Comment vous est venue l’idée de votre show ?
Chantaaaal : L’idée, c’était de faire mieux que Titanic (rires). Et ça, c’était pas simple à la base parce que j’ai commencé cette compétition sans avoir prévu la suite. Donc, il a fallu réfléchir vite. Et après, je me suis demandé ce que j’aimerais faire donc je savais que j’avais envie de continuer à chanter, que j’avais envie de danser, que j’avais envie un peu de cha cha cha. Et je m’étais dit : "Tiens, je ferais bien un numéro… Dans mon répertoire, qu’est- ce que j’ai ?". Et je n’avais rien qui pouvait correspondre au format, mais j’avais un numéro sur Ça plane pour moi où je le faisais en mode théâtre déclamatoire, un peu à la façon de Sarah Bernhardt. C’est très drôle parce que les gens ne comprennent pas de quoi il s’agit au début. Ils se demandent "Qu’est-ce que c’est que ce texte qu’il nous fait ?" (rires) C’est vrai.
Quid justement du remix de "Ça plane pour moi" ?
J’avais ce numéro-là dans ma hotte. Et en revanche, comme c’est du théâtre et que ça prend du temps, c’est un petit peu long, et puis ça n’était pas assez dynamique pour le format télé. Mais je me suis dit : "Tiens, je vais faire ça pour moi. Et puis je vais le transformer. J’aimerais bien chanter un peu de façon opéra, en contreténor". Et donc je me suis dit : "On va faire un arrangement musical de type opéra. Et puis à la fin, il faudra que ça évolue vers du cha cha cha". Ça, c’était déjà la première idée, la première base. Et après, c’était : "Qu’est-ce qu’on fait avec ça ?". J’étais déjà arrivée avec un bateau pour le premier numéro. Je me suis dit : "Tiens, je vais continuer avec un costume sous forme de moyen de locomotion". Une fois que j’a eu l’image de la montgolfière dans la tête, ça ne pouvait être rien d’autre (rires).
Sugar Sammy buzze dès le début de votre numéro. Une croix rouge s’affiche, synonyme d’objectif loupé pour vous. Pas trop déçu ?
Pour le coup, j’ai été très déstabilisé parce qu’on avait fait des changements dans la chorégraphie. Je devais la commencer d’abord sur scène. Finalement, on avait dit que je devrais la commencer devant les jurés. Et finalement, non, je la commence sur scène, puis je vais devant le jury. À ce moment-là, c’était un peu le moment où je devais commencer ma choré. En l’espace d’une fraction de secondes, j’ai réalisé qu’il avait buzzé et je me suis dit : "M*rde". C’était le moment de commencer la chorégraphie et j’étais perdu. Je ne savais plus où je devais la commencer… Du coup, j’ai finalement été près du jury et en fait, je n’ai pas pu commencer à tant. Je n’ai pas fait la chorégraphie que j’avais prévue, donc j’ai improvisé. Je ne me suis pas laissé démonter, j’ai improvisé, j’ai fait comme si de rien n’était, j’ai fait comme si c’était normal mais effectivement, j’ai perdu la concentration un petit instant et du coup, j’ai vraiment été déstabilisé.
Marianne James et Éric Antoine ont été conquis. Ça vous fait chaud au cœur ?
J’ai été soulagé et content que les trois autres jurés aient apprécié et aient compris mon univers, aient compris que ce que je fais, c’est du clown avant toute chose. Après, je ne vais pas vous mentir comme c’est Sugar Sammy qui a commencé les commentaires en disant que le numéro était ridicule, que la mise en scène était ridicule, que la danse ce n’était pas ça, que le chant ça n’allait pas et qu’il pensait que le numéro n’avait pas sa place en quart de finale, ça m’a déçu. J’ai entendu que ça et je me suis dit : "L’aventure s’arrête ici. Je suis éliminé. Les trois autres aiment bien et ont compris tant mieux, mais ça s’arrête pour moi". Je suis vraiment sorti de scène en disant : "Je suis éliminé".
Après votre prestation, vous pensiez donc que l’aventure était finie pour vous ?
Oui, totalement. Du coup, je ne sors de scène et tout le monde me fait : "Waouh, c’était super, Chantaaaal, bravo, c’était génial". Et je disais : "Merci mais je vais être éliminé". Les commentaires de Sugar Sammy m’ont vraiment gâché mon moment mais bon…
Alors heureux de faire partie des demi-finalistes ?
Oui et comme quoi, il y a toujours une petite lueur d’espoir (rires). Quand Karine a appelé mon nom, ça a vraiment été un choc ! C’était vraiment la grande surprise. Je ne m’y attendais vraiment pas. Ça a été vraiment un roller-coaster émotionnel cette soirée.
Votre famille était dans la salle pour ces quarts de finale. Vos grands-mères avaient l’air très fières. Pas trop d’émotion ?
Si, bien sûr, j’étais très ému et très touché que toute ma famille soit là. Ça m’a fait extrêmement plaisir. Pour le coup, la plupart ne m’avait jamais vu sur scène. Ils n’avaient encore jamais rencontré Chantaaaal, donc c’était un gros événement déjà pour moi. Vraiment, j’étais ravi qu’ils soient là. J’avais envie de bien faire parce que même si je savais qu’ils allaient être conquis, quoi qu’il en soit, il y avait une petite part de stress, voire d’adrénaline. Ça a apporté une vraie valeur ajoutée émotionnelle !
Et votre papa, il en a pensé quoi ?
C’est vrai que toute la famille était vraiment ravie mais j’ai été aussi particulièrement touché par la réaction de mon papa. Jusqu’à présent, il avait toujours été plus ou moins pudique quant à mon activité de drag. Il est déjà venu me voir sur scène, mais il n’avait pas trop réagi. Et là, au moment, déjà, de le voir debout et m’applaudir avec un grand sourire, j’étais ravi. Et puis, après, au moment du résultat, il faisait des grandes signes de joie et il me félicitait. Et après, en backstage, il m’a dit : "Je ne savais même pas que tu pouvais chanter aussi bien. J’étais tellement surpris. Je ne pensais pas que c’était toi au début. Je pensais que c’était une musique…". Et puis après, il m’a dit : "Avec toi, ce qui est génial, c’est qu’on sait jamais ce que tu vas faire. C’est hyper surprenant. Je suis très fier de toi". C’est précieux, c’est un privilège !
Que peut-on attendre de vous pour la prochaine étape ?
Disons qu’on va vivre un grand moment d’amour (rires) ! Niveau costume, ça sera quelque chose d’inédit. Ce numéro, je l’ai construit en dix jours seulement et ce sera la première fois que je le ferai aussi sur un plateau. Donc si jamais il y a des producteurs qui passent par là, sachez que j’adorerais faire de la télévision. Je me suis vraiment amusé et j’ai déjà des petites idées de ce que j’aimerais pouvoir faire à la télé. Si quelqu’un veut engager une drag queen pour dire des bêtises et faire rigoler le monde, je suis là (rires) !