Tu as ouvert ton numéro ce soir exactement là où tu l’avais terminé la dernière fois, avec la lame lumineuse dans la bouche. Comment as-tu imaginé cette nouvelle prestation ?
Herwan Legaillard : Ça n’a pas été facile parce que j’avais beaucoup de choses dans le premier. Et en effet, il fallait être innovant et être aussi fort donc c’était un gros challenge. Et notamment, cette lame lumineuse qu’on a vu une première fois, comment on peut la remettre une deuxième fois ? Et c’est là qu’est arrivée l’idée de commencer par la lumineuse et de faire la suite du numéro comme s’il n’y avait pas eu d’interruption.
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Comme tu avais déjà proposé quelque chose d’impressionnant, j’imagine que c’était difficile d’aller encore plus loin ?
Oui, difficile parce que forcément, on se met une pression folle pour que ça marche bien… Par contre, j’ai très rapidement trouvé des solutions. Je savais que je voulais changer d’agrès déjà, donc, j’ai laissé mes sangles pour le tissu. Le tissu qui, en plus est vraiment mon agrès car j’ai démarré avec le tissu et l’acrobatie aérienne donc ça m’a fait trop plaisir de démarrer avec un agrès qui était à l’origine de ma discipline. Et puis voilà, en fait, de surprise en surprise, je cherche, je cherche et il y a des nouvelles choses qui naissent et c’est incroyable.
À un moment, tu sors le sabre de ta bouche extrêmement rapidement. Comment maîtrises-tu une action aussi dangereuse ?
Je me suis bien évidemment entraîné pour pouvoir faire des sorties plus rapides, des sorties plus lentes. Je modifie certaines choses légèrement pour que la tension soit différente, pour que la magie soit différente. Je continue de m’entraîner pour que ça ne soit pas dangereux.
Tu as évoqué le choix du parapluie. Est-ce un clin d’œil aux Parapluies de Cherbourg ?
Oui, c’est un clin d’œil à ma ville natale et pour le coup, le choix du manche de parapluie, c’est quelque chose de complètement inédit. C’est moi qui ai complètement inventé le truc (rires). J’ai même fabriqué la pièce, j’ai utilisé une de mes lames sur un parapluie que j’ai moi-même customisé, puisque ça n’existait pas.
Encore une fois, c’était une grosse prise de risque. Comment fais-tu pour gérer ton stress pour un passage pareil ?
Ça, c’est toute la partie noire du truc (rires). J’ai vraiment beaucoup de mal à gérer le stress… Les semaines qui ont précédé l’émission ont été vraiment intenses. J’ai vraiment du mal à sortir du truc, puis je n’arrête pas de travailler parce que je suis un arraché du travail… Je veux que tout soit parfait, etc. Mais ça en vaut la chandelle, surtout quand la magie opère quand j’entre sur scène. Et c’est un peu ce qu’a tout le temps été ma vie. La scène est toujours venue me donner un coup de fouet (rires), un coup d’adrénaline et rendre les choses possibles surtout que je suis super remercié et par le public et par le jury.
"C’était quand même un moment fou !"
Sugar Sammy t’a dit que tu avais mis la barre très haut. Comment as-tu vécu ces compliments ?
Tous les compliments m’ont touché ! Je me souviens de Marianne qui me dit que je suis à la définition du spectaculaire à ce moment-là. Elle ne le dit pas comme ça, mais c’est une synthèse (rires). Et même Éric Antoine qui souligne chaque danger, cette précision de comment je fais pour travailler de cette manière-là. Ils arrivent à mettre le point sur tout ce que moi, je veux faire et que je veux qui transparaisse dans mon numéro. Et forcément, c’est pari gagné. J’ai été super ému dès les premiers compliments.
Et puis vient le Graal : le Golden Buzzer de Lola Dubini. Tu t’y attendais ?
Je ne l’avais pas envisagé, et encore moins à la fin de mon numéro, parce que je suis tellement submergé par l’émotion que finalement, je l’oublie, ce Golden Buzzer, je n’y pense pas. Donc, elle me surprend en appuyant sur le bouton. Après, je ne vais pas mentir, forcément, quand on construit quelque chose et qu’on nous en parle dans les interviews, ça donne envie, mais ce n’était pas forcément mon objectif. Mon objectif premier, c’est vraiment que ça marche auprès du public. C’était un rêve de gosse de participer à cette émission et le fait d’avoir vu ces Golden Buzzer passer sur des tas d’artistes pendant ces 20 ans et de savoir que là, il est pour moi, c’était quand même un moment fou ! Je pense qu’il sera gravé à jamais dans ma mémoire !
Le Golden Buzzer t’envoie directement en demi-finale. Comment as-tu vécu ce soulagement soudain ?
C’est un peu stress en moins (rires) et en même temps, le numéro avait bien marché, donc je pense que je me disais : "bon, de toute façon, là, ça a bien marché". Vu les compliments que j’avais eu, j’avais cet espoir d’aller en demi et ce Golden Buzzer est juste venu confirmer la chose. C’est surtout que ça vient saluer tout mon travail et ça m’a libéré d’un certain stress.
Comment comptes-tu nous surprendre encore, après un numéro si spectaculaire ?
C’est vrai que ce n’est pas facile (rires), parce qu’en plus, je pense rarement à la suite… J’essaye de ne pas y penser pour ne pas avoir à diviser mes idées. Donc en général, je lance tout sur le numéro qui arrive et ça se fait assez naturellement. C’est-à-dire que je me dis : "comment on change d’univers ?". C’est à chaque fois un challenge. Et l’émission a ce but-là aussi pour nous, pour l’artiste : c’est qu’il nous donne des challenges permanents. Donc je reste avec mes sabres, je resterai avec mon aérien et pour l’instant, ça fonctionne bien, non ?