La France a un incroyable talent (M6) : « C’est une grande libération », Marceau qualifié pour la demi-finale !

Publié le 5 décembre 2023 à 22:17
Julien THEUIL / M6
Ce mardi 5 décembre, on a retrouvé Marceau dans La France a un incroyable talent. Le jeune homme a eu la chance d'être qualifié pour l'étape suivante de l'émission et s'est confié à Télé 7 jours sur son parcours jusqu'ici.

Pouvez-vous vous présenter ? 

Marceau : Je m’appelle Marceau, j’ai 23 ans et je viens de région parisienne. J’ai grandi à Cergy-Pontoise. Je fais du cirque depuis que je suis tout petit. J’ai commencé à l’école de cirque Cherche-Trouve, qui est justement sur Cergy, à l’âge de quatre ans et demi. Et de fil en aiguille, mon parcours s’est orienté d’abord dans l’événementiel, la production, pour finalement finir dans le cirque. Je suis parti il y a trois ans à Montréal pour faire l’École nationale de cirque et j’ai obtenu mon diplôme en juin dernier. Du coup, c’est le début de ma carrière, le début de la grande aventure. 

Comment vous-êtes vous lancé dans la pratique des sangles asymétriques ? 

J’ai commencé en école de cirque parce qu’avec mes amis, pn avait créé une petite compagnie en France. Ces fameux amis sont d’abord partis en école de cirque. Du coup, je me suis dit "Pourquoi pas moi ?" Donc, j’ai tenté les écoles pour partir. Je voulais vraiment aller au Canada. J’ai été pris à l’école nationale de cirque et c’est en deuxième année que j’ai été pris en sangle aérienne, donc les sangles classiques. La différence, c’est que les deux sangles sont accrochées sur un système avec un triangle et du coup, les deux sangles sont fixes, elles sont symétriques, si on peut dire ça comme ça. Cet agrès me plaisait énormément dans le sens où c’est beaucoup de montées et de descentes. J’aimais bien l’idée de s’envoler avec. C’est quelque chose de très simple et d’épuré. Puis à l’école, je me suis rendu compte qu’il y a énormément de personnes dans le cirque qui font des sangles aériennes. Donc là, le défi, c’était de savoir comment se démarquer, comment faire quelque chose de nouveau.

Comment êtes-vous parvenu à sortir du lot justement ? 

Ça peut être par seulement trouver ses propres figures, mais je voulais personnifier l’agrès. En faisant de la recherche, j’ai surtout eu un coup de chance un jour, l’idée m’est venue comme ça, devant un miroir. Et donc on a créé des sangles asymétriques, ce qui change complètement l’agrès, ça change la façon de l’appréhender, ça change les figures, ça change l’équilibre. Ça fait deux ans que j’ai développé ça maintenant. J’ai gradué avec ça à l’école même si je le cachais un petit peu parce que j’avais peur de me faire piquer l’idée…  

Vous êtes donc à l’origine de cet agrès. L’avez-vous "déposé" pour protéger votre idée ? 

Ce qu’on a fait, c’est qu’on a fait des documents et plein de choses qui ont été actées avec un centre de recherche à Montréal, avec l’école et avec des bibliothèques. Pour déposer ça à mon nom en tant que propriété intellectuelle, j’ai  le droit de paternité sur cet agrès. Par contre, tout ce qui est brevet, ça ne fonctionne pas parce qu’il suffit de changer le type de sangle ou certaines longueurs, changer les petits matériaux et le brevet ne fonctionne plus… Donc pour un agrès de cirque, ce n’est pas vraiment faisable. Mais oui, on essaie de protéger ça plus sur le côté propriété intellectuelle.

Comment se sont passées les auditions pour vous ? 

Les auditions, ça s’était plutôt bien passé. J’avais juste pas super bien pris le non de Marianne James. Ça m’a fait mal à l’ego… Au final, en y repensant après, je me suis dit : "En même temps, il faut bien qu’il y ait des rebondissements et que ça me pousse à évoluer". J’ai relativisé aussi sur ce point-là, mais sur le moment, ça m’avait un petit peu piqué. Sinon, le numéro en tant que tel, j’étais quand même assez content de ce que j’avais fait. J’avais effectivement pas mis tout ce que j’étais capable de faire parce que je voulais en garder pour la suite. C’était une question stratégique de ma part. Je pense que ça a fonctionné vu que ça m’a amené là où j’en suis maintenant (rires). C’était quand même une belle expérience et puis c’était un premier plateau de télé pour moi donc c’était une pure découverte.

Quel était votre objectif en vous inscrivant à La France a un incroyable talent

Le but, c’était de me faire voir aux yeux des compagnies notamment et d’essayer de tourner. Mon objectif premier, c’était quand même de passer les auditions, d’aller au moins aux quarts de finale. Je m’étais dit : "Par contre, ça va me faire mal si je fais les auditions mais que ça s’arrête là". Donc passer les quarts de finale, c’était vraiment l’objectif et je me dis que le reste c’est que du plus. Je suis très content.

Étiez-vous davantage stressé pour ces quarts de finale que lors de votre premier passage ? 

Il y avait du stress. L’objectif, c’était vraiment de convaincre complètement les quatre jurés. Je me suis dit : "Je mets le max que je peux dans ce quart de finale". Je savais ce que je voulais mettre en termes de figure, des choses beaucoup plus impressionnantes, des choses que moi j’aime aussi beaucoup plus. Même avant les auditions, je savais que ça serait ça qui irait à l’étape d’après. Et mon challenge, c’était de trouver une thématique qui allait davantage les toucher, d’aller chercher quelque chose de différent aussi par rapport aux auditions. J’avais un challenge aussi d’interprétation. Je voulais y mettre un petit peu de plus de théâtralité et je pense que j’ai atteint mon objectif. 

Vous avez rencontré des soucis pour votre numéro de ce soir ? 

Le risque est toujours là, notamment à la répétition avec la pluie. J’avais de l’eau, je m’étais fait une petite frayeur parce que je n’avais jamais fait de numéro avec de l’eau et mon pied avait un peu glissé. Ce n’était pas grave, mais j’ai senti que j’étais un petit peu off dans mon timing. C’était sur la dernière figure à la fin. C’était un petit peu le truc qui me faisait encore plus appréhender pour le numéro en tant que tel. Mais au final, comme vous l’avez vu, ça s’est très bien passé.

Les jurés étaient conquis. Marianne James s’est finalement rattrapée. Vous avez réussi à la conquérir cette fois. Fier ? 

J’étais vraiment content quand je suis sorti de scène. J’étais sur mon petit nuage. Ça m’a fait vraiment plaisir et ça m’a rassuré. Et une fois que je suis sorti de scène, je me suis dit : "OK, j’ai peut-être une chance d’aller en demi-finale". J’espérais vraiment à ce moment-là même si j’étais un petit peu perdu, si on peut dire ça comme ça (rires). Je ne savais pas trop ce qui allait passer après. 

Hélène Ségara vous a dit ce soir : "Vous vivez votre numéro comme si c’était votre dernier soir". C’est plutôt vrai, non ? 

Chaque numéro que je fais, je veux faire passer un message, mais il va être différent à chaque fois. Mais le plus important pour moi, c’est d’aller toucher le public. Quand quelqu’un me dit "Ça m’a fait penser à ça. Ça m’a mis les larmes aux yeux", pour moi, c’est mission accomplie. C’est que j’ai réussi à transmettre quelque chose. Effectivement, ce n’est pas juste du show. Je veux vraiment toucher la personne, peut- être différemment les uns des autres, mais je veux essayer vraiment de véhiculer des sentiments et des émotions qui arrivent à la surface chez le public. C’est aussi ce qui me donne une force dans le sens où pendant le numéro, moi, je les vois, les réactions du public, je les vois, les regards et c’est ce que je recherche. C’est ça qui m’alimente. Sur ce numéro-là, plus que d’autres fois, j’ai décidé de mettre de l’intensité.

Que ressentiez-vous au moment des délibérations ? 

Ça a fait des vagues pendant tout le temps entre mon passage et les délibérations. Il y avait un moment, je me disais : "Je pense que ça va le faire quand même". Puis à un moment, je me disais : "Non, ça va pas le faire". Vraiment, je suis passé par les deux sentiments 50 fois (rires). Je me suis retrouvé à un moment sur la ligne où on attendait tous les résultats. Quand il y a eu les trois premiers noms donnés, je me suis dit : "C’est mort". Et quand Karine a dit mon nom, c’était fantastique.

Quand on dit votre nom, c’est la libération ? 

Ouais, c’est une grande libération et en même temps, ça n’a pas fait descendre le stress (rires). Ça m’a fait super plaisir et ça a créé énormément d’excitation. Je suis super content ! 

Par
Kahina Boudjidj