, on a tous une mission. Il y en a, c’est par exemple guérir, être guérisseur. Moi, je crois que c’est être messager car j’ai besoin de faire passer des messages. J’ai besoin de transmettre des choses de plusieurs manières différentes. J’ai un côté médium mais la musique, je l’utilise aussi de la même manière. C’est-à-dire que je l’utilise pour vraiment faire passer les messages qui sont importants pour moi. Que ce soit des choses très personnelles, que ce soit des choses plus universelles, que ce soit des choses plus politiques. Par exemple, le message des auditions, c’est un message qui est clairement plus politique. 

"Il y a des phrases, dans nos vies, qu’on n’oublie jamais…"

Comment as-tu préparé ton deuxième passage que l’on a découvert ce soir ?

J’avais envie de transmettre un autre message, important pour moi, différent. Il m’est arrivé dans ma famille quelque chose d’un peu compliqué il y a un petit moment… Ma sœur a eu une rupture d’anévrisme cérébral, elle s’est retrouvée à l’hôpital pendant des mois. On ne savait pas si elle allait mourir ou pas… J’ai pris conscience à ce moment-là que tout pouvait s’arrêter, même jeune, et qu’il fallait absolument profiter de la vie. Que le carpe diem prenait tout son sens. Ma sœur m’avait dit qu’elle allait pouvoir être présente dans le public pour ce quart de finale. Donc c’était l’occasion. J’avais envie de lui faire la surprise et de chanter la chanson que j’avais écrite pour elle. Elle ne le savait pas. C’était un message important, et aussi un message pour tout le monde… La peur de perdre quelqu’un, on la ressent tous… J’ai envie que les gens me voient à la télé, qu’ils se retournent vers la personne à côté d’eux et qu’ils se disent "Je t’aime". Voilà, ce n’est pas politique cette fois (rires), mais c’est tout aussi important !

Comment as-tu vécu les réactions unanimes du jury et du public sur une chanson aussi personnelle ?

Ça m’a touché. J’étais très, très ému. Ce moment était encore plus émouvant pour moi que les auditions. Dès que je commence à chanter, je vois ma sœur dans le public qui se met à pleurer. Je vois Hélène Ségara qui pleure. Après, les mots qu’ils ont eus pour moi… Je ne me souviens plus de tout parce qu’un moment comme celui-là, c’est hors du temps. Marianne James m’a dit une phrase qui m’a énormément touché : "Il y a des artistes qui ont une grande voix et qui choisissent des chansons de merde. […] Et puis il y a des artistes qui ont une grande voix et qui choisissent des grandes chansons, comme toi, Antoine". C’est un des commentaires qui m’a le plus touché depuis le début de ma carrière. Cette chanson, je l’ai écrite, donc c’était vraiment le Graal. Et il y a des phrases, dans nos vies, qu’on n’oublie jamais…

Tu es maintenant qualifié pour les demi-finales. Est-ce que tu t’y attendais ?

Non (Rires). Avant ma prestation, clairement pas du tout. Après ma prestation, je me disais : ils ont adoré, donc c’est possible mais le niveau était tellement élevé… Il n’y avait que quatre places, en plus du Golden Buzzer donc ce n’était pas beaucoup. Sincèrement, jusqu’au bout, c’était le suspense et j’étais vraiment stressé. 

Que nous réserves-tu pour le suite ? 

Encore de l’émotion (rires), mais j’aimerais aussi montrer autre chose. On fait step by step. Je suis arrivé avec un piano aux auditions. Ici, j’étais avec un plan de scène violoncelle. On laisse imaginer la suite. Je veux montrer autre chose tout en restant dans ce que je suis et ce que j’aime faire. Le but, c’est peut-être de prendre des risques, mais pas de faire un truc qui n’est pas dans mes cordes car il y a quand même un enjeu : la finale, donc je vais faire ce que je sais faire… tout en proposant autre chose (rires).

Par
Kahina Boudjidj