La France a un incroyable talent (M6) : « C’est un gros cadeau de la vie », Geneviève se confie avec émotion sur son golden buzzer

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:16
Julien THEUIL / M6
Geneviève a fait sensation ce soir dans La France a un incroyable talent ! La Canadienne a su créer la surprise et conquérir les jurés, le public mais surtout Karine Le Marchand qui lui a offert son golden buzzer. Elle s'est confiée à Télé 7 jours sur cette aventure hors du commun.

Comment vous présenteriez-vous aux personnes qui ne vous connaissent pas encore ?

Bonsoir, les gens qui ne me connaissent pas encore (rires). Mon nom, c’est Geneviève, je suis une québécoise de 48 ans et puis je fais des bruits, des sons depuis toujours… Je fais aussi des imitations de célébrités, comme Céline Dion, Edith Piaf, Maria Callas, j’en fais 350 environ, en plus les sons.

Comment avez-vous débuté ? 

J’ai commencé avec les bruits de la maison… Une porte qui grince, et puis, à force de répéter ma porte qui grince, ça s’est transformé en Britney Spears. Quand je me brossais les dents le matin, j’imitais le son de la brosse à dents qui touche mes dents (rires). Je faisais du bruit avec ‘tout, tout, tout’ et puis si on fait un petit parallèle avec mon histoire de vie qui n’a pas toujours été rose… Ma mère s’est suicidée quand j’avais 11 ans… J’ai eu beaucoup de violences, beaucoup de contacts avec la violence physique, verbale, psychologique, des intimidations… J’ai grandi dans un milieu assez toxique où on me disait carrément "ferme ta gue*le". Je n’avais pas beaucoup de place et je n’ai jamais pris ma place parce que j’ai cru les gens qui me disaient : "Tu ne vas jamais réussir. Ça ne va jamais m’arriver, tu rêves". Plus on grandit, plus on croit ces gens-là… Tu ne fonces pas dans la vie, tu te retiens et puis à 20 ans, j’ai eu mon garçon.

Justement, vous racontiez dans l’émission que vous avez éduqué seule votre fils… Est-ce que c’est ce qui vous a donné envie de vous surpasser ?

Oui, parce que c’est mon devoir de maman de lui apprendre à persévérer. J’ai voulu faire ce que j’aime dans la vie pour qu’il puisse se choisir à son tour, qu’il fasse ce qu’il aime dans la vie. Si j’abandonne, et il m’a déjà demandé plusieurs fois pourquoi je ne lâchais pas l’affaire, je vais lui "apprendre" à abandonner et ce n’est pas ce que je veux pour lui. Ça peut être long des fois, ça peut prendre du temps, la preuve moi j’ai 48 ans mais je commence à voir la lumière apparaître au bout du tunnel.

Ce que vous nous avez présenté ce soir, c’est votre métier ou simplement une passion ? 

Oui, c’est vraiment mon métier. J’étais serveuse avant dans les restaurants, j’ai été technicienne en laboratoire, j’ai travaillé dans une pâtisserie française à Laval, au Québec et maintenant je fais des bruits (rires). 

En parlant de Canada, vous avez été finaliste de la saison 2 de Canada’s Got Talent. Pourquoi tenter la version française ?

Parce que j’aime la France, parce que je voulais essayer et surtout parce qu’on m’a appelée. Quand la production française a vu mon numéro dans la version canadienne, ils m’ont dit : « On veut voir ton numéro en France ». Ils trouvaient ça super beau et ils m’ont demandé de refaire ce numéro-là. J’ai apporté quelques modifications pour amener ça de manière différente. J’ai été extrêmement touchée que l’émission m’ait appelée car ça faisait longtemps que je voulais y aller, c’était une belle opportunité. C’est un gros cadeau de la vie ! 

Quels étaient vos objectifs en participant à La France a un incroyable talent

Mon objectif, c’est toujours de venir offrir aux gens, de donner aux gens ce que je fais de mieux dans la vie, ce qui fait en sorte que je me lève le matin de bonne humeur. Quand je m’en vais faire un spectacle, je m’en vais faire des sons, je m’en vais faire rire les gens, je m’en vais offrir mon talent et là, j’ai eu l’opportunité d’aller l’offrir en France alors, of course que j’allais accepter. C’est un beau privilège d’aller offrir aux gens. C’est ça mon objectif, aller offrir aux gens, offrir un beau moment et partager quelque chose avec le public français. Je me suis demandé si la France allait aimer mon talent et apparemment oui (rires). 

À quel moment votre don est-il devenu votre profession ? 

Quand mon fils était plus, je voulais m’assurer qu’il ne manque de rien. J’avais peur qu’il manque de quelque chose et je n’avais pas confiance en moi… Je savais où est-ce que je voulais m’en aller, et ma petite voix en dedans le savait, mais on m’avait tellement dit que je ne serais pas capable, que je ne le ferais jamais… À un moment donné, quand je travaillais dans les restaurants, il m’est arrivé un accident… J’ai porté des choses trop lourdes… On était beaucoup de parents célibataires à travailler dans les restaurants, parce qu’au Québec c’est de l’argent facile la restauration. Le problème c’est que les patrons nous en demandaient beaucoup parce qu’ils savaient qu’on ne pouvait pas se permettre de perdre notre travail… J’ai eu un entorse lombaire, dorsale, et aux cervicales. J’ai dû arrêter de travailler et là, ce que j’avais entre les mains, c’est une vidéo de Lady Gaga, une parodie que j’avais fait sur Internet et je l’ai envoyée partout, partout. Je n’ai eu aucune réponse alors j’ai lâché prise et c’est quand on lâche prise que la magie opère. On m’a appelée pour faire la première partie d’un gala d’humour et puis, j’ai tout de suite accepté. Je n’avais aucun numéro mais je me suis dit que c’était le moment ou jamais.

Pourquoi ne pas avoir plutôt songé à une carrière de chanteuse ? 

Parce que c’est très simple. Parce que j’aime chanter, mais ce n’est pas assez pour moi. J’ai besoin de dépenser de l’énergie, de faire rire. J’aime beaucoup faire rire, imiter… Je suis passionnée par les sons, par l’imitation des voix, par l’écriture de blagues alors juste chanter, ça ne serait pas moi.

À quelles réactions vous attendiez-vous de la part des jurés ?

Mon Dieu ! Ce numéro-là est particulier (rires). C’est beaucoup de suspense parce qu’à chaque fois que je présente ce numéro, c’est comme si je le faisais pour la première fois. Je me dis : "Est-ce que les gens vont rire ? Est-ce que les gens vont apprécier ? Est-ce que les gens vont être transportés ?" Je ne sais jamais en avance… La première fois que j’ai fait ça, c’est mon ami Michel Ducharme qui a composé la chanson qui s’appelle Transition. Je l’ai rencontré dans un salon un peu ésotérique, un salon de bien- être et de développement personnel. J’ai écouté sa musique et je suis tout de suite tombée en amour avec. Ensuite, il m’a dit : "J’ai fait écouter tes sons, viens, on va faire un spectacle ensemble". Je lui ai demandé : "Je peux tu faire ça dans mon spectacle ?" Je l’ai testé pour la première fois à Juste pour rire, il y avait peut-être 15 ou 20 000 personnes. 

Vous étiez émue après votre prestation, qu’est-ce que ça représente pour vous de voir tout le monde debout ? 

Ça représente des années de travail. Ça représente des années où des gens m’ont dit : "non, on ne veut pas de toi". Quand la porte ne s’ouvre pas, des fois, c’est parce qu’on n’est pas prêt à accueillir. Si je n’ai pas confiance en moi, puis que je n’ai pas confiance en la vie, la vie, elle ne va rien me donner… Et si tu y crois vraiment, quand tu es prête à recevoir le tout, là, tu as la bonne clé pour ouvrir la bonne porte. Et puis là, je pense que je viens d’ouvrir la bonne porte avec la thérapie que je suis depuis cinq ans. Ça m’aide énormément à faire le ménage et c’est ce qui fait en sorte que ça fonctionne bien dans ma vie. Je suis venue à Canada’s Got Talent et à La France a un incroyable talent aussi et je ne m’attendais pas du tout à avoir un Golden buzzer pour chaque participation.

En effet, vous aviez déjà obtenu un Golden Buzzer de la part de Howie Mendel dans Canada’s Got Talent et là, vous obtenez celui de Karine Le Marchand. Qu’est-ce que ça fait tout ce succès ?

Il y a un sentiment de fierté mais mes épaules tombent quand même (rires). J’ai tellement travaillé que c’est tellement un beau cadeau… Et si je ne l’avais pas eu, c’était déjà un beau cadeau pour moi d’être venue chez vous, en France. Vous savez, je vois tout comme un privilège, même les épreuves de la vie, c’est, selon moi, un privilège pour grandir, pour s’améliorer. Mais des beaux cadeaux comme ça, surtout en plus venant de Karine Le Marchand, qui, elle aussi, est une maman célibataire aussi, ça veut dire énormément pour moi !

Après ce qu’on a vu ce soir, qu’est-ce qu’on peut attendre de vous pour la suite ?

J’ai une grande nouvelle que je peux déjà vous annoncer, je vais participer à America’s Got Talent, Fantasy League. Je n’ai pas le droit d’en dire plus mais je suis très fière. Il y a plein d’autres versions de l’émission qui m’ont aussi contactée mais je ne peux pas encore vous dire lesquelles. Comme Francis Cabrel chantait : "Moi, je n’étais rien et voilà qu’aujourd’hui…" (Rires). Et pour la suite dans La France a un incroyable talent, il y aura bien sûr un thème et ce que je peux vous dire, c’est que ce sera un grand classique du cinéma avec beaucoup de suspense, très "go with the flow". Préparez-vous à un feu d’artifices à la Geneviève (rires).

Par
Kahina Boudjidj